Publié le 14 Feb 2019 - 22:07
OUSMANE SONKO A ZIGUINCHOR

‘’J’irai chercher les indépendantistes casamançais dans la brousse, en cas d’élection’’  

 

Interpellé hier, à Ziguinchor, par les femmes de la Plateforme pour la paix en Casamance, sur ses pistes de solutions pour une résolution définitive du conflit en Casamance, Ousmane Sonko soutient qu’il ne négociera pas avec ses frères ; il ira les chercher dans la brousse. Il précise qu’il n’est pas favorable à un statut particulier ou une autonomie de la Casamance.

 

Avant son départ, hier, de Ziguinchor pour Kolda, le président de la coalition Sonko-Président a été soumis, comme Idrissa Seck un peu plus tôt dans la matinée, au même exercice d’audition des candidats à la Présidentielle sur leurs programmes et pistes de solutions définitives à la crise qui secoue la Casamance depuis plus de trois décennies. A l’occasion, Ousmane Sonko a d’abord indiqué qu’il ne s’agit point d’un conflit en Casamance, mais d’une crise sénégalaise, parce que beaucoup d’autres Sénégalais sont à compter dans la liste macabre de cette crise. Et que le pays, en tant qu’entité, Etat, a beaucoup perdu, parce que l’impact de la crise sur le développement socio-économique du pays montre que l’un des freins au décollage du pays est à chercher dans cette crise.

‘’Il faut redéfinir cette crise sénégalaise, car elle ne concerne pas les Casamançais entre eux. L'impact de cette crise est grand sur notre économie. L’un des points de retard de notre économie se trouve dans cette crise. C'est certainement une crise africaine, car elle impacte aussi les pays limitrophes (la Gambie et les deux Guinées). C’est une crise internationale. On est ici dans le cadre d'un pays, mais le conflit impacte sur tout le Sénégal et d’autres pays de la sous-région’’, a indiqué Sonko. Selon qui les causes du conflit sont culturelles, économiques et administratives.

‘’J’ai relevé trois causes : la première, il faut oser le dire, elle est culturelle. C’est parce qu’après l’indépendance, la Casamance n’avait pas été immédiatement intégrée dans le reste du Sénégal. Sur le plan culturel, il y a des spécificités très fortes en Casamance que vous ne trouverez pas dans le reste du Sénégal. Cela a pu donner l’impression qu'on était en face de deux peuples différents. Mais l’histoire a évolué très vite. Depuis que les populations migrent de part et d’autre du Sénégal, cela a fait tomber les barrières. Les autorités de l’Administration qui débarquaient ici avaient des comportements identiques à ceux du colon. Cela n'existe plus. Et le développement économique, qui est l'autre nom de la paix. On n’a pas assez développé la Casamance. Et c'est là que nous voulons agir’’, dit-il.

Sur de futures négociations entre l’Etat du Sénégal et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance, le patron de Pastef a purement et simplement souligné qu’il ne négociera pas avec les indépendantistes du Mfdc, mais qu’il ira tout simplement les chercher dans la brousse et les faire revenir à la vie civile. ‘’Si je suis élu président de la République du Sénégal, je vais chercher les oncles et papas qui sont dans la brousse, je vais les faire sortir et leur dire qu'il est temps qu'ils comprennent qu'il faut sortir et travailler au développement de la Casamance. On ne négocie pas. On ne signe pas de paix avec ses pères et oncles. C'est un droit de les y obliger’’, déclare Ousmane Sonko.

Selon qui, il faut agir sur le développement économique de la Casamance qui s’inscrit dans le développement global du pays. Ousmane Sonko de dire qu’une fois élu, il va inscrire le développement dans le sens d’une décentralisation approfondie, en reconstituant les anciennes régions administratives, six au total. Ainsi, la région de la Casamance partira de Diogué à Gouloumbou.

Toutefois, il déclare qu’il est contre un statut spécial ou une autonomie en Casamance.

HUBERT SAGNA (ZIGUINCHOR)

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