Les attentes des artisans
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Les artisans regrettent Dame Diop. Ils attendent du nouveau ministre de l’Artisanat la poursuite des chantiers entamés par son prédécesseur et surtout la mise en place d’une banque de l’artisanat et la nomination d’un nouveau directeur de l’Artisanat.
Dame Diop a passé le témoin au docteur Pape Amadou Ndiaye, nouvellement nommé à la tête du département de l’Artisanat. Déjà, les artisans commencent à regretter leur ancien ministre de tutelle. Abdou Thiam, un artisan, confie : ‘’Si le président de la République nous avait consultés, il n’allait pas ériger l’artisanat en ministère, mais plutôt en un secrétariat d’Etat auprès du ministre de la Formation professionnelle. C’est parce que l’ancien ministre avait initié un toilettage des textes. Des missions d’inspection générale d’Etat avaient été envoyées au niveau des chambres de métiers pour faire l’état des lieux, surtout pour ce qui concerne les ressources humaines et financières. Cet audit a duré cinq jours.’’
Ce toilettage des textes avait abouti à la reprise du décret 11-92 qui régit le fonctionnement des chambres de métiers en les recadrant. Désormais, le mandat des présidents de ces chambres consulaires n’est plus illimité. Nul ne peut effectuer plus de deux mandats à la tête des chambres de métiers. La durée du mandat passe de six à cinq ans. La stratégie nationale de développement de l’artisanat a été élaborée et adoptée. Au nouveau ministre de l’Artisanat, les sociétaires demandent de poursuivre cette politique, mais en mettant sur pied une banque dédiée exclusivement à l’artisanat.
Adiouma Sow, un artisan trouvé dans son atelier à Diourbel, explique : ‘’Ce serait une grande avancée, si cette banque était créée. Fini nos difficultés de cautionnement, parce que pour gagner des marchés, il faut un fonds de cautionnement, ce que nous n’avons pas. Il y a aussi un problème de renouvellement des équipements, de fonds de roulement, de mise en place de ligne de crédit avec des taux d’intérêt ne dépassant pas 5 à 7 %. Avec cette banque, les débiteurs ne pourront plus refuser de payer les crédits, comme cela se passe actuellement.’’
Les artisans, qui s’impatientent de recevoir l’appui promis par l’Etat dans le cadre du Fonds de riposte de la Covid-19, demandent la nomination d’un directeur de l’Artisanat, surtout que celui qui est là totalise plus de 20 ans au niveau de ce poste et est admis, depuis 2017, à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
Sur les chantiers du docteur Pape Amadou Ndiaye, il y a la formation, le répertoire institutionnel, le financement, le marketing du secteur avec la labellisation des produits.
Boucar Aliou Diallo