Publié le 3 May 2013 - 03:30
NON APPLICATION DE LA PARITÉ AU CESE

Les femmes dénoncent le ‘’silence coupable’’ de Macky Sall

Le non respect de la parité dans le choix des membres du Conseil économique social et environnemental (CESE) est une pilule très amère que les femmes refusent d’avaler. En sit-in, elles ont dénoncé le mutisme de Macky Sall.

 

Toutes de blanc vêtues, foulards rouges autour des épaules, les femmes n’étaient pas contentes mardi devant les grilles de la RTS. D’ailleurs, elles ne le sont plus après avoir découvert, avec surprise, la non application de la parité dans les nominations des membres du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Et c’est le ‘’silence coupable’’ du président de la République qui augmente leur capital-colère, lui qui avait la possibilité de montrer à la face du monde que la parité est désormais ancrée dans les pratiques sénégalaises. Un ‘’silence coupable’’ noté bien avant, sur d'autres dossiers : la mise en place du Bureau et des commissions de l’Assemblée nationale, la nomination des membres du gouvernement, la désignation des représentants du Sénégal au parlement de la CEDEAO.

 

La Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO) a regretté la menace qui pèse sur les acquis. Selon sa vice-présidente Fatou Kama, il n’est pas trop tard pour que le chef de l’Etat rectifie le tir. ‘’Nous avons proposé au chef de l’Etat de relever le nombre de 120 membres du CESE à 150 et que le surplus soit constitué de femmes pour corriger un peu le grand déséquilibre qui a été noté’’.

 

Revenant sur le sit-in, la présidente de l’Association des femmes juristes du Sénégal (AJS), Fatou Kiné Camara, a expliqué pourquoi les femmes ont décidé de s’adresser à l’Observatoire national de la parité et au Comité sénégalais des droits de l’Homme. Le premier est mis en place pour veiller à ce que la parité soit rendue effective et respectée partout où il se doit. La saisine du Comité sénégalais des droits de l’Homme se justifie par le fait que les questions des droits des femmes sont également des questions des droits de l’Homme, a-t-elle expliqué. Pour Yaye Fatou Diagne Niass, présidente des femmes du Front des alliances patriotiques (FAP), il s’agit de pousser davantage jusqu’à ce que la parité soit un ‘’réflexe’’.

 

«Atteinte à l'Etat de droit»

 

Créé à un moment où le Sénégal dispose déjà d’une loi sur la parité, le CESE est composé de 97 hommes et de 23 femmes, soit 19% du taux sur un effectif de 120 conseillers. Ce qui est perçu comme une étape de plus vers la remise en cause de 30 ans de lutte démocratique des organisations féminines pour un égal accès des femmes et des hommes aux instances de décision du Sénégal. Dans une déclaration commune lue par Odile Ndoumbé Faye, les femmes soutiennent que l’acte posé au CESE est une dangereuse atteinte à l’Etat de droit, eu égard aux conventions des Nations-unies et de l’Union africaine (…) signées et ratifiées par l’Etat du Sénégal. Le sit-in a enregistré la présence de plusieurs ténors du défunt régime libéral dont Oumar Sarr, Djibo Kâ, Awa Diop, Mamadou Diop Decroix, venus prêter main forte aux femmes.

 

AMADOU NDIAYE

 

 

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