Publié le 11 Oct 2013 - 12:56
REPORT DES ÉLECTIONS LOCALES

: L’opposition dénonce «l’unilatéralisme» du chef de l'Etat

 

 

Après avoir longtemps joué au chat et à la souris avec la classe politique et avec l'opinion, le pouvoir s'est enfin décidé à livrer son plan, celui de repousser les élections locales aux calendes de juin 2014. Ce qui ouvre un boulevard à l'opposition.

 

Comme s’y attendaient plusieurs observateurs, le gouvernement a finalement décidé de reporter les élections locales initialement prévues en mars 2014 jusqu’en juin 2014. Une mesure qui, selon le Premier ministre Aminata Touré, devra «permettre la mise en place de ce que l’on appelle l’acte 3 de la décentralisation». Mais ce motif ne semble pas convaincre une partie de l’opposition. Pour  Déthié Fall, de la cellule des cadres de Rewmi, cette décision est «une violation flagrante de la Constitution». «Les raisons sont d’une très grande légèreté, dit-il, car la fracture entre les communes et les communautés rurales ne peuvent être des motifs valables pour reculer des élections. Car ce sont ces mêmes communes et communautés rurales qui étaient là et pourtant des élections se sont tenues par le passé». Pour ce responsable de Rewmi, la «gouvernance vertueuse dont les autorités veulent être «le chantre» rime avec «le respect des calendriers républicains».

Modou Diagne Fada, président du groupe parlementaire de l’opposition, quant à lui, se dit «surpris» par une telle annonce. «Récemment, rappelle-t-il, le Directeur général des élections et l’ancien ministre de l’Intérieur (Pathé Seck) avaient (pourtant) confirmé la date des élections». Aujourd’hui, ce report des élections, selon l'ancien ministre de la Santé, «peut présager un contentieux préélectoral». Une éventualité que Fallou Diop, de la Convergence démocratique Bok Gis Gis, n’exclut pas bien qu’il soit convaincu de la défaite du pouvoir aux prochaines locales. «Quelle que soit la date qui sera retenue, Macky Sall sera négativement sanctionné par les populations», jure ce cadre proche de Pape Diop. A ses yeux, ces élections constitueront «un référendum» pour le président de la République. Et du reste, ce report annoncé n’est rien d’autre que du «pilotage à vue» dans la mesure où «le pouvoir, en mettant en place la Cnri (Commission nationale pour la réforme des institutions) avec un budget de 700 millions de francs Cfa, (…), pouvait y introduire cette réflexion avant de la soumettre à l’Assemblée nationale».

En sens contraire, l'Alliance Jëf Jël se réjouit de ce report tout en réitérant sa «position de principe pour le respect du calendrier républicain». «Compte tenu de l’acte 3 de la décentralisation, le Jëf jël avait déjà anticipé sur les implications de cette réforme par rapport au calendrier républicain. (A l’époque), nous disions clairement que le gouvernement devait accepter l’impossibilité de tenir les élections à la date échue», explique Ndiaga Sylla, responsable dudit parti. «La conséquence de ce processus devrait être d’abord la redéfinition de la carte électorale, du mode d’élection, mais aussi la redistribution de la quasi-totalité des cartes  d’électeurs», ajoute-t-il.

Un avis partagé par un député de la majorité, Zator Mbaye (Afp), pour qui ce report  répond à une logique dans la politique de décentralisation. «L’Etat, en érigeant les collectivités locales, ne leur a pas transféré les moyens», explique-t-il. «Si nous voulons avoir une rationalité des ressources, développer le pays, naturellement nous devons renforcer les collectivités locales». Par conséquent, «il est souhaitable et même impérieux de donner à l’Etat les moyens de reculer pour mieux sauter».

Soit, mais l’Etat aurait mieux agi en y mettant la forme, de l’avis de Modou Diagne Fada. Ce, d’autant que «le président de la République à Taïba Ndiaye (Tivaouane), avait annoncé une concertation avec l’opposition pour discuter de l’acte 3 de la décentralisation», rappelle le responsable libéral. «On aurait pu attendre la tenue de ces concertations avant de nous imposer cette date non concertée», déplore celui qui a également été ministre de l'Environnement.

 

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