Publié le 6 Jan 2020 - 10:52
PERFORMANCES ECONOMIQUES

‘’Le Sénégal rejoint le rang des pays pré-émergents’’

 

Le slogan ‘’Sénégal émergent’’ tant chanté par le président de la République depuis son installation au pouvoir, est-il en train de devenir une réalité ? Tout porte à le croire, selon le directeur général du Bureau de prospective économique. Cette structure, en relation avec le groupe de recherche Institut de l'émergence, coordonné par Moubarack Lo et Amaye Sy, a publié le deuxième classement mondial des pays concernant l'émergence économique.

Cette étude classe, en effet, le Sénégal au 61e rang mondial sur le total de 104 pays de l’échantillon étudié, et au 10e rang africain sur 46 pays.

En 2018, souligne le rapport de cette étude reçue hier à ‘’EnQuête’’, le Sénégal réalise une performance moyennement satisfaisante, concernant l’indice synthétique d’émergence économique (ISEME), avec un score de 0,46 sur 1. Ainsi, il se retrouve, pour la première fois, dans la catégorie des pays ‘’pré-émergents’’. Ce qui présage des lendemains meilleurs. Puisqu’en poursuivant la même tendance enregistrée entre 2015 et 2018, le Sénégal rejoindrait le rang des pays émergents en 2025 (avec un ISEME supérieur à 0,55) et serait compté parmi les pays émergés en 2035 (avec un ISEME supérieur à 0,65), à en croire le bureau que dirige Moubarack Lo.

Il note d’ailleurs que les meilleurs scores du Sénégal sont enregistrés en 2018 dans la dimension ‘’dynamisme économique’’ (tirée notamment par une forte amélioration de la croissance du PIB et un effort d’investissement relativement élevé dans la période récente) et dans la dimension ‘’transformation structurelle’’ portée par la taille relativement importante de l’industrie dans le PIB, comparée aux autres pays africains et en développement. En évolution, souligne le rapport, le Sénégal signe, entre 2010 et 2018, la 7e meilleure progression en Afrique, concernant l’indice de l’émergence, avec une accélération notable à partir de 2015 (5e meilleure progression en Afrique).

Selon Moubarack Lo et ses collaborateurs, le Sénégal devra, pour les prochaines années, s’évertuer à améliorer fortement sa compétitivité structurelle, afin d’attirer des investissements dans les industries manufacturières et les services de moyenne à haute technologie. Il pourra ainsi atteindre, sur la décennie 2020-2030, des taux de croissance du PIB proches durablement de 10 %, permettant de doubler le revenu intérieur par tête en dix ans.

Mais pour ce faire, notent-ils, il lui faut enfin accélérer le développement de la productivité toujours faible dans le secteur agricole et rural (en effectuant un ciblage méthodique et efficace des investissements publics vers ce secteur) ainsi que des créations d’emplois décents dans le secteur formel, de manière à renforcer le caractère inclusif de la croissance économique accélérée.

Il faut souligner que ce classement, basé sur l'Indice synthétique d'émergence économique (ISEME) (dit ‘’Indice Moubarack Lo de l’émergence’’), se fonde sur quatre dimensions : la richesse inclusive, le dynamisme économique, la transformation structurelle et la bonne insertion dans l'économie mondiale. Il concerne 104 pays en voie de développement. Le classement mondial 2018 selon le rapport, est dominé par l’Irlande, la Malaisie, la Pologne, la République tchèque et la Chine qui sont des pays prédéveloppés. Les plus performants des pays africains en 2018 étant, dans l’ordre, le Maroc, l’Egypte, Maurice, la Tunisie et l’Afrique du Sud classés parmi les pays émergents.

 

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