
Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias (Cored) est monté au créneau à la suite de la polémique suscitée par un reportage diffusé début avril 2026 sur un supposé hélicoptère artisanal conçu par Mamadou Sow. Dans un communiqué publié le 21 avril, l’organe de régulation fustige des manquements graves aux règles professionnelles. À l’origine de la controverse, la présentation par plusieurs médias d’un engin que son concepteur, maçon autodidacte basé à Tambacounda, affirmait avoir réussi à faire voler.
Or, précise le Cored, les images diffusées à la télévision ne correspondaient pas à l’appareil en question. Le prototype montré en vol serait en réalité « un hélicoptère ultraléger monoplace conçu et fabriqué en Hongrie », sans lien avec la création artisanale de Mamadou Sow. Pour l’instance, cette confusion aurait dû être évitée par une indication claire du type « image d’illustration ». Son absence a contribué à induire le public en erreur, révélant « un manque de rigueur » dans le traitement de l’information. Le CORED évoque même une « volonté de manipulation », pointant du doigt journalistes, techniciens et rédactions impliqués.
...Au-delà de ce cas précis, le Conseil alerte sur les dérives éthiques que représentent de telles pratiques, en violation des principes fondamentaux de vérification et de recoupement de l’information. Il met en garde contre leurs effets sur la crédibilité des médias et la confiance du public. Dans ce sens, le Cored rappelle plusieurs dispositions du Code de la presse, notamment l’obligation de traiter l’information « en toute honnêteté et impartialité » (article 11), l’interdiction de déformer les faits ou de diffuser des contenus dont l’origine n’est pas vérifiée (article 13), ainsi que le devoir de rectification en cas d’erreur (article 15).
L’organe renvoie également à la Charte des journalistes du Sénégal, insistant sur l’exigence de respect des faits et l’interdiction de toute altération de l’information. En conclusion, le Cored appelle les professionnels des médias à faire preuve de davantage de rigueur afin d’éviter des dérives susceptibles d’entacher durablement l’image de la presse sénégalaise.







