L’Irak balayé, le Sénégal revit !
Dos au mur après deux revers, les hommes de Pape Thiaw ont signé un festival offensif (5-0), hier. Portés par un coaching gagnant et un doublé de Pape Gueye, ils se relancent complètement dans la course aux huitièmes. Toutefois, la qualification des Lions pour le tour suivant reste suspendue à l'issue des rencontres restantes.
L'orgueil des Lions a parlé. Après un début de tournoi manqué, le Sénégal a livré une prestation XXL pour corriger l'Irak. S'ils ont mis du temps à bonifier leur supériorité numérique, les partenaires de Sadio Mané ont totalement asphyxié leur adversaire après la pause. Un festival qui offre aux Sénégalais une différence de buts positive (+2) et le droit de rêver, encore, à une qualification parmi les meilleurs troisièmes.
Un tournant précoce
Après la douche froide face à la France (3-1) et la Norvège (3-2), l'équation était simple : gagner grand ou rentrer à la maison. Le message a visiblement été reçu cinq sur cinq. Dès la 4e minute, sur un corner millimétré de Lamine Camara, Abdoulaye Seck s’élève plus haut que tout le monde. Sa tête piquée, effleurée par Habib Diarra, fait trembler les filets (1-0). Dans la foulée, Gana Gueye manque de peu le break sur une volée rageuse.
Le tournant du match intervient à la 14e minute. Lancé à pleine vitesse, Sadio Mané est stoppé irrégulièrement par Sulaka. Après visionnage de la VAR, l'arbitre Anthony Taylor sort le carton rouge. À 11 contre 10, le plus dur semble fait. Pourtant, les Sénégalais s'endorment. Le jeu ronronne, les transmissions s'enrayent et l'Irak se montre même menaçant sur quelques contres. À la pause, l'essentiel est assuré, mais le contenu laisse à désirer.
La déferlante léonine en seconde période
Au retour des vestiaires, le visage affiché par les Lions est métamorphosé. Plus tranchants, plus agressifs, ils étouffent le bloc irakien. La sentence tombe logiquement à la 56e minute : à l'affût d'une relance manquée, Camara intercepte et délivre une merveille de centre pour Ismaila Sarr, qui se jette au second poteau (2-0).
C’est le moment choisi par Pape Thiaw pour réaliser un coup de génie tactique. À la 58e minute, le sélectionneur procède à un triple changement en lançant Pape Gueye, Nicolas Jackson et Iliman Ndiaye. L'impact est immédiat, presque irréel.
Le show Pape Gueye et l'apothéose
Soixante secondes après son entrée, sur son tout premier ballon, Pape Gueye repique dans l'axe et déclenche une merveille de frappe enroulée qui nettoie la lucarne irakienne (3-0, 59e). Le break est fait, mais le calvaire des Asiatiques ne fait que commencer.
À la 72e minute, le milieu de terrain s'offre un doublé de pur avant-centre. À la suite d'un centre d'Ismail Jakobs, Ndiaye remet intelligemment de la tête dans la boîte. Isolé au point de penalty, Gueye fusille le gardien d’une demi-volée surpuissante (4-0).
La démonstration s'achève à la 82e minute grâce à un autre entrant, Iliman Ndiaye. Profitant des boulevards laissés par une défense à l'agonie, l'attaquant fixe l'arrière-garde avant de décocher une frappe lourde du droit que le portier ne peut que freiner (5-0). Une victoire nette, sans bavure, qui permet de basculer en mode calculatrice... Croisons les doigts !
