Publié le 13 Jul 2026 - 17:03
MACKY – DIOMAYE RETROUVAILLES

Never say never !

 

Au-delà des enjeux diplomatiques et du poste de secrétaire général des Nations Unies, la rencontre Diomaye-Macky pourrait, si elle se concrétise, accélérer la définition d’une nouvelle carte politique au Sénégal.

 

C’est un nouveau tournant dans les relations entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son prédécesseur, Macky Sall. Cela fait quelques jours que la presse parle de l’arrivée prochaine de l’ancien président au Sénégal et d’une possible audience avec son successeur. Ce serait une première depuis que le président Sall a quitté le pays au lendemain de l’élection présidentielle de mars 2024. Joint par téléphone, ce responsable de l’Alliance pour la République confirme : « La dernière fois que j’ai échangé avec lui, il me disait effectivement qu’il serait là entre le 16 et le 17. »

L’un des temps forts de cette visite sera l’audience avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, si elle se concrétise. Une audience qui interviendrait en pleine campagne pour le poste de secrétaire général des Nations Unies que brigue l’ancien président de la République. Jusque-là, l’un des principaux points faibles de Sall était l’absence d’un soutien de son pays, le Sénégal, dans le cadre de cette candidature. Pour justifier ce manque de soutien, le président Bassirou Diomaye Faye évoquait le fait que l’intéressé ne l’avait pas directement informé.

Ce sont ses homologues chefs d’État africains qui lui auraient fait savoir que son prédécesseur était candidat au poste de secrétaire général des Nations Unies. « … J’ai senti à un moment donné que ce sont les autres homologues qui me mettaient une forme de pression que je n’accepte pas, pour que je soutienne une candidature pour laquelle je n’ai pas été informé », avait-il révélé dans une interview accordée à des médias sénégalais.

Nouvelle page dans les relations Faye-Sall

La suite, c’était de notoriété publique. À la veille du sommet de l’Union africaine, en février 2026, des dirigeants ont tout fait pour que le Sénégal marque son accord à la candidature de Sall, mais se sont heurtés aux réticences de Diomaye, qui n’avait dit ni oui ni non. « On ne me dicte pas mon agenda comme ça », s’était défendu Diomaye, qui avait préféré envoyer son Premier ministre au fameux sommet de l’UA. S’en était suivi un grand malaise diplomatique avec la présentation de la candidature par le Burundi, qui assure en même temps la présidence de l’Union africaine.

Aujourd’hui, tout semble être en passe de rentrer dans l’ordre. La grande question est de savoir ce qui a bien changé pour que le chef de l’État revienne à de meilleurs sentiments ? Le principal événement reste sa séparation avec son ex-Premier ministre et leader politique Ousmane Sonko, qui, lui, n’a jamais caché son aversion pour Sall. Sa présence rendait quasi impossible l’éventualité d’un tel soutien. Pour autant, Diomaye osera-t-il manifester son soutien à la candidature de Macky Sall pour le poste de SG des Nations Unies ?

Le départ de Sonko, élément catalyseur

Pour Yoro Dia, la question est simple. « Si le président de la République estime que c’est dans l’intérêt du Sénégal que le prochain SG soit sénégalais, je pense que son devoir est de le soutenir. S’il estime que ce n’est pas le cas, il n’a pas à le soutenir », analyse Dr Yoro Dia, invité hier de l’émission Opinion sur Walfadjri.

L’ancien ministre se réjouit de la dynamique nouvelle avec un président qui semble revenir à la raison. Pour lui, le défi n’est pas seulement que le Sénégal soutienne la candidature, mais que Bassirou Diomaye Faye devienne le directeur de campagne du candidat Sall. « Je connais beaucoup de diplomates sénégalais qui piaffent d’impatience pour que le Président les libère, pour qu’ils puissent lancer la machine diplomatique sénégalaise pour l’élection de Macky Sall. Nous voulons que Diomaye soit le directeur de campagne, que le 1er janvier 2027, il soit à New York pour son installation. Voilà ce que nous attendons dans le seul intérêt du Sénégal. »

Pertes et profits d’un éventuel rapprochement

Au-delà des enjeux diplomatiques, ce soutien ou cette absence de soutien pourrait être déterminant dans la vie politique sénégalaise. Après sa séparation avec sa famille politique de Pastef, Diomaye semble de plus en plus tourné vers la famille politique de Macky Sall pour construire son futur appareil électoral. Dans cette perspective, la normalisation des rapports avec Sall peut avoir un triple intérêt.

D’abord, dans le cas où il deviendrait secrétaire général des Nations Unies, Sall devra naturellement abandonner son parti, l’Alliance pour la République, ainsi que ses ambitions locales. En l’absence de grand leader qui se détache, Diomaye pourrait se positionner pour capter son héritage, avec notamment le recrutement massif des grands électeurs, qui a déjà commencé.
Le deuxième intérêt est de rassurer davantage les derniers grands électeurs de Sall qui rechignent encore à le rejoindre par fidélité à leur mentor. Last but not least, Diomaye sait qu’il ne suffit pas d’avoir le soutien des responsables pour avoir une adhésion massive de la base militante. Mais avec la normalisation, le transfert de voix pourrait être bien plus simple.

En revanche, combattre la candidature de Sall, c’est en faire un autre concurrent, en sus de Pastef, ce qui réduirait considérablement ses marges de manœuvre dans un espace politique fortement bipolarisé.

Cela dit, avec un tel rapprochement, si cela se concrétise, le président Faye risque de se mettre définitivement à dos certains pans de son ex-famille politique de Pastef

MACKY SALL AU SÉNÉGAL

Une visite éclair de quelques heures

Selon nos informations, la visite de Macky Sall au Sénégal devrait être de très courte durée. Elle s’inscrit strictement dans le cadre de sa campagne pour les Nations Unies, précise sa cellule de communication.

Il ne devrait y avoir ni visite aux guides religieux ni rencontres avec des personnalités politiques influentes. D’après nos sources, ce séjour ne devrait durer que quelques heures, environ six heures seulement.

Macky Sall fera une déclaration à l’issue de son audience avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, avant de poursuivre sa tournée. Avant Dakar, il est attendu aujourd’hui en Somalie, après son long périple en Europe, aux États-Unis et en Asie.

 MOR AMAR

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