Publié le 20 May 2014 - 18:25
RUFISQUE

Un moyen pour les politiques d’éviter la sanction populaire ?

 

Aujourd’hui, le constat est amer pour les politiques dans la vieille ville de Rufisque. Les populations n’adhèrent plus à leur discours. La «montée en puissance» des mouvements citoyens semble leur ravir la vedette. Du coup, ces politiques s’appuient sur des organisations de la société afin de «rebondir», selon certains observateurs.

Les mouvements s’impliquent de manière inhabituelle dans ces élections locales du 29 juin prochain. Leur présence marque l’effritement du crédit des hommes politiques, indique Djibril Samb, président et candidat à Rufisque Nord du mouvement citoyen «Taxawu Sà Gox pour un engagement citoyen». «Nous avons décidé de nous présenter aux élections parce que nos collectivités locales rufisquoises ont été toujours dirigées par des politiques et vous avez vu le constat.

Les aspirations des populations ne sont pas satisfaites sur tous les plans.» Ainsi, sa coalition a-t-elle fait de sorte à ne pas investir des politiciens. «Parce que les populations n’adhèrent plus à leurs discours. Du coup, elles ont aujourd’hui envie de se prendre en charge», explique-t-il.

Une réflexion confortée par Daouda Guèye, journaliste à Sud Quotidien, pour qui la forte présence des mouvements citoyens «relève de la faillite des hommes politiques qui ont envoyé une mauvaise perception de la politique auprès de l’opinion, notamment avec ces histoires de transhumance, de détournements et autres actes répréhensibles perpétrés par ceux-ci.

Ce qui fait que le contrat de confiance entre les mandataires et leurs mandants est rompu ; d’où la volonté pour les populations de vouloir prendre en charge leurs aspirations par elles-mêmes».

Mais une question taraude les esprits : est-ce pour contourner la sanction populaire que les hommes politiques se réfugient derrière les mouvements citoyens ? «Fort possible», répond Fodé Sarr dit Papiss, un sympathisant de Bés du Ñakk (BDN). «C’est de bonne guerre pour des politiciens qui cherchent à ne pas disparaître. A BDM, le mouvement se fonde sur une politique participative qui ne se fonde pas sur des formules et théories inapplicables sous nos cieux.».

PAPE MOUSSA GUEYE (Rufisque)

 
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