Publié le 27 Apr 2021 - 04:48
PROBLÈME DE L’EMPLOI DES JEUNES

Duperie consciente

 

Les émeutes qui se sont déroulées dernièrement dans notre pays ont été le miroir des frustrations profondes vécues par les populations, depuis des décennies, mais dont le paroxysme a été atteint depuis quelques années. Le Sénégalais est gavé de promesses et de scandales par ses dirigeants, qui sans état d’âme, ignorent les déceptions des populations.

La première duperie consiste à catégoriser l’emploi. Pendant des années, les dirigeants politiques en ont fait une affaire de genre. On n’a parlé que d’emplois des femmes. Toutefois, les véritables travailleuses, à l’exemple des tritureuses d’huile de palme dans les forêts casamançaises, les extractrices de sels disséminées sur le territoire national, les vendeuses de fruits et légumes qui sont dans les marchés à 4 heures du matin, etc. sont laissées en rade. L’emploi est un droit pour tout être humain apte à travailler, mais pas pour une catégorie de population. Selon les programmes mis en place, notamment par la DER, les hommes de plus de 40 ans sont exclus des programmes. Ceux-là peuvent crever, ils ne sont plus utiles à la société !!!

Les jeunes, comme les moins jeunes et les femmes (espèce à part qui n’a ni jeunes, ni moins jeunes), ont besoin d’emplois, pas forcément d’être entrepreneur tout d’un coup (entreprenariat rapide, concept nouveau). L’opération «maîtrisards chômeurs » a été un véritable fiasco, car on a voulu transformer des diplômés à la recherche d’emplois, en entrepreneurs. Le rôle d’un Etat responsable, est de mettre en place les conditions idoines pour que la population s’y épanouisse, à tous les niveaux socio-économiques. On ne peut délibérément fausser les bases de la stabilité économique et ne pas voir sa population dans le désarroi le plus complet.

Il est inadmissible de confier la confection des pièces d’identité (CNI et passeports), des permis de conduire à des étrangers à des coûts dépassant toute logique élémentaire, et voir sa population travailler, s’enrichir. C’est impossible. Tous les marchés, surtout de Btp, sont donnés sur des plateaux dorés, à des entreprises étrangères. Certains bénéficiaires de ces gigantesques marchés (Thalès avec le TER) et concessions (Boloré avec le terminal des conteneurs du PAD) sont mêlés et même condamnés par des juridictions sud africaine et française, pour corruption sur des dirigeants politiques. Qu’est-ce qui motive les nôtres à tout donner aux étrangers ? Les dirigeants qui commettent de telles forfaitures, ne peuvent prétendre vouloir le bonheur et la quiétude de leur peuple. Comment prétendre gérer un peuple et sa descendance, uniquement pour ses propres intérêts, au point de donner tout ce qui est rentable dans la Nation, à son clan et à des étrangers qui, de surcroit, nous snobent. Chez ces étrangers, les dirigeants ne cherchent qu’à épanouir leurs populations, ce qui est à leur honneur.

Pendant que la communauté rêve de lendemains meilleurs, tout ce sur quoi elle devait asseoir ses espoirs, lui échappe au profit d’un clan d’auto privilégiés et d’étrangers. Délibérément, les entreprises fondées difficilement par des Sénégalais sont mises en difficultés voire fermées, parce que des institutions financières sont créées pour le clan, les copains et les militants. Des sénégalais émigrent dans la sous région avec leurs entreprises à cause des multiples sociétés bidon créées en prête-noms. Dans tous ces cas, ce sont des dizaines, voire des centaines de milliers d’emplois perdus au profit d’une caste de quelques individus.

