Protection des enfants en ligne

La protection des enfants dans l’environnement numérique suscite de plus en plus d’inquiétudes au Sénégal. Réunis lors d’un atelier organisé par la Coalition nationale des associations et ONG en faveur de l’enfant (Conaf), acteurs institutionnels et partenaires ont alerté sur l’urgence de mieux encadrer les usages du digital chez les plus jeunes. Prenant part à cette rencontre, Catherine Bamer, cheffe de la protection de l’enfant à Unicef Sénégal, a rappelé que le numérique s’est désormais imposé dans le quotidien des enfants et des adolescents. Si l’accès à Internet ouvre des perspectives importantes en matière d’éducation, de socialisation et d’innovation, il expose également à des dangers multiples.
Parmi les risques évoqués figurent le cyberharcèlement, les abus et l’exploitation sexuelle en ligne, les atteintes à la vie privée, l’exposition à des contenus inappropriés, la manipulation ou encore la dépendance aux écrans. « Ces risques ne sont pas abstraits », a-t-elle insisté, soulignant qu’ils affectent déjà de nombreux enfants, dans toutes les régions et catégories sociales du pays. Face à cette situation, l’Unicef, en collaboration avec l’État du Sénégal et plusieurs partenaires, s’est engagé dans le renforcement du dispositif national de protection. Cette action repose notamment sur l’amélioration du cadre juridique et institutionnel, le renforcement des capacités des acteurs de terrain, justice, forces de sécurité, enseignants ou travailleurs sociaux, ainsi que sur le développement de mécanismes de prévention, de signalement et de prise en charge plus adaptés aux enfants.
Un accent particulier est également mis sur l’implication des jeunes eux-mêmes. L’objectif, selon Catherine Bamer, est de les considérer comme « des acteurs à part entière de leur propre protection », et non comme de simples bénéficiaires. De son côté, Justine Liaison, secrétaire exécutive de la Conaf, a attiré l’attention sur la précocité de l’exposition des enfants aux outils numériques. Elle a notamment relevé que des enfants de moins de cinq ans utilisent déjà des téléphones, une situation qu’elle juge préoccupante. Plaidant pour une mobilisation collective, elle a appelé l’ensemble des acteurs, pouvoirs publics, société civile, parents et éducateurs, à s’engager pour mieux encadrer les usages numériques et protéger les enfants face à un phénomène en pleine expansion.







