Publié le 25 May 2023 - 20:55
JUSTICE – TRAITE DE PERSONNES

Le Sénégal, une zone d’origine, de transit et de destination des victimes

 

La traite des personnes constitue un fléau qui donne du fil à retordre au Sénégal. C’est dans ce cadre que, pour contribuer au renforcement du système de protection des personnes victimes de traite, les représentants des structures de prise d’assistance et de prise en charge sont en conclave pour un atelier de sensibilisation sur l’identification, l’assistance et la protection des victimes de traite des personnes.

 

Le Sénégal est un pays très impliqué dans la problématique de la traite des personnes. Selon l’ONUDC, qui révèle que le trafic d’êtres humains touche environ un million de personnes dans le monde, le Sénégal est une zone d’origine, de transit et de destination des victimes de traite des personnes. Issa Saka renseigne dans cette dynamique que ‘’le Sénégal est toujours un pays de transit. Mais il faut comprendre qu’il y a plusieurs formes de traite. Il y a une forme qui concerne les enfants talibés qui sont exploités dans la mendicité, où les gens pensent que c’est un phénomène lié seulement à des étrangers. Ce qui n’est pas le cas’’.

Pour le coordinateur des Projets de l’ONUDC, c’est d’abord une question interne, dans un premier temps, même s’il y en a qui viennent de la Gambie, de la Guinée-Bissau et des pays limitrophes. ‘’Il y a une autre forme de traite qui est plus concentrée dans la zone de Kédougou. Ici, on parle de filles qui sont soumises à la prostitution forcée, donc à l’exploitation sexuelle dans les ’dioura’. Ces filles viennent majoritairement de quelques pays comme le Nigeria, mais pas qu’eux encore. Il y a également des filles qui nous proviennent du Sénégal’’, a-t-il révélé.

Dans la même perspective, dit-il, ‘’il y une autre forme de traite qui est moins visible. C’est celle des filles qui sont soumises à la servitude domestique. Et là aussi, on a des filles qui proviennent du Sénégal et qui sont envoyées dans les pays du Golfe ou du Moyen-Orient qui travaillent comme domestiques et qui sont en réalité purement et simplement exploitées’’.    

C’est dans ce contexte que des représentants des structures d’assistance et de prise en charge se sont regroupés à Saly Portudal pour une sensibilisation et une capacitation sur cette problématique. Les éducateurs spécialisés et les travailleurs sociaux de Dakar, Thiès, Mbour, Diourbel, Tambacounda, Kédougou, Matam, Ziguinchor, Bignona, Kolda, Sédhiou, Kaolack et Saint-Louis impliqués dans la protection, notamment la prise en charge juridique, psychosociale et judiciaire des victimes sont ainsi préparés pour participer à un meilleur système de protection des victimes.

Il s’agit, selon les organisateurs, de ‘’contribuer au renforcement de la base de connaissance sur la traite des personnes des acteurs dans la chaine judiciaire de prise en charge au Sénégal et de favoriser le partage des connaissances sur la gestion des données, dans le cadre de la prise en charge des victimes de traite’’.

Sur cette lancée, Issa Saka, coordinateur des Projets ONUDC, informe : ‘’Il y a d’importants efforts fournis par l’Etat du Sénégal, des plans d’action qui ont été élaborés et des actions qui ont été entreprises. Mais il faut dire qu’on est face à un phénomène qui est très complexe. Donc, il y a encore beaucoup à faire.’’

À l’en croire, c’est cela qui justifie la tenue de cet atelier ‘’qui permet de renforcer les capacités des acteurs de première ligne, notamment ceux-là qu’on appelle les éducateurs spécialisés qui peuvent faciliter l’identification des victimes, mais surtout leur assistance. Parce que cette assistance souvent fait défaut, surtout quand c’est fait par des gens qui ne sont pas des professionnels’’.

IDRISSA AMINATA NIANG (Mbour)

Section: 
TRAFIC D'ESPÈCES SAUVAGES EN LIGNE : Facebook, la plateforme préférée des trafiquants
AFFAIRE WEST AFRICAN ENERGY : Samuel Sarr n’a plus de bracelet électronique depuis le 6 mai
DÉFORESTATION AU COURS DES DIX DERNIÈRES ANNÉES : Le Sénégal perd 11 500 hectares de forêts par an
ÉCRITURE EN MILIEU SCOLAIRE : Des élèves de Saly initiés à travers un atelier
TRAITE DE PERSONNES PAR EXPLOITATION SEXUELLE ET PROXÉNÉTISME : Comment la Nigériane tenait ses péripatéticiennes
CINQUANTENAIRE DE LA CEDEAO L’Université Iba Der Thiam appelle au dialogue pour préserver l’unité régionale
RISQUES DE PROPAGATION MONDIALE DES CAS DE HANTAVIRUS L’OMS met les bouchées doubles
OPERATION "ELOL" EN CASAMANCE : 14 rebelles interpellés et 6 tonnes de chanvre saisis
Viol suivi de grossesse
Réseau de faussaires
Audience
APPLICATION DES ACCORDS ET AMELIORATION DU QUANTUM HORAIRE : Le SYPROS/EF interpelle l'État
DÉLOCALISATION DES POPULATIONS DE NDARY ET THISSE 1 : Comment garantir le respect des droits des villageois
Association de malfaiteurs
Hantanvirus
Actes contre nature
DÉCÈS ET COMPLICATIONS LIÉS AUX AVORTEMENTS NON SECURISES : L’AJS lance un nouveau projet sur deux ans
RACOLAGE, HOMOSEXUALITE, PROXÉNÉTISME.... Une rocambolesque affaire de mœurs à Yeumbeul
ACTES CONTRE NATURE, VIOLS RÉPETITIFS ET PÉDOPHILIE : Un garçon abusé sexuellement par 3 personnes
4 ÉCOLES DE FORMATION RECONNUES SUR UN TOTAL DE 65 AU SÉNÉGAL : Halte à la fabrication de “sages-femmes au rabais” !