Toutes sortes de pratiques violant les principes éthiques les plus élémentaires, sont mises en place pour détruire les entreprises créées par les Sénégalais moyens. Des marchés publics sont crées pour ces entreprises en prête-nom, comme on l’a vu à Mbao avec les gros porteurs que l’on faisait passer par Mbao pour bousiller la route et fourguer le marché à Ecotra. Et apparemment, sans contrainte de délais, ni de résultats. Les contraintes et risques sont laissés à la population. Une économie solide et viable ne se construit pas dans la tricherie, et l’économie en a horreur et le montre sans tarder. La tricherie la détruit systématiquement et durablement. Les fauteurs de tricherie dans les économies normales sont sévèrement réprimés. Les actes qu’ils posent sont génocidaires, car détruisant en sourdine toute une Nation.

Dafa dooy. Nous voulons respirer sous nos cieux. La mission des dirigeants politiques est de veiller constamment à assurer cet idéal. Faillir à cette mission est une faute que l’histoire ne peut pardonner. Soit, quand tout ce qui est économiquement rentable et viable est donné en catimini, selon leurs désirs, à des étrangers, les dirigeants peuvent proposer à leur jeunesse, des ânes pour le ramassage des ordures, et des jakartas (importés d’Asie) pour le transport urbain de personnes. Nulle part, il n’est envisagé la création d’usines de traitement des ordures, à fort potentiel d’emplois et de valeur ajoutée.

Pour un Sénégal de justice, d’équité et de bien-être pour tous.

El Hadji Malick DIA

 

Section: 
QUAND LE TALENT NE SUFFIT PLUS : Les leçons du match Sénégal–Belgique au prisme du Seuil de Thiam (Seuil de Pertinence Stratégique)
DÉFENDRE LA CONSTITUTION, C'EST D'ABORD DÉFENDRE LE DROIT : Quelques observations sur la Déclaration du Réseau des Universitaires pour la Défense de la Constitution et de la démocratie du 29 juin 2026
LE SOMMET DU G7 À ÉVIAN : Une ambition affichée, mais des limites structurelles persistantes
MOURDIAH ET NARA : Le JNIM et la conquête des fonctions étatiques
ASSEMBLÉE NATIONALE : AU NOM DE LA DÉMOCRATIE, IL EST TEMPS DE DÉCIDER Appel de 143 personnalités pour l’adoption de la révision constitutionnelle
NOUVEL ARTICLE 92 DE L'AVANT-PROJET REPRIS PAR LA PROPOSITION DE RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : L’intrusion du Juge dans l’Hémicycle
ÉPISTÉMOLOGIES DU SUD : CAPITAL HUMAIN ET PLANS TACTIQUES Temps long vs posture tactique dans le Sénégal contemporain
DU TERRAIN DE FOOTBALL AU CORPS FÉMININ : Quand une défaite sportive révèle les normes sociales du corps au Sénégal
APPEL HSF POUR 40 MIGRANTS SÉNÉGALAIS EMPRISONNÉS EN MAURITANIE “Ils meurent à petit feu”
MOBILITÉS HUMAINES- SPORT ET CULTURES : Une coupe du monde raciste, xénophobe et discriminatoire !
CONCILIER LES AMBITIONS SOUVERAINES DU PEUPLE AVEC LES EXIGENCES DE RIGUEUR DU FMI Un exercice cornélien pour le nouveau gouvernement ?
De la nécessité d’une réforme de l’enseignement à la nécessaire rééducation de l’intelligentsia au Sénégal
MES CONSEILS AU DUO DIOMAYE-SONKO : Tout est possible !
Lettre ouverte à Monsieur Bacary Sarr, Ministre de la Communication et des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement
CONCERTATIONS NATIONALES : L’économie ne peut plus attendre
AU-DELÀ DES RÉFORMES : Refonder l’éducation sénégalaise pour bâtir le capital humain du XXIe siècle
SÉNÉGAL : Quand gouverner sans la majorité devient le défi démocratique
Petite reflexion sur la figure messianique au Sénégal
Au fond des pensées d’un homme
Abdoulaye Wade, ou la grandeur d’un destin sénégalais