Publié le 27 Dec 2013 - 20:21
PAPA FARA DIALLO (ENSEIGNANT EN SCIENCE POLITIQUE, UGB)

''Si dialogue il doit y avoir, c'est au sein de BBY''

 

Quelle est la pertinence d'un dialogue politique actuellement ?

C’est toujours bien dans une démocratie pluraliste et dans une démocratie qui se veut apaisée, de dialoguer. Le dialogue est toujours indispensable pour une démocratie quelle que puisse être sa nature. Seulement, pour dialoguer, il faut des préalables et des conditions favorables. Et pour l’instant, les conditions ne sont pas favorables pour dialoguer.

Quelles sont ces conditions préalables ?

Ces conditions préalables sont d'abord une confiance entre les acteurs. Et cette confiance n’existe malheureusement pas entre les acteurs politiques qui doivent être des partenaires au dialogue. Donc pour dialoguer, il faut au moins que ce climat de suspicion régnant entre les acteurs politiques de divers bords, que ce soit l’opposition ou le pouvoir, disparaisse.

Même au sein de la majorité Benno Bokk Yaakaar (BBY) au pouvoir, il n’y a pas ce climat de confiance entre les différents acteurs mais plutôt un climat de suspicion qui fait que, on a beau appeler au dialogue politique, fût-t-il le Khalife général des mourides, le dialogue aura du mal à s'instaurer sous de bons auspices. La seconde condition, c’est créer un cadre propice pour dialoguer.

Ce cadre n’existe pas même au sein de la coalition BBY. (…) Je travaille sur cette coalition depuis deux voire trois ans et jusqu'à présent, je me borne à dire que cette coalition aurait dû se limiter à une coalition électorale et s'en arrêter là.

Pourquoi cette relation de non confiance entre le pouvoir et l'opposition ?

Pour la bonne et simple raison qu'ils ont tous les mêmes aspirations pour le pouvoir. C’est pourquoi, ils acceptent volontiers d’entrer dans des compromissions politiques en se rabaissant même pour entrer dans les bonnes grâces du  pouvoir. Donc, il faut tout faire pour être dans le pouvoir parce que, croient-ils, c’est le seul moyen qui leur permet d’être un jour à la tête du pouvoir et diriger le pays.

Si tout le monde a cette même idée en tête en allant dialoguer, dans ce cas, il est difficilement envisageable que les différents acteurs puissent avoir cette confiance nécessaire et indispensable pour un dialogue franc et sincère autour des enjeux. Malheureusement, on discute pour avoir des prébendes et des positions de pouvoir mais on ne discute pas sur des institutions fortes, sur la mise ne place des règles du jeu claires qui permettraient d'ouvrir le jeu politique...

Comment matérialiser le dialogue ?

Le dialogue politique entre la coalition au pouvoir et l’opposition n’a aucun sens en ce moment-là. Parce que il n'y a pas à dialoguer sur les règles du jeu électoral depuis le code consensuel de 92 qui a été renforcé avec le code consensuel de 2012. Pour l'instant, aucune formation politique n'a émis l'idée de vouloir refondre le fichier électoral car ce n'est même pas d'actualité.

Donc dialoguer entre le pouvoir et l'opposition, à mon avis, n'a aucun sens pour l'instant. Le dialogue politique qu'il doit y avoir, c'est au sein même de cette coalition gouvernementale qui est une coalition hétéroclite mais aussi une coalition où les gens ne se font même pas confiance et où les responsables de l'APR regardent les autres partis ou coalitions avec suspicion.

Donc, si dialogue il doit y avoir, c'est au sein de BBY. Pour ce faire, il y a un premier acte fort que le président de la République doit poser. C'est de créer officiellement un cadre de concertation et de dialogue entre les alliés... 

A qui profiterait ce dialogue politique ?

Ce dialogue politique va profiter énormément au président de la République pour deux raisons. Mais il ne le sait pas encore. La première raison est que cela lui permettra de savoir qui lui est fidèle et qui ne l'est pas pour l’accompagner dans sa vision de développer le pays.

La deuxième raison est que ça lui permettra d'avoir à sa disposition une grosse machine de réflexion et de mise en place de stratégie qui lui permettrait à chaque fois qu'il y a une problématique majeure qui interpelle le pays, de recueillir l'opinion de la plus grande majorité des acteurs politiques de ce pays qui sont dans BBY. Malheureusement, lui même est otage de son propre parti et de sa propre coalition, Macky 2012.

 

Section: 
MEETING “SARGAL” À MBOUR : Serigne Gueye Diop met en avant “l’ancrage populaire” de la coalition au pouvoir
Cadres Jambaars
PASTEF : La guerre des clans se poursuit
CONSEIL COMMUNAL DE LA JEUNESSE : L’APR se réjouit et annonce la reconquête
MATAM : Farba Ngom, en seigneur au Fouta
LINGUÈRE - MEETING DE LA COALITION DIOMAYE PRÉSIDENT Djiby Sara Ndiaye annonce sa candidature à la mairie
L’ACTE DE NAISSANCE DE « TAXAWU SENEGAAL » Khalifa Sall trace la voie d'un nouveau contrat social
CODE ÉLECTORAL – LE PARLEMENT CONFIRME LE TEXTE EN SECONDE LECTURE : La balle est dans le camp de Diomaye Faye
MEETING SARGAL DIOMAYE : Le Président mobilise et fait faux bond aux militants !
ELECTIONS LOCALES 2027 : Le FDR veut unifier l’opposition
FONDS POLITIQUES – ACCÈS À LINFORMATION : Le règne de l’opacité
ENTRE TENSIONS SOCIALES ET IMPÉRATIFS ÉCONOMIQUES : L’État ajuste ses priorités
CENTENAIRE DU PRESIDENT ABDOULAYE WADE : Une célébration en grande pompe les 4 et 5 juin
COALITION DIOMAYE PRÉSIDENT : La stratégie de déploiement
LIMOGEAGE OUSSEYNOU LY Pastef dans tous ses états
El Malick Ndiaye
KHALIFA A. SALL (TAXAWU SÉNÉGAL) : “Notre temps d’observation de 24 mois est terminé”
GRANDE INTERVIEW – 2 ANS DE DIOMAYE : Les leçons d’une prise de parole
AMINATA TOURÉ, SUPERVISEURE DE LA COALITION DIOMAYE PRÉSIDENT "Le moment venu, on saura répondre coup pour coup"
MODIFICATION ARTICLES L29 ET L30 - NON RÉTROACTIVITÉ DE LA LOI Entre confusion et amalgame