Publié le 18 Jun 2019 - 07:33
UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP

La Flsh célèbre l’excellence

 

 

Pour la première fois, sous l’initiative de l’Amicale de la faculté des Lettres et sciences humaines (Flsh), les 15 meilleurs étudiants ont été récompensés. Ils ont reçu plusieurs documents pédagogiques nécessaires à leur parcours universitaire.

 

 Dans une ambiance festive, les littéraires de l’université Cheikh Anta Diop ont magnifié, samedi dernier, l’excellence. Une manière pour eux de dire que la réussite est bien possible, malgré des conditions difficiles de travail. Les 15 lauréats issus de tous les départements de la faculté (Lettres modernes, Histoire, Géographie, Lettres classiques, Linguistique, Philosophie…) ont obtenu entre 12 et 16 de moyenne, lors des partiels de l’année académique 2018-2019. Ces meilleurs étudiants évoluant tous au premier cycle ont, en présence de leurs professeurs, parents et amis, promis de maintenir le cap.

Encourageant l’ensemble des étudiants, le doyen de la faculté des Lettres et sciences humaines, Pierre Faye, pense que ‘’l’excellence n’a jamais fait défaut à la Flsh et qu’aujourd’hui encore, d’excellents étudiants sont dans cette faculté. La raison d’être de l’étudiant, la seule, c’est d’étudier, de réussir et de partir. La vocation de l’étudiant, votre vocation, n’est pas d’élire domicile dans cette faculté’’. Un message on ne peut plus clair, si l’on prend en compte ces étudiants qui trouvent le moyen de s’éterniser sur le campus, pour bénéficier de quelques avantages (bourse, logement, repas…). 

Cette toute première édition de la Journée de l’excellence est l’initiative de l’Amicale de la faculté des Lettres et sciences humaines qui s’engage à la pérenniser. ‘’L’excellence et le mérite ne sont pas de vains mots, mais un comportement de responsabilité, de courage et d’abnégation, suite à d’énormes sacrifices consentis dans les amphis et autres salles d’études avec de longues heures de révision’’, a affirmé Moustapha Ba, Président de l’Amicale de la Flsh. Lui-même étudiant en Master 2 de géographie, il encourage : ‘’Recevez nos vives félicitations. Vous êtes au sommet, maintenez-vous y. A nous autres, travaillons à y accéder, car il n’y a point de secret et seul le travail paie.’’   

La Flsh veut changer sa réputation

De coutume, en plus de son effectif (40 000 étudiants, le plus élevé de toutes les facultés de Dakar) la faculté des Lettres et sciences humaines est réputée être une ‘’Fac à problèmes’’. Elle a, en effet, été durant plusieurs années le centre de toutes les tensions et mouvements estudiantins, combiné à son habituel retard par rapport au calendrier universitaire.

Aujourd’hui, ou du moins cette année, elle a réussi à le respecter. Un fait à saluer, selon le recteur de l’Ucad, Ibrahima Thioub, qui s’est aussi réjoui de zéro perturbation observée courant 2018-2019. ‘’Cela, vous l’avez réussi dans la cohésion, l’inclusion. En écoutant tous les acteurs dire leurs plaintes, dire leurs besoins, dire leurs projets. Permettre que l’année universitaire se termine au mois de juillet, c’est un service de salut public’’, a-t-il ajouté. De son point de vue, c’est surtout l’inclusion de la composante étudiante dans cette maitrise du calendrier qui a facilité sa concrétisation. Il en a profité pour féliciter l’amicale qui, selon lui, est exemplaire en matière de leadership et de management. ‘’Il faut être très solide pour diriger 40 000 étudiants et les représenter auprès des autorités. Quand vous leur dites ne manifestons pas, ils vous taxent de corrompus’’ a-t-il renchéri.

Par ailleurs, c’était aussi l’occasion de mettre sur la table les dysfonctionnements très souvent source de conflits entre les étudiants et leurs professeurs. Et le président de l’amicale d’expliquer : ‘’Il nous arrive très souvent de recevoir des remontées de camarades désorientés, amers et presque dans le désespoir, du fait de certains comportements pouvant venir de gens qui devaient incarner la sérénité et l’assurance.’’

Fort de ce constat, il invite le corps professoral au respect des textes qui régissent le fonctionnement de l’université. Non sans espérer d’eux de la compréhension, la disponibilité, l’accueil et l’écoute dans le respect et la considération. Cependant, conscient que l’étudiant est lui aussi responsable du climat délétère qui peut régner à la Fac, il a insisté pour que ses camarades fassent preuve de responsabilité et de discipline, tout en respectant les règlements.

La Flsh d’hier à aujourd’hui

La faculté des Lettres et sciences humaines a une histoire plutôt mouvementée. A sa création, en 1958, c’est au pavillon A qu’elle a été logée jusqu’en 1960. Pendant trois ans, elle a séjourné à la maison de l’université. De 1963 à 1965, elle a partagé les mêmes locaux que les étudiants de la faculté de Droit et sciences économiques. C’est enfin en 1965 que lui est dédié un site spécifique qu’elle occupe encore.

En plus de ces sept ans pour trouver un site stable, elle présente une particularité non négligeable. Pendant que dans les autres facultés et établissements de l’Ucad la sélection était de mise, la Flsh recevait tous les autres étudiants. Une sorte de faculté ‘’poubelle’’, selon André Bailleul dans sa thèse ‘’L’université de Dakar, institutions et fonctionnements : 1954-1984’’. Aujourd’hui, il semble que le cadre de vie soit plus propice aux études. Des amphithéâtres ont fait leur apparition ou ont été réfectionnés et le personnel a bénéficié d’un renforcement de capacités par des séries de formation.

En outre, les étudiants, par leur amicale, se sont inscrits dans cette dynamique. Et leur doyen, Pierre Faye, a salué deux initiatives fortes : ‘’L’organisation de la conférence sur la pacification de l’espace universitaire et cette journée d’excellence.’’ Si ces efforts persistent, sa réputation de ‘’Fac rebelle’’ pourrait bien disparaitre.

ROLE DES ETUDIANTS, FRANCHISES UNIVERSITAIRES…

Ibrahima Thioub se prononce 

Le recteur de l’Ucad estime que tous les problèmes de la société sénégalaise devaient être soumis aux étudiants. Il s’appuie sur le fait que l’espace universitaire est, par définition, un vaste champ de réflexion et de débat. Ainsi, à l’en croire, ce n’est pas aux politiciens que revient cette charge d’analyse et de solutions, mais aux étudiants. Un nouvel avis qui, s’il est appliqué, pourrait bien changer le cours des choses.

‘’Faisons confiance à nos étudiants. Je pense que nous ne devons pas avoir peur du nombre. Au contraire, c’est un avantage qu’il faut utiliser à bon escient’’, affirme-t-il. Pour l’ancien professeur au département d’Histoire, la réussite des étudiants ne peut être une réalité sans la paix dans l’espace universitaire. Il estime que les franchises universitaires délimitent un espace dont les membres règlent eux-mêmes leurs problèmes. Et ce, par l’échange, la discussion et non la violence. A l’en croire, ces franchises cèdent la place aux forces de l’ordre lorsque les occupants franchissent la limite en faisant recours à la violence.

Selon lui, l’enjeu, aujourd’hui, est que la jeunesse sénégalaise doit être aussi performante que les autres jeunes du monde. Surtout dans un monde globalisé où la compétition est rude. ‘’Je fais confiance aux étudiants sénégalais pour remporter ce pari’’, a-t-il conclu.

EMMANUELLA MARAME FAYE

 

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