Publié le 20 Nov 2020 - 02:13
IVRE DE JALOUSIE

Mouhamed Omar Ba bat à mort sa femme 

 

Mouhamed Omar Ba a comparu hier, à la barre de la Chambre criminelle de Dakar. Il est poursuivi pour le meurtre de son épouse Aminata Ba.

 

C’est le 12 février 2017 que la tragédie s’est produite. Ce jour-là, le couple, qui résidait à la Médina, a eu une violente dispute. En fait, la victime, qui ne supportait plus que son époux l’accuse d’adultère, a décidé de quitter le domicile conjugal. Mais, Mouhamed Omar Ba s’y est opposé, même si, convaincu que son épouse le trompait avec un de ses locataires, il avait déposé une plainte à la police contre les deux.  

En effet, sa mère l’avait défendu de répudier son épouse, du fait de l’échec de ses deux précédents mariages. Aminata Ba, qui n’en pouvait plus des sévices qu’elle subissait au quotidien, lui a tenu tête. Il a saisi un bâton et s’est mis à la rouer de coups. Quand il a vu le sang gicler, il a abandonné sa femme dans la chambre et a fermé la porte. Il a confié la clé à son locataire et ami Boubacar Diallo à qui il a dit que sa mère et des proches de son épouse ne tarderaient pas à venir. Il lui a aussi déclaré qu’il venait de répudier son épouse avec qui il n’avait fait que 6 mois de mariage.
 
Quand sa mère est arrivée, elle a été horrifiée par ce qu’elle avait découvert dans la chambre du couple. Aminata Ba était couchée à même le sol, gisant dans une mare de sang. Sévèrement molestée par son époux, elle avait des blessures à la nuque, aux bras et aux pieds. Malgré son piteux, la famille a longuement tergiversé, avant de l’acheminer à l’hôpital. Les proches de la victime voulaient qu’elle soit conduite à l’hôpital Youssou Mbargane de Rufisque, tandis que sa belle-famille souhaitait qu’on l’achemine à l’hôpital le plus proche.
 
Finalement, elle sera conduite à Rufisque, avec l’aide du chauffeur de taxi Boubacar Diallo, qui est en plus l’ami de Mouhamed Omar Ba. Malheureusement, Aminata Ba, qui avait subi un traumatisme crânien, a rendu l’âme dans cette structure sanitaire.  
 
Muni du certificat de décès, Boubacar Diallo a alerté la police de la Médina du meurtre que venait de commettre son ami.
 
Face aux magistrats de la chambre criminelle, hier, le mari, né en 1983, a reconnu les faits. Toutefois, il a précisé qu’à aucun moment il avait souhaité la mort de la femme qu’il aimait plus que tout au monde. Interrogé sur les coups qu’il avait l’habitude d’administrer à son épouse, il a juré n’avoir levé la main sur elle qu’à deux reprises. «Je l’ai frappée, car je ne voulais pas qu’elle parte. On s’est disputé, parce qu’elle me trompait avec le nommé Mame Goor qui logeait chez moi’’, a-t-il confié. ‘’Je la frappais uniquement au niveau des pieds. En voulant récupérer le bâton, elle a trébuché et s’est cogné la tête avant de tomber. J’ai cessé de la frapper, quand j’ai vu le sang’’, a-t-il dit.
 
Pourtant, selon les témoins, il y avait une synergie entre Mouhamed et son épouse. A en croire ces derniers, ils étaient tout le temps ensemble. Mieux, ils faisaient même les courses ensemble. D’ailleurs, ces allégations sont confortées par le journal intime de la femme. ‘’Il m’aime, il m’adore. Mes désirs sont des ordres. Mais, j’ai beaucoup souffert dans mon foyer. Il me bat sans arrêt. Il m’accuse sans preuve…’’, avait-elle écrit dans son journal.
 
Dans son réquisitoire, le maitre des poursuites a demandé la disqualification des faits en coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort. Pour la peine, le représentant du ministère public a requis 5 ans de travaux forcés.
 
Maitres Ciré Clédor Ly et Brice Sylva, venus représenter l’accusé, ont sollicité une application bienveillante de la loi pénale. Ce, après avoir salué le réquisitoire du parquet. D’après les avocats, leur client, qui aimait éperdument sa femme, n’a jamais eu l’intention de la tuer.
 
L’affaire mise en délibéré, la chambre rendra sa décision, le 2 décembre prochain.  
 
Aminata Diallo
 

 

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