Publié le 29 May 2019 - 20:04
PERPETE REQUISE CONTRE UN ACCUSE

Aly avait mis le feu à l’appartement de sa sœur 

 

Le parquet a requis, mardi, les travaux forcés à la perpétuité contre le nommé Aly Saffiédine, accusé d’incendie volontaire de lieu servant d’habitation. L’accusé avait mis le feu à l’appartement que sa sœur lui avait prêté.

 

La vie n’a pas vraiment fait de cadeau à Aly Saffiédine. La quarantaine, il n’avait ni épouse ni enfant et avait perdu son emploi, au moment de son incarcération en août 2014. Aujourd’hui, il risque de passer le restant de ses jours en prison pour des faits d’incendie volontaire de lieu servant d’habitation. Car, attrait ce mardi à la barre de la Chambre criminelle du tribunal de grande instance de Dakar, le parquet a requis contre lui les travaux forcés à la perpétuité. Le benjamin de sa famille avait mis le feu à l’appartement que sa sœur lui avait prêté. C’était le 15 août 2014, à l’Unité 11 des Parcelles-Assainies de Keur Massar.

Il résulte de la procédure que l’accusé exigeait sa prise en charge, à défaut, il ferait ce qu’il veut. Il aurait mis le feu à deux reprises à l’appartement. Mais, selon l’avocat de l’accusé, son client a agi dans un acte de désespoir. Toujours est-il qu’Aly a confessé avoir agi sous la colère et sous l’emprise de l’alcool.

Tout est parti de l’acte de son grand frère qui lui a retiré le matelas sur lequel il dormait. Il lui avait fait croire qu’il le remettait à leur grande sœur. Seulement, quelques jours après, l’accusé a appris que le matelas a été plutôt confié à un voisin. Outré par ce geste, il a mis le feu à l’appartement. Selon la procédure, deux chambres et le salon ont été consumés par le feu.

Mais hier, à la barre, Aly a soutenu que les flammes avaient touché le salon et quelques habits seulement. ‘’J’étais ivre. C’est à la gendarmerie que j’ai repris conscience et on m’a informé de mon acte. C’est uniquement le salon qui a brûlé. Je regrette et je présente mes excuses’’, s’est défendu l’accusé. Il a été conforté par sa grande sœur qui n’a voulu se constituer partie civile. ‘’Il n’y avait que quelques meubles dans l’appartement. En plus, il y avait plus de fumée que de flammes ‘’, a-t-elle déclaré.

Pour le représentant du parquet, l’argument de l’ivresse ne saurait prospérer. Il est convaincu que l’accusé était bien conscient car, après son acte, il s’est réfugié chez des voisins pour échapper aux flammes. C’est pourquoi il a requis la perpétuité.

Le conseil de l’accusé juge cette peine ‘’disproportionnée’’ par rapport à l’acte commis par son client. En fait, Me Sidy Abdallah Kanouté considère qu’Aly n’avait pas l’intention de nuire et a fait un geste involontaire, dans la mesure où il a agi par désespoir. Mieux, la robe noire estime qu’il s’agit d’un véritable drame familial, car l’accusé s’est senti abandonné par les seules personnes sur lesquelles il pouvait compter. ‘’Il a craqué, lorsqu’on lui a retiré son matelas. Donc, il a fait un acte de désespoir’’, a-t-il avancé. Et d’ajouter : ‘’C’est une famille qui veut récupérer son frère.’’ C’est pourquoi il a plaidé la disqualification des faits en dommage à la propriété privée, puisque le texte sanctionne les vrais pyromanes qui visent à mettre en péril la vie des personnes.

A-t-il fini que le parquet a répliqué pour reprocher à l’avocat de minimiser les faits alors que, dit-il, Aly a volontairement mis le feu à l’appartement et ne peut pas se réfugier derrière l’ivresse. Un argument que la grande sœur de l’accusé a tenté de contester. ‘’La seule raison pour laquelle il boit, c’est parce qu’il est issu d’une famille chrétienne. Donc, il ne faut pas lui tenir rigueur’’, a dit la dame, la voix étreinte par des pleurs. 

Le tribunal rend sa décision le 25 juin prochain.

FATOU SY  

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