Publié le 9 May 2012 - 15:58
JOURNAUX PRO-WADE

 Le Point du jour et Le Messager disparaissent

 

 

Des journaux qui baissent rideau, cela arrive un peu trop souvent au Sénégal. Mais, quand il s’agit de journaux estampillés proches du pouvoir libéral, l’on ne peut s’empêcher de faire le lien avec la chute de ce même régime, il y a seulement un mois. Parmi les victimes des dégâts collatéraux de cette débâcle, figurent désormais Le Messager et Le Point du jour, deux quotidiens que les Sénégalais ne verront plus dans les kiosques. « Après avoir injecté prés de 60 millions de francs dans le journal, le bailleur de fonds n’est plus en mesure de continuer ». Ce bailleur, Mamadou Diop Decroix en l’occurrence, a d’ailleurs été « très naïf »,lance Maké Daniokho le Directeur de Publication, qui explique que pendant 2 ans et demi, le journal a été géré de « façon opaque et non transparente ». Il précise également « qu’il n’y a eu aucun compte rendu ou justificatif. Même le fonds d’aide à la presse que le journal a reçu, on ne sait pas comment il a été géré ».

 

Si les pratiques de gestion sont pointées du doigt pour justifier cette fermeture des portes du Point du jour, c’est aussi sans doute parce que chaque mois, révèle M.Dagnokho, « une personne venait du Palais pour apporter de l’argent ». Des sommes que Decroix n’est plus à même d’injecter dans le journal, après avoir quitté son moelleux perchoir du Palais. Mais cette version est totalement rejetée par l’Administrateur du Point du jour. Birane Tamba s’indigne devant de telles accusations. Et, même s’il accepte les raisons financières évoquées par Maké Dagnokho, M.Tamba l'a expliqué à sa façon. « C’est pas une question de bailleur. Le journal fonctionne avec ses propres fonds et les charges deviennent de plus en plus importantes ». Et conclut que la fermeture du journal « n’a rien à voir avec la chute de Wade ». Un fait que contredit M.Dagnokho, qui révèle que « c’est la Présidence qui finançait. On recevait chaque mois des millions et les dépenses devenaient faciles ». Du côté du quotidien Le Messager, là aussi des problèmes financiers ont été la cause de la fermeture, selon un des journalistes de l’organe. Toutefois, il renseigne : « On nous a demandé d’arrêter parce qu’il y avait des problèmes d’imprimerie ». Le journal révèle que toutes les tentatives pour entrer en contacte avec les responsables du Messager sont restées vaines.

 

Section: 
CULTURE : UNE PRÉCARITÉ QUI S’INSTALLE : Les animateurs culturels haussent le ton pour exiger leur intégration
WORK IN PROGRESS : À Dakar, l’art ralentit la ville
DIALAWALY FESTIVAL Dagana célèbre Ady Aïdara, gardien de la mémoire du Waalo
LE 14 JUILLET SOUS LE SIGNE D'UNE PAGE QUI SE TOURNE Christine Fages fait ses adieux au Sénégal
INFLUENCEURS CULTURELS : Les nouveaux critiques musicaux ?
DANS LA PEAU DU RECRUTEUR : Et si le secret d'un emploi se trouvait dans la tête du recruteur ?
LA GRANDE NUIT DU CONTE : Quand les contes rallument la mémoire collective
GRANDE NUIT DU CONTE : Le conte contre les écrans
INVITE PAR RADIO FRANCE INTERNATIONALE Mamadou Sellou à Avignon avec Dof
MUSIQUE : Les professionnels apprivoisent l’IA, sans lui céder la création
JUPI INVITE MASTERCLASS : Le cinéma s’ouvre à ceux qui n’ont pas de réseau
‘’JE SUIS UN OCÉAN NOIR’’ : Dakar accueille une exposition qui fait dialoguer mémoire, art et résilience
ÉCLAIRAGE PUBLICITAIRE : Atacs élève le niveau technique
LIMITATION DES MANDATS - ORGANE CONSULTATIF : La Sodav réforme sa gouvernance
BILAN SODAV 2025 : 677 millions FCFA collectés
PUBLICATION “MOSAÏQUE D’HUMANITÉ” Le regard lumineux d’une psychiatre sur le monde
CULTURE DES OGM AU SÉNÉGAL : L’absence de décret d’application freine toute régulation
TER FASHION WEEK : La mode prend le train de l’élégance à Dakar
THÉÂTRE JEUNE PUBLIC : Les acteurs plaident pour une meilleure reconnaissance
QUAND L’ART DEVIENT UN DROIT : Dakar ouvre le grand débat sur le théâtre jeune public