Publié le 20 Aug 2014 - 03:06
PROCÈS KARIM MEISSA WADE

Une 5e journée ‘’sans conséquence’’

 

Après l’exception d’incompétence, la demande de sursis à statuer ! Il est clair que question ‘’accélération’’, on patauge dans la gadoue (et c’est sans doute de saison) dans le cadre de l’ultra-médiatique procès Karim Wade.

 

Se déclarant compétente pour juger du sort de Wade Jr., la CREI s’est hier heurtée à un nouvel obstacle dressé sur son sillage d’escargot par la défense. Concrètement, l’audience a encore été suspendue (jusqu’à mercredi, seulement) pour permettre à la Cour de statuer sur la demande de sursis à statuer formulée par les avocats de Karim, dont le porte-parole a été, pour l’occasion, le supposé ex-endetté Me Seydou Diagne. La journée s’est résumée à une partie de ping-pong entre le parquet, représenté par l’adjoint du procureur spécial vu que son patron était autrement occupé avec l’«affaire Baldé», et la défense...

On pourrait ainsi appeler cela un match de techniciens et c’est d’ailleurs une expression qui a été reprise par Antoine Felix Diome quand il a dit, pour le paraphraser, que Me Clédor Ly a en partage avec lui l’amour de ‘’poursuites intellectuelles’’ procédurières… Pour ceux d’entre nous qui lisent les petites écritures dans les notices, ce qu’il voulait dire par là est que si d’aventure lui et son aîné du barreau en venaient à passer toute la journée à échanger les coups des cimaises où culminent leurs sciences respectives du droit,  cela ne le dérangerait absolument pas.

Ah, l’ésotérisme des procéduriers !

Bref, c’est donc en plusieurs manches que s’est déroulée la journée d’hier avec, quand même, quelques cartons jaunes distribués aux avocats pour faux-jeu et tacles déloyaux... Lesdites fautes ayant d’ailleurs failli conduire à l’évacuation de Me El Hadj Diouf sur le proverbial brancard réservé aux hommes tombés au front !

Et cela, car il s’est fait à plusieurs reprises botter en touche par ses confrères du camp Karim : le premier à lancer une pierre dans le jardin de Me Diouf étant Me Baboucar Cissé. Ce dernier à en effet estimé que dès qu’on parlait de droit, c’est-à-dire ‘’dès que ça devenait difficile’’, l’avocat politicien se faisait surprendre à ‘’somnoler’’ !

Me Pape Leyti Ndiaye a été celui qui a porté l’estocade au tonitruant parlementaire en citant cette fois-ci Jean de La Bruyère (auteur moraliste du XVIIe siècle) pour décrire l’apport de l’intéressé quant au procès en cours : ‘’Me Diouf est un homme d’esprit mais hélas ! ce qu’on dit des hommes d’esprit est qu’ils sont au monde ce que les fous sont à la cour du roi, c’est-à-dire sans conséquence’’, a lancé la robe noire. Piqué de plein fouet dans son orgueil, l’homme s’est levé d’un bond. Il a fallu que Henry Grégoire Diop joue promptement aux arbitres pour éviter les débordements, c’est-à-dire une énième prise de parole par Me El Hadj Diouf. ‘’Peut-être que votre confrère plaisante’’, a ainsi dit le juge à l’avocat, d’un ton réconfortant bien que paternaliste.

Pendant ce temps, il faut bien se l’avouer, toute la salle riait sous cape. En effet, Jean de la Bruyère, puisqu’il s’agit de lui, a en réalité dit que ‘’rire des gens d’esprit’’ était ‘’le privilège des sots’’ et que ce sont eux (pas les gens d’esprit) qui ‘’sont dans le monde ce que les fous sont à la cour’’, à savoir ‘’sans conséquence’’…  Vu le nombre de personnes ayant ri de la boutade de Me Ndiaye dans la salle, Me El Hadj Diouf est donc loin d’être la personne de conséquence moindre, ici.

Mais cette mésaventure apprendra-t-elle à l’intéressé à ne pas faire d’allusions injustifiées à la récente victoire de l’ASC Pikine dans ses interventions… ? Qui sait ?

Sophiane  Bengeloun

 

 

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