"Le papier journal, c'est de l'encre et peut être extrêmement dangereux pour la santé"
De l'avis de Dr Mamadou Ndiaye, docteur vétérinaire, consultant international en sécurité sanitaire des aliments au bureau sous-régional de la FAO, le papier journal, que des vendeurs utilisent pour couvrir leurs sandwichs, peut être extrêmement dangereux pour la santé car c'est de l'encre qui contient des métaux lourds.
Dans le cadre du projet GCP/SFW/517/LUX mis en œuvre par la FAO et financé par le Grand-Duché de Luxembourg, l'Association des Journalistes en Santé, Population et Développement était en immersion à la gare Beaux Maraîchers de Pikine. Une occasion pour Dr Mamadou Ndiaye, docteur vétérinaire, consultant international en sécurité sanitaire des aliments au bureau sous-régional de la FAO, de faire le point sur la sécurité des aliments au niveau de cet endroit très fréquenté.
Son premier constat est qu'il y a un effort qui a été fait dans le bâtiment, à travers des salles qui sont bien aérées, mais qui demandent à être mieux entretenues. Le second aspect se situe dans le comportement individuel avec chaque restaurateur qui a une clientèle et un produit qu'il met sur le marché. Il y en a qui font des plats cuisinés, il y en a qui font des sandwichs, il y en a qui font de la boisson chaude, il y a les grillades. Et à chacun, un certain nombre de dispositions doivent être applicables.
« Pour ce qui est des sandwichs, l'essentiel ici c'est des papiers usagés. Ce sont des journaux qui sont utilisés pour le conditionnement des produits. Il faut savoir que le papier journal, c'est de l'encre qui contient des métaux lourds et ça peut être extrêmement dangereux pour la santé. Donc je crois que d'un point de vue individuel, il y a encore des efforts à faire pour que le produit qui est vendu dans ce marché puisse satisfaire à l'exigence de salubrité », dit-il.
D’ailleurs, des opérations de sensibilisations ont été organisées lors des caravanes. Des relais de la Sécurité sanitaire des aliments (SSA) ont été recrutés pour faire plusieurs marchés. À cela s'ajoute des formations offertes à plusieurs acteurs de 5 marchés. « Le jour où le consommateur prendra une décision d'achat basée certes sur le prix, mais également sur le niveau de qualité, on pourra espérer faire des pas en avant », indique Dr Ndiaye. Qui fait remarquer que l'objectif c'est la pérennisation des activités de vulgarisation de l'information et que les formateurs disponibles puissent après continuer à véhiculer le message.
« Il y a ce qu'on appelle la chaîne du froid. Tous les produits périssables qui sont habituellement consommés crus doivent être maintenus à une température suffisante pour ne pas favoriser la prolifération bactérienne. Le second, c'est tous les produits chauds. Les produits chauds doivent être également maintenus à température relativement élevée, autour de 60 à 70 degrés, jusqu'à la consommation », renseigne Dr Mamadou Ndiaye
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LE COUP DE GUEULE DE NDEYE NDIAYE (VENDEUSE DE PETIT DÉJEUNER) « Normalement, la location c'est 118 000 FCFA par mois, mais ils nous font payer 300 000 FCFA par mois ! Chaque mois ! 300 000 FCFA pour deux personnes : celle qui vend le petit-déjeuner et celle qui vend le déjeuner. Nous vendons à la sueur de notre front pour pouvoir subvenir dignement à nos besoins. Aujourd'hui, si vous voyez quelqu'un tomber malade, c'est à cause du stress ! Dès que vous avez un petit retard de paiement, ils viennent fermer votre commerce avec un cadenas et vous empêchent de travailler. Cela fait 11 ans que je suis ici, depuis l'ouverture de la gare routière sous le président Abdoulaye Wade. Les contrats ne nous sont pas attribués directement, ils sont donnés à leurs proches et familles qui nous les louent ensuite. L'emplacement coûte normalement 118 000 FCFA, mais ils empochent jusqu'à 182 000 FCFA de bénéfice net sur notre dos ! Et nous qui travaillons ne parvenons même pas à avoir 50 000 FCFA à la fin du mois. Pourquoi cela ? En plus de ça, il faut payer l'espace où l'on cuisine. Ils refusent qu'on pose quoi que ce soit ici. Pour cuisiner derrière la gare, chacun doit payer 30 000 FCFA de plus, juste pour avoir le droit de cuisiner ! Et le pousse-pousse (chariot), vous le payez 1 500 FCFA par jour, soit 45 000 FCFA par mois ! Nous sommes des femmes qui nous battons dignement, mais qu'on nous vienne en aide ! Maintenant, on se met à trois personnes (petit-déjeuner, déjeuner, dîner) pour payer les 300 000 FCFA. Chacune donne environ 100 000 FCFA. Celui qui détient le contrat prend l'argent, paie les 118 000 FCFA officiels et garde le reste dans sa poche. Et si tu ne payes pas, on te vire ou on ferme ton espace. Ils ferment nos espaces et nous humilient, alors que des agents de sécurité viennent prendre de la nourriture chez nous sans payer ! Ceux qui vendent de la nourriture à l'extérieur de la gare n'ont pas d'emplacement fixe et vendent comme ils veulent. Et les responsables préfèrent les protéger plutôt que nous. Pourquoi ? Parce que ceux de l'extérieur leur donnent de l'argent en douce dans leurs poches ! Alors que nous qui payons cher dans la gare, on ne nous respecte pas et on nous maltraite. Je n'ai jamais vu le directeur de la gare de Beaux Maraîchers mettre les pieds ici pour écouter nos problèmes ! En tant que directeur, il devrait venir nous demander ce que nous vivons. Pourtant nous sommes des femmes vaillantes et dignes qui travaillons dur. La propreté est un acte d'adoration. Si tu n'es pas propre, c'est toi-même que tu nuis. Quand tu prépares de la nourriture pour des êtres humains, si ce n'est pas propre, ta conscience te rattrapera. Moi, je n'ai pas peur de ça : si je commets une faute concernant l'hygiène ou si c'est sale, qu'on ferme mon commerce. » |
CHEIKH THIAM






