L’exécutif ajuste ses priorités budgétaires

Le gouvernement accélère sur le front économique. Réuni hier en Conseil des ministres, l'exécutif a placé la relance de l'activité économique, le soutien au secteur privé et l'adoption de la Loi de finances rectificative (LFR) 2026 au centre de ses préoccupations. À ces priorités s'ajoutent plusieurs mesures portant sur l'emploi des jeunes, la protection sociale, la pêche et la transformation numérique.
Face aux difficultés que traversent les entreprises et à la nécessité de redynamiser l'économie nationale, le président de la République a demandé l'ouverture de concertations avec les organisations du secteur privé hier en Conseil des ministres. L'objectif affiché est de mieux prendre en charge leurs préoccupations et d'améliorer l'environnement des affaires. Bassirou Diomaye Faye a également insisté sur « l'apurement progressif et accéléré de la dette intérieure », ainsi que sur « la nécessité d'un accompagnement de l'État en faveur des entreprises publiques et privées en difficulté, pour relancer l'investissement, préserver et renforcer l'outil de production et les emplois ».
Dans cette dynamique, le chef de l'État a demandé la finalisation du projet de loi d'orientation sur le patriotisme économique et la préparation du prochain Conseil présidentiel de l'investissement. Il a également appelé à une évaluation du volet économique du Pacte national de stabilité sociale en perspective d'une nouvelle conférence sociale prévue avant la fin de l'année.
Sur le plan budgétaire, le Conseil a examiné et adopté le projet de loi de finances rectificative pour l'exercice 2026 ainsi que le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029. Même si les détails des ajustements budgétaires n'ont pas été rendus publics dans le communiqué, la présence de la LFR parmi les principaux textes examinés confirme la volonté de l'État d'adapter sa trajectoire financière aux contraintes économiques et aux nouvelles priorités gouvernementales.
Accélération de la mise en œuvre de la Politique nationale de l'emploi
Le président de la République a également demandé une accélération de la mise en œuvre de la Politique nationale de l'emploi. Estimant que « l'employabilité et l'emploi des jeunes doivent rester des priorités nationales primordiales », il a instruit le gouvernement de préparer un Conseil interministériel devant déboucher sur « un plan opérationnel urgent et multisectoriel » destiné à promouvoir l'emploi sur l'ensemble du territoire national. L'ambition est de mobiliser à la fois les dispositifs publics et privés d'encadrement et de financement afin de faciliter l'insertion professionnelle des jeunes.
Le Premier ministre s'est, pour sa part, penché sur les politiques de protection sociale. Il a annoncé l'achèvement du processus de mise à jour et d'extension du Registre national unique (RNU), qui recense désormais près d'un million de ménages pauvres ou vulnérables. Plusieurs mesures sont prévues, notamment la mise en place des organes de gouvernance du registre, la digitalisation du paiement des bourses de sécurité familiale et l'élargissement des mécanismes de soutien aux bénéficiaires.
Le Conseil s'est également intéressé au secteur de la pêche. Le chef de l'État a appelé à un renforcement du dialogue avec les acteurs du secteur, à une meilleure régulation de la pêche industrielle et à la poursuite des programmes de développement de l'aquaculture. Des concertations nationales sur l'économie bleue sont annoncées.
Dans le domaine du numérique, le gouvernement veut accélérer la mise en œuvre du « New Deal technologique » en mettant l'accent sur l'accès universel à Internet, la souveraineté numérique et la sécurisation des infrastructures critiques. Cette orientation s'est traduite par l'adoption d'un projet de loi relatif à la protection des infrastructures d'information critiques et à la sécurité numérique.
Enfin, à l'approche de l'hivernage, le président de la République a demandé un renforcement des mesures de prévention contre les inondations, les noyades et les effondrements de bâtiments, après plusieurs incidents enregistrés ces dernières semaines dans le pays.
MAMADOU DIOP






