Cheikh Issa Sall rejette la thèse du manque d’emploi
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A Mbour, le phénomène de l’émigration clandestine ne finit pas de faire parler. Après le président du Conseil départemental la semaine dernière, c’est au tour du président du mouvement Amdem de monter au créneau pour déplorer la situation et donner sa vision de la situation.
Devant la situation inquiétante, du fait de l’ampleur du phénomène de l’émigration clandestine, les autorités de Mbour veulent prendre à bras-le-corps la problématique. Pour Cheikh Issa Sall, la cause de tous ces départs n’est pas à chercher dans le manque d’emploi. ‘’Par rapport à l’émigration clandestine, il y a beaucoup de personnes qui parlent de problèmes d’emploi, de problèmes d’employabilité. Mais je crois que c’est très réducteur de considérer que les jeunes quittent le Sénégal, parce qu’ils n’ont pas d’emploi’’, a-t-il soutenu.
Avant de préciser : ‘’En tout cas, au niveau de Mbour, surtout dans les quartiers de Tefess, Golf et Zone résidentielle qui ont connu beaucoup de départs par rapport à cette aventure, les raisons principales de ces départs ne peuvent pas être considérées comme étant dues au chômage ou au manque d’emploi, parce que la plupart des jeunes qui ont quitté le Sénégal pour embrasser cette aventure, c’était des jeunes qui avaient un emploi ; ils travaillaient comme pécheurs ; ils avaient leurs pirogues’’, révèle Cheikh Issa Sall.
Dans ce cadre, il estime que leur départ ne se justifie pas par le manque de travail. Par conséquent, il considère que la meilleure solution, c’est la sensibilisation sur les risques qu’ils prennent pour se rendre en Espagne. Que ces risques n’en valent pas la peine. A en croire le DG de l’ADM, l’argent que les candidats à l’aventure mobilisent, la détermination qu’ils ont à quitter le pays, tout cela, si on l’orientait vers le travail, ils pourraient réussir leur vie et arriver à entretenir une famille chez eux au Sénégal.
Sur cette lancée, il annonce : ‘’Nous avons commencé cette sensibilisation la semaine dernière. Nous allons poursuivre cette sensibilisation. Nous allons continuer à rencontrer les jeunes’’.
Toutefois, Cheikh Issa rappelle qu’il ne serait pas judicieux de sous-estimer le problème du sous-emploi ou du défaut d’employabilité. ‘’Nous allons également, avec les structures qui ont été mises en place pour accompagner la jeunesse, essayer de trouver une solution pour trouver de l’emploi à ceux qui le souhaitent, mais également de renforcer les capacités de certains jeunes qui, malgré le travail qu’ils font, ont besoin d’être renforcés’’, fait-il savoir.
Il ajoute : ‘’C’est sur plusieurs leviers que nous voulons nous appuyer pour accompagner l’Etat, dans le cadre de la lutte contre l’émigration clandestine. Nous allons poursuivre la sensibilisation, mais également nous appuyer sur les structures de l’Etat pour l’emploi des jeunes et leur employabilité.’’
Et le président du mouvement Amdem d’exprimer sa volonté à s’investir pour que ce phénomène s’arrête le plus rapidement possible : ‘’Nous sortons d’une pandémie qui a mis à terre notre économie. Nous avons besoin de relance. Le président a mis le Pap2A. Nous avons besoin d’une forte croissance de 13 % en 2022. Donc, nous avons besoin de cette jeunesse pour atteindre cet objectif, pour aller vers l’émergence’’, indique-t-il.
IDRISSA AMINATA NIANG