Publié le 12 Jun 2023 - 23:45
STABILITÉ FINANCIÈRE DE L’UMOA FACE AUX CHOCS

Les experts de l’Union à pied d’œuvre

 

La 22e Session ordinaire du Comité de stabilité financière dans l'UMOA s'est ouverte, hier, à Dakar, dans un contexte marqué par des crises multiformes qui constituent de sérieuses menaces à la stabilité financière mondiale. Les experts vont examiner les principales évolutions récentes de l'environnement macroéconomique et financier de l’UMOA, ainsi que sur leurs implications pour la stabilité financière de la zone.

 

Ayant pour missions fondamentales de favoriser la concertation, la coopération et la coordination entre les autorités dont les actions concourent à la stabilité financière, d’évaluer les risques susceptibles de nuire à la stabilité du système financier dans son ensemble, à travers notamment l’analyse des indicateurs macroprudentiels définis d’un commun accord ; d’examiner les dysfonctionnements du système susceptibles d’entraîner, à terme, des coûts et d’affecter sa résilience aux chocs d’origine interne et externe, entre autres,  le Comité de stabilité financière dans l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA) s'est réuni hier à Dakar, dans le cadre de sa 22e session ordinaire.

Au cours de leurs échanges, informe son président statutaire, Jean-Claude Kassi Brou, ils auront à examiner la note préparée sur les principales évolutions récentes de l'environnement macroéconomique et financier de l’UMOA, ainsi que sur leurs implications pour la stabilité financière de la zone.

À ce titre, dit-il, les projections macroéconomiques dans l’Union font ressortir la résilience de notre zone monétaire. Même si la poursuite de ce dynamisme de la production s’est néanmoins accompagnée d’une hausse du taux d’inflation, qui s’est situé à 8,3 % en septembre 2022.

Toutefois, poursuit Jean-Claude Kassi Brou, cette résilience pourrait se fragiliser dans l’hypothèse où ces chocs multiples viendraient à s’intensifier davantage ou à se prolonger dans le temps. À cet égard, plaide-t-il, l’évolution de ces vulnérabilités et leurs impacts sur les économies et le secteur financier de l’Union méritent une attention particulière de la part des autorités de régulation et de supervision. Dans même veine, le président  du Comité de stabilité financière dans l'UMOA rappelle que la session intervient dans un contexte particulier, marqué par des crises multiformes qui constituent de sérieuses menaces à la stabilité financière mondiale.

En effet, explique-t-il, l’économie mondiale traverse, depuis le début de l’année 2022, une période particulièrement difficile, marquée par de fortes pressions inflationnistes jamais enregistrées depuis plusieurs décennies et par un resserrement important des conditions financières au niveau international. Ces multiples mutations de notre environnement, ajoute-t-il, ont notamment entraîné un ralentissement de l’activité économique mondiale. "Cette situation trouve partiellement ses sources dans le renchérissement des cours des matières premières et des produits énergétiques ainsi que dans l’accentuation de la perturbation des chaînes d’approvisionnement", indique-t-il.

Au niveau de l’UMOA, soutient M. Brou, les États subissent de plein fouet les répercussions négatives de cette conjoncture internationale défavorable.

Malgré la résilience des économies avec une croissance qui reste positive, notre Union fait face à une hausse des prix, en particulier celle des produits alimentaires, qui a sensiblement renchéri le coût de la vie des populations, notamment les groupes vulnérables. Il est d'avis que les mesures de subvention prises par les États pour limiter l'impact de ces hausses, combinées au resserrement des conditions de financement sur les marchés internationaux de la dette, ne sont pas sans impact sur la politique monétaire ainsi que sur la politique budgétaire de nos États. C'est pourquoi, dit-il, lors de la dernière réunion le vendredi 9 décembre 2022, le Comité de politique monétaire a poursuivi l'orientation de sa politique en augmentant ses taux directeurs pour contribuer notamment à la lutte contre l'inflation.

FATIMA ZAHRA DIALLO (STAGIAIRE)

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