Avec 9 qualifiées sur 10, l’Afrique passe en force

Sur dix représentants au départ de la compétition, l’Afrique compte neuf équipes qualifiées pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, au Mexique, au Canada et aux États-Unis.
Le premier tour de la Coupe du monde 2026 a livré son verdict avec les derniers matchs, ce samedi. Pour cette première édition à 48 équipes, 16 ont malheureusement plié bagages, alors que 32 vont poursuivre l’aventure, dont 9 sélections africaines. Le Maroc, la Côte d’Ivoire, la RD Congo, le Cap-Vert, le Sénégal, l’Égypte, l’Algérie et le Ghana sont tous sortis de leurs poules respectives.
La Tunisie est le seul mauvais élève. Avec zéro point (3 défaites, 2 buts marqués, 10 encaissés), les Aigles de Carthage sont la seule équipe du continent africain, sur les dix présentes sur la ligne de départ de la 23e édition du Mondial, à quitter le tournoi dès la phase de poules.
Les Lions de l’Atlas, les Éléphants, les Bafana Bafana et les Pharaons se sont qualifiés directement en terminant deuxièmes de leurs groupes respectifs. Quant aux Lions de la Teranga, aux Léopards, aux Requins bleus et aux Fennecs, ils ont profité des 8 places réservées aux meilleures troisièmes des 12 poules.
En plaçant neuf de ses représentants en seizièmes de finale, soit 90 % des sélections engagées au premier tour, la Confédération africaine de football (CAF) a obtenu le taux le plus élevé de formations ayant réussi à passer le premier tour.
Avec 16 équipes engagées, l’Europe compte 13 équipes qualifiées au second tour (République tchèque, Turquie et Écosse éliminées), soit 81 %. L’Amérique du Sud s’en sort bien avec cinq qualifiées sur six (Uruguay éliminé), soit 83 %. Les choses ne se sont pas bien passées pour la zone Amérique du Nord, d'Amérique Centrale et des Caraïbes (CONCACAF), qui a perdu trois (Haïti, Curaçao et Panama) de ses représentants sur six (50 %). Alors que l’Océanie a vu son seul représentant, la Nouvelle-Zélande, sortir très tôt de la compétition.
Mais ce sont bien les équipes asiatiques qui ont le plus souffert, avec seulement deux rescapés (le Japon et l’Australie) sur 9 équipes engagées.
Un bilan convaincant
Longtemps réclamée par les associations membres de la Confédération africaine de football, l’augmentation du nombre d’équipes à la Coupe du monde a finalement été actée par Gianni Infantino. Avec le passage de 32 à 48 participants, l’Afrique se voit octroyer 9 tickets directement qualificatifs à la phase finale, avec une possibilité d’avoir 10 représentants avec l’étape des barrages intercontinentaux.
Pourtant, cette décision de la FIFA n’a pas été bien reçue partout. La répartition des tickets a soulevé des débats, surtout en Europe où certaines équipes au palmarès bien fourni n’ont pas su en profiter pour se qualifier. La question du mérite sportif s’est posée dans la mesure où des équipes européennes se sont retrouvées sur le carreau, malgré "des parcours supérieurs" à certaines sélections d’autres confédérations.
Le sélectionneur de l’Italie a été le principal pourfendeur de ce nouveau format. Gennaro Gattuso, critiquant le format de qualification, a mis en avant le parcours de son équipe, qui n’a pas réussi à se qualifier, malgré ses six victoires (18 pts) sur huit matchs. La Squadra azzura a terminé deuxième du groupe I derrière la Norvège (28 pts), qui l’a battue à l’aller comme au retour.
En phase de barrages, les Italiens ont battu l’Irlande du Nord avant d’être éliminés définitivement par la Bosnie-Herzégovine. "Le record de six victoires pour l’Italie ? Il faudrait demander à ceux qui établissent les groupes et les règles. En 1990 et 1994, il y avait deux équipes africaines, maintenant il y en a huit (neuf à la fin des éliminatoires de la CAF, Ndlr). Ce n’est pas une polémique, mais à notre époque, le meilleur deuxième se qualifiait directement pour la Coupe du monde. Il y a des difficultés, et nous en sommes bien conscients. 18 points, 6 victoires… Voir que six nations sud-américaines se qualifient aussi facilement, ça laisse aussi perplexe. Il faut revoir tout ça", a pesté l’ancien joueur du Milan AC.
Footmercato a trouvé, au-delà de ses propos désespérés du technicien italien, une occasion de s’interroger sur le "mérite sportif". "Est-il raisonnable qu’en Zone Europe, un meilleur deuxième ou une équipe qui a accumulé 18 points et six victoires en huit matches doive jouer un barrage tandis que d’autres nations accèdent directement, parfois avec des bilans statistiquement moins convaincants ?", a questionné le site sportif français.
La prestation des équipes africaines dans cette compétition est la meilleure réponse face à ces interrogations et à l’endroit de ceux qui pouvaient être sceptiques quant au mérite de la zone CAF de voir son quota revu à la hausse. Le combat est loin d’être gagné. Les Africains doivent maintenir cette dynamique et placer le maximum de représentants aux prochains tours. Et pourquoi pas rééditer, au minimum, l’exploit du Maroc d’atteindre le dernier carré.
Mais, c’est plutôt mal parti, avec la défaite, hier, de l’Afrique du Sud, battue in extremis par l’un des pays organisateurs, le Canada (1-0).
LOUIS GEORGES DIATTA






