L’affaire prend une tournure judiciaire
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Le manque d’eau à Touba, constaté lors de la 126e édition du Magal, a été imputé à l’association Touba Ca Kanam par des responsables de l’Office des forages ruraux (Ofor). Cette association compte saisir la justice pour laver son honneur.
Le Comité directeur de l’association Touba Ca Kanam s’est réuni dimanche pour apprécier les déclarations des responsables de l’Ofor qui lui imputent la responsabilité du manque d’eau noté, depuis samedi, dans la grande majorité des quartiers de Touba. Moustapha Mbaye, responsable de la communication, informe qu’à la suite de cette réunion, ‘’la décision a été prise de servir une citation directe au directeur général de l’Ofor et à tous les autres responsables qui se sont prononcés sur la question et qui ont accusé Touba Ca Kanam. On nous a accusés d’avoir cassé des vannes et contribuer au manque d’eau noté dans la cité religieuse durant ce Magal, sans aucun fondement’’.
Ce qui irrite le plus les responsables de cette association, c’est que, dans le cadre des travaux entamés à Touba, la conduite 106 de Ndamatou n’est pas concernée. ‘’A la vue du matériel de terrassement sur les lieux de la conduite détruite, les responsables de l’Ofor ont vite fait, sans même vérifier, de nous imputer la responsabilité du manque d’eau, alors que ce matériel, nous l’avons prêté au service de l’hydraulique comme eux aussi, nous leur prêtons du matériel dans le cadre de leurs travaux. Pour nous, au lieu de nous remercier, l’Ofor ne devait pas nous jeter en pâture, surtout que chacun sait que la disponibilité en eau, lors du Magal, est une question sensible’’.
Du côté de l’Office des forages ruraux, malgré les différentes tentatives d’entrer en contact avec Mamadou Diokh, le coordonnateur du volet approvisionnement en eau du grand Magal de Touba, et en dépit des promesses faites par le chargé de communication de livrer la version de sa structure, il a été impossible d’avoir leur version. Toutefois, un des agents de l’Ofor, sous le couvert de l’anonymat, estime que ‘’le manque d’eau est causé par les travaux de terrassement de Touba Ca Kanam. D’ailleurs, leurs responsables ne l’ont pas nié devant le gouverneur, lors d’une réunion tenue au niveau de la sous-préfecture de Ndame. Ils disent qu’ils vont servir une citation directe ? Je vous le dis très sincèrement : ils ne feront rien. C’est juste qu’ils ne veulent pas que les fidèles les indexent’’.
Cette situation avait nécessité la réunion expresse de l'état-major qui regroupe tous les services en charge de l’organisation du Magal. Au terme de cette rencontre, Gorgui Mbaye, le gouverneur de Diourbel, avait expliqué : ‘’Du fait des interventions des tiers sur le réseau, il y a eu quelques dégradations, quelques casses dont les réparations exigeaient nécessairement la fermeture de forages. Non seulement ces casses pour être réparées ont pris du temps, mais aussi, ces forages ont mis du temps à être remis en service totalement, pour avoir l'eau partout et revenir à la situation initiale. Mais d'après les renseignements que j'ai reçus, la situation s'améliore d'heure en heure. Il faut dire que la situation s'améliore de jour en jour, même si nous sommes persuadés que l'eau ne sera pas suffisante.’’
Il a vu juste, puisque l’eau est introuvable dans la cité religieuse, et cela en dépit des 110 camions-citernes injectés dans le réseau, de la cinquantaine de bâches d'eau souples remises par la Sonatel et des dix camions de l’autorité du Waqf.
Boucar Aliou Diallo