Publié le 8 Feb 2017 - 11:11
APRÈS SIX JOURS D’EXPOSITION

Ça ne décolle pas à la Fika

 

A la Foire internationale de Kaolack (Fika), les exposants se plaignent de la rareté des clients. Six jours après son ouverture, ils constatent qu’ils n’ont presque rien vendu. Certains proposent un prolongement de la date de clôture fixée pour  ce 14 février.

 

Ce n’est pas encore la grande affluence à Foire internationale de Kaolack. Six jours après son ouverture officielle, les exposants déplorent l’absence de clients. Les quelques personnes qui viennent ne font que des visites des stands avant de retourner sur leurs pas. Zoumana Bouaré, un jeune commerçant venu du Mali, renseigne que depuis l’ouverture de la foire, il n’a vendu qu’un seul ‘’thioup’’ à 10 000 F Cfa. ‘’Ça ne marche pas du tout. Nous n’avons presque rien vendu. Il y a des amis qui m’ont dit qu’ils n’ont rien écoulé’’, dit-il de manière désespérée. 

Ce Malien qui vient participer pour la première fois à une foire internationale dans la capitale du Saloum regrette déjà d’avoir fait le déplacement. Il fait le bilan de ses frais lourds. ‘’Le transport m’a coûté 50 000 F Cfa. Chaque jour, je dépense 3 000 F CFA pour le repas et je suis ici avec quelqu’un que j’ai pris pour qu’il me serve d’interprète’’, souligne-t-il. Rien que pour la location du stand, Zoumana Bouaré a débloqué 100 000 F Cfa. La seule solution, dit-il, pour permettre aux exposants de vendre, est de différer la date de clôture de la foire prévue ce 14 février. Une solution préconisée par ses collègues. Mariama Diop, la quarantaine, a la même vision des choses. ‘’S’ils (les organisateurs) pouvaient prolonger la date de clôture, ça allait nous arranger, sinon, nous risquons de retourner avec nos marchandises’’, lance-t-elle avec timidité.

Les produits aphrodisiaques ont la cote

Devant sa cantine, une Malienne expose des tissus en ‘’thioup’’ à différents prix qui varient entre 15 000, 20 000 et 35 000 F CFA. Un sac rempli de karité, des sachets de manioc et du savon en carotte sont aussi exposés. Sur cet alignement, deux jeunes commerçants proposent des objets d’art. Eux aussi espèrent que d’ici quelques jours, la tendance va s’inverser. Ici l’ambiance est morose. Quelques exposants proposent une animation pour égayer l’atmosphère et attirer la clientèle. Ils ont mis à contribution la célèbre chanteuse Adji Diarra de la ville de Kaolack qui arrive à drainer des foules.

Plusieurs nationalités sont représentées dont ce Burkinabé qui propose des huiles de coco, de baobab, etc. Moustapha Samb, qui a fait le déplacement depuis Dakar, vend des produits agricoles et phytosanitaires. Il s’en sort avec des gains journaliers de près de 15 000 F CFA. D’autres aussi se frottent déjà les mains. C’est le cas de ces deux jeunes Béninois accompagnés d’une jeune fille sénégalaise qui assure la traduction. Pour eux, les affaires marchent bien. Dans leur stand sont exposés des sachets en poudre à base de plantes. Ils sont vendeurs de pharmacopée traditionnelle. D’après l’un d’eux, qui préfère garder l’anonymat, les produits aphrodisiaques sont bien vendus. ‘’Ça se vend et les gens ne se cachent pas pour s’en procurer’’, insiste-t-il. ‘’Chaque produit a son prix. Il y en a pour 1500 F CFA, 2 000 F CFA et plus’’. Le jeune Béninois confie qu’il est à sa deuxième Foire internationale de Kaolack (Fika).

Les vendeurs de bétail ne sont pas aussi en reste. Depuis la première édition, il y a toujours un espace qui leur est réservé. Abdou Karim Touré, un jeune garçon, connaît bien le marché du bétail. Il informe qu’il a déjà vendu deux agneaux jumeaux à 500 000 F Cfa. Il garde toujours espoir que la Foire fera l’affaire. ‘’C’est un plus de vendre des moutons dans une foire, ça va venir’’, croit-il. Toutefois, il propose la réduction des prix des tickets d’entrée ou même de laisser entrer gratuitement les visiteurs.

 ‘’Ce n’est pas logique de réduire les prix des tickets’’

Cependant, cette proposition d’Abdou Karim Touré de réduire le prix du ticket n’enchante pas les organisateurs. D’après la directrice marketing de la Fika, Mme Ndiaye Mbow Tall, ‘’les frais engendrés et le dispositif mis en place ne permettent pas de procéder à une réduction des prix des tickets’’. ‘’Ce n’est même pas logique de baisser les prix ou de laisser la porte libre. A Dakar, les gens payent le double. Donc, nous avons été compréhensifs’’, indique-t-elle. Concernant la suggestion des exposants de prolonger la date de fermeture de la Fika, la directrice déclare que ce n’est pas encore à l’ordre du jour.  

AIDA DIENE

 

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