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DISPOSITIF TACTIQUE Pape Thiaw se remet à la tête à l’endroit Le Sénégal a aisément gagné son troisième match de poule de ce Mondial 2026 riche en émotions. Le sélectionneur a misé, hier, sur le même dispositif tactique que lors des deux premiers matchs, tout en apportant du sang neuf. En deuxième mi-temps, son coaching a fait la différence. Le Sénégal est venu hier à bout de l’Irak dans un match qui a rapidement tourné à l’avantage des Lions. Le but précoce des Sénégalais, sur un corner repris de la tête par le colosse Pape Abdoulaye Seck et dévié dans le but vide par Lamine Camara (4e), a été rapidement suivi par la réduction à 10 des Irakiens (12e). Sur une balle mal négociée par Rebin Sulaka, Mané a récupéré le ballon et filé au but, mais il a été retenu par le maillot par le malheureux défenseur central. En position de dernier défenseur, il a écopé d’un rouge. Cette entame tonitruante venait récompenser les intentions offensives des Lions, toujours fidèles à leur 4-3-3, qui exerçaient un pressing incessant devant les Irakiens, qui multipliaient eux les pertes de balle dans leur propre moitié de terrain. En effet, pour ce troisième match couperet et décisif pour continuer à croire en la qualification, le coach Pape Thiaw, qui a pris la foudre depuis le revers contre la Norvège (3-2), avait décidé de faire quelques changements dans le onze. Kalidou Koulibaly, Pape Guèye, Nicolas Jackson et El Hadji Malick Diouf cédaient la place à Abdoulaye Seck, Habib Diarra, Ibrahima Mbaye et Ismail Jakobs. Ainsi, l’attaque était portée par Sadio Mané, Ismaela Sarr et Ibrahima Mbaye. Les Lions démarraient tambour battant. Mais contre toute attente, le carton rouge a coupé leur élan. Car en supériorité numérique, ils se sont installés dans un faux rythme qui a fait le jeu de l’Irak dans une première mi-temps globalement soporifique. Les partenaires de Sadio Mané ont eu du mal à déstabiliser le bloc défensif irakien, qui parvenait parfaitement à coulisser et à enrayer les offensives sénégalaises. Ce n’était pas trop difficile, vu le peu de rythme mis dans les passes et le manque d’initiatives personnelles. Face au pressing et à la supériorité numérique sénégalaise, les Irakiens ont, ainsi, beaucoup allongé en première mi-temps. Ensuite, face à l’inertie des Sénégalais, ils se sont même enhardis dans le deuxième tiers de la première mi-temps. Les hommes de Graham Arnold ont alors multiplié les incursions dans le camp sénégalais sans parvenir à se montrer dangereux. Pape Thiaw est resté sur son 4-3-3, malgré l’expulsion, tandis que le 4-2-3-1 irakien a rapidement volé en éclats, avec le carton rouge. Néanmoins, la bande à Sadio s’est illustrée par des imprécisions techniques qui ont privé le Sénégal de bonnes situations de but. Par moments, et cela a été le cas lors des deux premiers matchs, le jeu sénégalais a été trop scolaire. Il y a eu peu d’initiatives personnelles dans le jeu, encore moins de dépassements de fonction. Les lignes étaient distendues, favorisant de belles séquences de possession irakiennes. Ce manque de compacité a, d’ailleurs, valu les innombrables transitions prises contre la France et la Norvège. C’est clairement devenu un axe de travail, si le Sénégal passe la phase de poule et espère bien figurer dans cette Coupe du Monde. Coaching gagnant En deuxième période, les Lions sont revenus avec de meilleures intentions. Les passes étaient plus claquées et allaient vers l’avant. Les deux excentrés, Ibrahima Mbaye et Sadio Mané, étaient plus rapidement touchés et les deux se sont mis à jouer plus en un contre un. Avec un bloc sénégalais plus compact et plus haut, les protégés de Pape Thiaw mettaient la défense irakienne sous pression et multipliaient les occasions de but. Sadio Mané était tout proche de marquer son premier but du Mondial (51e), mais sa reprise de volée passait au-dessus de la cage de Jalal Hassan, qui venait de remplacer Ahmed Basil dans les buts. Ce n’était que partie remise. Sur une belle percée de Lamine Camara, Ismaela Sarr reprenait victorieusement le centre en retrait du milieu monégasque (2-0, 56e). Dès lors, les Sénégalais déchaînaient les enfers dans le camp irakien. Pape Gueye, tout juste entré en jeu, envoyait un missile dans la lucarne (3-0, 59e), sur un service d’Ismaela Sarr intenable. Ce but n'était pas sans rappeler sa réalisation de la finale de la CAN contre le Maroc. Le milieu de Villareal allait récidiver avec un autre coup de canon dans la surface (4-0, 71e). Il nettoyait la lucarne sur une tête en retrait d’Iliman Ndiaye, qui allait marquer le but du 5-0, une dizaine de minutes plus tard (82e). Trouvé dans l’entrejeu, l’attaquant d’Everton s’avançait tranquillement et ajustait le gardien d’une frappe limpide. Lors de la deuxième mi-temps, la chaleur et l’infériorité numérique aidant, les Sénégalais ont asphyxié les Irakiens, qui n’ont pas pu répondre à la fraîcheur et à l’intensité des Lions. Le sélectionneur est rapidement passé en 4-2-3-1, en faisant entrer Iliman Ndiaye (58e) comme électron libre derrière le nouvel entrant Nicolas Jackson et en sortant le troisième milieu, Lamine Camara, et l’excentré droit, Ibrahima Mbaye. Ce dispositif tactique et les bonnes intentions sénégalaises ont fait vivre un enfer aux Irakiens lors d'une deuxième mi-temps à sens unique. Il faut noter aussi la belle activité de Pape Guèye, qui n’a pas hésité à aller aux avant-postes et à prendre sa chance. Un bel exemple de dépassement de fonction qui manque tant aux Lions. Cette prestation augure de bonnes choses, si l’aventure continue pour les Lions de Pape Thiaw. GASTON COLY |
MAMADOU DIOP






