Publié le 21 Mar 2012 - 12:29
FACE-A-FACE TÉLÉVISÉ WADE-MACKY

Le grand rendez-vous manqué

 

L’annonce d'un face-à-face Wade-Macky avait suscité beaucoup d’intérêts chez les Sénégalais. Mais le débat télévisé tant attendu entre le candidat de la coalition Benno Bokk Yakaar et celui des Fal 2012 n’aura manifestement pas lieu. Ce, au grand dam des électeurs qui, à la place d’un débat d’idées, ont eu droit à un débat au ras des pâquerettes, si ce ne sont pas des attaques au bas de la ceinture via leurs seconds couteaux.

 

À qui profite le statu quo ? Au niveau de la coalition Benno bokk yaakaar en tout cas, le débat n’est plus à l’ordre du jour. Joint par téléphone, El Hadji Hamidou Kassé, patron du Pôle communication de ladite coalition, renvoie EnQuête à l’interview qu’il avait accordée à nos confrères de L’Observateur. ''Nous connaissons le profil psychologique de celui qui est en face. Nous connaissons ses points forts et ses points faibles. Nous avons toutes sortes de données sur le candidat, sur le type de discours, ce que l’on appelle la grammaire du discours de Me Wade'', avait-il déclaré. Puis d’ajouter : ''Nous savons ce qui peut l’énerver. Nous avons une liste exhaustive de ce que l’on appelle les dossiers critiques, c’est-à-dire sur quoi nous pouvons l’interpeller.

 

 

Ibrahima Sall : ''On a conseillé à Macky de ne pas le faire''

 

Mais nous avons surtout notre programme''. Malgré tout, Macky Sall n’affrontera pas le président sortant devant les caméras de télévision car, estime El Hadji Kassé, le faire reviendrait à le ''reconnaître comme candidat à la présidentielle alors que ce dernier a fait du forcing''.

 

 

El hadji Amadou Sall : ''Macky Sall a peur de défendre son programme''

 

Pourtant, lors d’une conférence de presse tenue le 29 février 2012 à l’hôtel Terroubi, Macky Sall avait déclaré qu’il était prêt à débattre avec Wade. Pourquoi cette volte-face ? Ibrahima Sall, président du Pôle programme justifie : ''Macky Sall est entouré de conseillers. Lorsqu’ils estiment que ce débat n’est pas opportun, ils lui déconseillent de le faire''. Plutôt que de faire dans ''l’événementiel'', le leader du Mouvement pour la démocratie et les libertés (MODEL) pense que son candidat préfère ''décliner son programme aux populations comme il l’a fait depuis le début de la campagne''.

 

Pour Me El Hadji Amadou Sall, porte-parole du candidat Abdoulaye Wade, ces arguments ne sont qu’un ''prétexte'' pour éviter le face-à-face avec son leader. ''Macky Sall a peur de défendre son programme, dit Me Sall. Notre candidat a démontré qu’il était disposé à débattre avec lui''.

 

 

Yoro Dia : ''S’il y avait débat, Wade allait regarder Macky Sall comme son disciple''

 

Quoi qu’il en soit, les deux candidats ''ont raté l’occasion de prouver à l’opinion internationale la grandeur de notre démocratie'', pense Yoro Dia, journaliste politologue. ''À l’instar de ce qui se passe aux États-Unis entre les Républicains et les Démocratiques, ce débat aurait permis aux Sénégalais de connaître le programme de chaque candidat, surtout sur le conflit casamançais'', explique-t-il. De l’avis de notre confrère, Macky a tout à gagner dans l’absence de ce face-face avec le candidat Wade ''qui n’a rien à perdre''. ''S’il y avait débat, Abdoulaye Wade allait regarder Macky Sall non pas comme son challenger, mais comme son disciple à qui il a tout donné. Il n’hésiterait pas à sortir des choses contre lui. Et cela pourrait faire mal à Macky Sall''. En revanche, ''si Abdoulaye Wade perd son sang froid et que Macky Sall garde sa sérénité, il pourrait sortir de ce débat victorieux''. À l’avenir, Yoro Dia suggère que le débat télévisé soit ''obligatoire'' au second tour de la présidentielle.

 

Pour rappel, en 2000, le débat télévisé entre le candidat Wade et le président sortant Abdou Diouf s’était aussi posé. Si le premier nommé, très sûr de lui, avait hâte d'en découdre, le second lui, n’avait pas voulu de ce débat. Les Sénégalais en furent très déçus.

 

Section: 
ÉLECTION MAIRE DE DAKAR Taxawu Sénégal se défend et rejette la faute sur Barth
AFFAIRE ASER : L’APR réclame des enquêtes
SÉNÉGAL-FRANCE : La relance !
DÉCLARATIONS D’AISSATA TALL SALL Les greffiers réagissent avec indignation
AFFAIRE JUAN BRANCO CONTRE ÉTAT DU SÉNÉGAL Les dessous d’un dossier sensible
JUSTICE AUX VICTIMES : Le deux poids deux mesures de Pastef
ABASS FALL, NOUVEAU MAIRE DE DAKAR : “Je serai le maire de tous les Dakarois”
MODERNISATION DES INFRASTRUCTURES ADMINISTRATIVES Le ministre de l’Intérieur inaugure les nouveaux locaux de la préfecture de Mbour
MAIRIE DE DAKAR : La page Barth en passe d’être tournée
MAIRIE DE DAKAR : Barthélémy Dias déchu et un nouveau chapitre s’ouvre
LD debout sur la situation politique nationale
“SCANDALE ASERGATE” : Un TAS d’irrégularités
DÉPENSES DES INSTITUTIONS : Le cache-cache budgétaire qui dérange
MAGISTRATURE ET POLITIQUE : L’UMS fixe les lignes rouges
“ADOU KALPÉ”, “ILLÉGAL”, “SAUPOUDRAGE” : L’APR déchire le plan “Jubbanti Koom”
LE PLAN DE REDRESSEMENT ÉCONOMIQUE ET SOCIAL (PRES) / Une nouvelle feuille de route pour le Sénégal, selon le Moncap
OUSMANE SONKO EN TURQUIE : Une visite stratégique pour renforcer les relations sénégalo-turques
RENÉGOCIATIONS DES CONTRATS ET RÉVISIONS DES CODES DANS LE SECTEUR EXTRACTIF : Ousmane Sonko dévoile les premiers constats du comité
CONCLUSIONS DU DIALOGUE NATIONAL : Les partis de l’opposition dénoncent des manquements
CRISE POLITIQUE AU MALI : Moussa Mara dans la tourmente, Soumaïla en mémoire