Publié le 5 Oct 2020 - 17:30
SONDAGE SUR L’AVORTEMENT MEDICALISE

Plus de 75 % d’avis favorables

 

Plus de 75 % des personnes interrogées dans le cadre d’une enquête, sont d’accord pour que l’avortement soit une option ou soit légalisé, si la santé physique de la femme enceinte est en danger.  C’est ce qui ressort des résultats du sondage effectué au Sénégal par le cabinet Continuum et la société internationale de marketing d’opinion Ipsos. Cette enquête a été effectuée dans 8 régions du Sénégal : Diourbel, Dakar, Saint-Louis, Kaolack, Thiès, Kolda, Matam et Tambacounda, pour déterminer le niveau de perception et d’acceptation de l’avortement médicalisé en cas de viol ou d’inceste.

Il ressort du rapport que les personnes ont accepté l’avortement en cas de risque pour la santé mentale ou en cas de viol. La majorité des répondants accepte que l’avortement médicalisé soit une option ou soit légalisé, si la santé physique de la femme enceinte est menacée, quel que soit le lieu de résidence, le sexe et la tranche d’âge.

Soixante-trois pour cent des enquêtés résident en milieu urbain et 37 % en milieu rural. L’enquête a concerné 52 femmes dont 76 % étaient en âge de procréer (18-49 ans). L’âge moyen des enquêtés est de 39,27 ans. Il apparait que les femmes (39 %) et les jeunes 18-35 ans (43 %) ont moins de revenu comparées aux hommes (18 %). Seuls 43 % savent que l’avortement est autorisé, si la vie d’une femme enceinte est en danger. Ce qui signifie que 57 % n’ont pas connaissance de cette disposition dans la loi actuelle. De plus, 18 % ont déclaré que cela est désormais autorisé en toutes circonstances, alors que 16 % ne savaient pas.

Les résidents des zones urbaines sont légèrement plus favorables à l’avortement, en cas de risque pour la santé mentale de la femme enceinte. La majorité des répondants (60 %) n’avaient jamais eu de communication sur l’avortement médicalisé. Les habitants des zones urbaines - les hommes et les personnes âgées de 36 à 49 ans - étaient ceux qui ont entendu une communication sur l’avortement médicalisé. Dans les zones urbaines et rurales, indique le rapport, les prestataires de santé sont les sources d’information les plus fiables sur les questions de santé.

Il ressort de l’enquête un manque général d'informations et une confusion sur les dispositions de la loi actuelle relative à l’avortement médicalisé. Le public serait favorable à des exceptions supplémentaires dans la loi actuelle. D’où la nécessité d'une campagne pour clarifier la loi actuelle et plaider pour son amendement dans les cas d'agression sexuelle, d'inceste et de risque pour la santé mentale de la femme enceinte. ‘’Les agents de santé sont la source la plus fiable d'informations sur la santé et doivent donc être à l'avant-garde de la diffusion des messages de la campagne. La télévision et la radio sont les médias d'information les plus couramment utilisés, tandis que les habitants des zones urbaines et âgés de 18 à 35 ans utilisent également Internet et les médias sociaux. La campagne doit utiliser ces canaux médiatiques pour transmettre les informations’’, rapporte Moussa Boury Sall, consultant et directeur du cabinet Continuum.

VIVIANE DIATTA

 

Section: