Le Lycée Demba Diop toujours en vacances !
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En réfection depuis la fin octobre, le lycée Demba Diop avec ses plus de 3000 élèves, n’a pas encore rompu avec l’atmosphère des vacances. Le lycée a été élu parmi ceux qui doivent être réfectionnés par la Direction des Constructions Scolaire (DCS). Mais, les travaux qui ont démarré tardivement empiètent sur le déroulement des cours qui n’ont toujours pas commencé pour les classes de 1ère, de 2nde et certaines Terminales.
Partout dans le Sénégal, l’école a ouvert ses portes le 05 novembre pour les enseignants et le corps administratif et le 12 pour les élèves. Depuis lors, les enseignements apprentissages se font correctement dans tous les établissements du pays, dans ce contexte marqué par la pandémie de la Covid-19 où, il est demandé aux enseignants de remédier au retard accusé par l’arrêt des cours observé du mois de mars à celui de novembre dernier. Toutefois, au Lycée Demba Diop de Mbour l’air des vacances circule toujours dans la cour.
En effet, aucune classe de 1ère ni de 2nde n’a encore commencé ses cours, si ce n’est ceux de l’EPS (Education Physique et Sportive). Seules certaines classes de terminales ont entamé la nouvelle année scolaire. Le fait est que le lycée a été choisi parmi les lycées à rénover par la Direction des Construction Scolaire (DCS). Mais, les travaux ont démarré au moment où les potaches s’apprêtaient à regagner les classes qui ne sont toujours pas disponibles, du fait des travaux de réfection. Ce qui provoque l’ire des enseignants qui disent en avoir marre de venir tous les jours à l’école et de ne pas trouver leurs élèves dans des conditions de pouvoir recevoir les enseignements-apprentissages qui leur sont dus.
Diockel Faye : « c’est une situation extrêmement difficile que nous dénonçons, parce que en réalité, si on est sûr que le lycée Demba Diop figure parmi les établissements qui doivent être réfectionnées, je pense que le travail de planification, au préalable, devrait être fait pour que, lorsque les travaux commenceront, que ces travaux n’aient pas à empiéter sur le déroulement des cours. Malheureusement, nos autorités, souvent, ne font pas ce travail de planification au point où, aujourd'hui, nous en sommes à une situation déplorable, à une situation, je peux dire presque catastrophique. » Il ajoute : « aujourd'hui, vous entrez dans le lycée Demba Diop, vous trouvez partout des tables-bancs, on est en train de casser des salles, on est en train de refaire le carrelage, par-ci par-là, et ça nous empêche même de faire le travail correctement. Même le bruit avec lequel nous sommes en train de vivre est dérangeant, ça ne favorise pas les conditions pédagogiques pour pouvoir faire les cours correctement. »
Dans la même dynamique, le Professeur de Philosophie s’inquiète du quantum horaire alloué aux enseignants pour dérouler leurs programmes respectifs. « Depuis le 12 novembre jusqu'à présent, les cours se déroulent correctement un peu partout sur le territoire national. Vous conviendrez avec nous que nous avons même démarré les cours avec un retard du point de vue horaire. Le crédit horaire que nous devions effectuer pratiquement a été empiété. Malgré tout, cela au lycée Demba Diop, les classes de Première, les classes de seconde et même quelques des classes de terminale ne parviennent pas à faire cours correctement, à cause du fait que l'école est en d'être réfectionnée », fulmine-t-il. Avant de préciser : « maintenant, le Proviseur a été clair, on lui a proposé une réfection du lycée Demba Diop, mais puisque ce n'est pas lui l'initiateur, on lui offre ce projet, en réalité il n'a qu'à saisir cette opportunité. Sinon, s'il ne la saisit pas, attendant que les cours se terminent pour qu'on puisse faire ces travaux, on pourrait utiliser ce projet pour l'emmener ailleurs. »
Du coup, indique M. Faye, « nous rejetons la balle dans le camp des autorités qui devraient faire ce travail depuis les vacances. Nous savons tous que la pandémie a duré dans ce pays avec nous. Mais l'école avait fermé ses portes pendant longtemps, si on avait planifié depuis le départ, les travaux pouvaient être faits dès la fin de l'année dernière et qu’aujourd'hui, on devrait venir à partir du 12 novembre pour commencer à faire cours. »
Pour sa part, le Proviseur a convoqué le Conseil d’enseignement du lycée pour statuer sur la situation, afin de trouver une solution pour faire fonctionner toutes les classes de l’établissement, à l’instar des autres écoles du Sénégal. Dans ce cadre, une proposition a été faite de rompre la journée continue qui s’arrêtait à 15h pour renouer avec la journée discontinue qui permettrait de mettre à profit l’après-midi au bénéfice des élèves des classes intermédiaires. En attendant que cette proposition soit adoptée par le Conseil d’Enseignement, plus de 2000 élèves sont toujours dans la rue, alors que leurs autres condisciples, tranquillement, sont en train de profiter des deux mois de remédiation, comme indiqué par le Ministère de l’Education Nationale, afin de sauver ce qui peut l’être des cours qui ont été perdus l’année dernière.
IDRISSA AMINATA NIANG