Publié le 7 Sep 2026 - 15:58
INCLUSION DES PERSONNES HANDICAPEES  

La GIZ et l'APJAS renforcent les capacités des acteurs locaux à Thiès

 

Pendant quatre jours, des élus locaux du département de Thiès et des représentants de l'association ont été formés sur les moyens de mieux intégrer les besoins spécifiques des personnes handicapées dans la planification, la programmation des investissements et l'élaboration des budgets des collectivités territoriales.

 

L'inclusion des personnes handicapées dans les politiques publiques locales constitue désormais un enjeu majeur pour les collectivités territoriales. C'est dans cette perspective que la Coopération allemande, à travers la GIZ et son projet REFOP, accompagne l'Institut des jeunes aveugles du Sénégal (APJAS) dans une démarche visant à renforcer la participation des personnes handicapées aux processus de décision au niveau territorial.

La GIZ en partenariat avec l'Association des anciens pensionnaires de l’APJAS, a organisé une session de renforcement de capacités consacrée au budget participatif inclusif. « Nous avons été ici durant quatre jours pour une formation sur le budget participatif inclusif, au profit de notre partenaire, l'APJAS, mais également des élus locaux du département de Thiès », renseigne Amadou Dème, conseiller technique en pilotage et gestion des systèmes de formation professionnelle à la GIZ, dans le cadre du projet REFOP.

Selon lui, l'objectif est de permettre aux différents acteurs locaux de mieux prendre en compte les besoins spécifiques des personnes handicapées dans les politiques de développement local. Il s'agit notamment d'intégrer ces préoccupations dans la programmation, la planification des investissements et l'élaboration des budgets des collectivités territoriales.

La session organisée à Thiès constitue ainsi une nouvelle étape dans cette dynamique. Elle intervient après une première formation tenue à Kaolack au profit des membres de l'APJAS, suivie d'une autre session organisée récemment à Thiès sur les instruments juridiques et le cadre réglementaire relatifs au handicap.

Pour cette nouvelle étape, un échantillon de collectivités territoriales du département de Thiès a été retenu afin d'expérimenter l'approche du budget participatif inclusif. L'objectif est de favoriser une meilleure prise en compte des besoins spécifiques des personnes handicapées dans la planification et la gestion des politiques publiques locales.

À l'issue de cette phase expérimentale, une évaluation des différentes sessions de formation sera réalisée afin de tirer les principaux enseignements et d'identifier les éventuelles améliorations à apporter. Ces résultats permettront ensuite d'examiner la possibilité d'étendre l'initiative à d'autres collectivités territoriales, départements et régions du Sénégal, indique M. Dème.

Des besoins qui touchent plusieurs secteurs de compétence

Pour Djibril Pam, président de l'APJAS, le choix de renforcer les capacités des élus locaux répond à une nécessité concrète : leur permettre de mieux intégrer les personnes handicapées dans les mécanismes de budget participatif.

Les besoins identifiés concernent plusieurs domaines relevant des compétences transférées aux collectivités territoriales. L'éducation, la santé, l'action sociale, la jeunesse, la population, l'environnement, le foncier, la culture, mais également la planification figurent parmi les secteurs concernés.

La formation a également porté sur les concepts liés au handicap et sur les normes devant être respectées en matière d'inclusion. Une attention particulière a été accordée à l'accessibilité universelle, notamment dans la construction et l'aménagement des infrastructures publiques.

L'objectif est de faire en sorte que les équipements et services destinés à l'ensemble de la population soient également accessibles et utilisables par les personnes handicapées.

Si cette initiative est jugée nécessaire, c'est aussi parce que des insuffisances persistent dans la prise en compte du handicap dans les politiques publiques locales.

« Le constat, c'est que la plupart de ces politiques se réalisent, mais sans une vraie et parfaite prise en compte des besoins spécifiques des personnes handicapées », déplore Djibril Pam. Qui souligne que la sensibilisation et le plaidoyer restent indispensables pour faire progresser l'inclusion au Sénégal.  

« Avant de parler de mise en œuvre des droits, il faut renforcer ceux qui sont censés les mettre en œuvre », insiste-t-il. Dans cette logique, les collectivités territoriales occupent une place stratégique en raison de leur proximité avec les populations. Leur implication apparaît donc essentielle pour traduire les principes d'inclusion en actions concrètes au niveau local.

Pour favoriser un suivi de proximité, certaines communes participantes ont choisi de venir avec un élu et une personne handicapée. Une démarche qui devrait permettre de rapprocher les bénéficiaires des décideurs locaux et surtout d'assurer un meilleur suivi des acquis de la formation dans les différentes communes du département de Thiès.

Ndeye Diallo (Thiès)

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