Publié le 14 Jul 2026 - 15:27
PENSIONS IMPAYÉES

Les ex-cheminots haussent le ton

 

Malgré l'inscription d'une enveloppe de deux milliards de francs CFA dans la loi de finances 2026, les anciens cheminots temporaires de l'ex-Régie des chemins de fer du Sénégal attendent toujours la régularisation de leurs pensions. Réunis lundi à Thiès, ils ont relancé leur mobilisation et menacent de durcir le ton si les fonds ne sont pas rapidement transférés à l'Ipres.

 

Brassards rouges au poignet et autour de la tête, les anciens cheminots temporaires de l'ex-Régie des chemins de fer du Sénégal ont de nouveau investi les rues de Thiès, ce lundi, pour réclamer le paiement de leurs pensions. Encadrés par les forces de défense et de sécurité, ils ont parcouru les principales artères de la ville avant d'être reçus à la Gouvernance par l'adjoint au gouverneur.

Au centre de leur colère : le non-respect des engagements pris par l'État concernant le transfert à l'Institution de prévoyance retraite du Sénégal (Ipres) des fonds destinés à régulariser leur situation. Les manifestants dénoncent un retard qu'ils jugent incompréhensible, alors même que les crédits nécessaires ont été votés par l'Assemblée nationale. Pour eux, ce blocage prolonge une injustice qui dure depuis plusieurs années.

À l'issue de la rencontre, le président du collectif des ex-cheminots n'a pas caché sa déception. « Nous avons consacré une grande partie de notre vie au chemin de fer. Nos cotisations sociales ont été prélevées, mais nous attendons toujours la régularisation de nos pensions », a-t-il déclaré. Il rappelle qu'un accord avait été conclu avec l'ancien ministre des Transports, Yankhoba Diémé, aujourd'hui ministre des Forces armées. Cet engagement prévoyait le transfert des crédits inscrits dans la loi de finances rectificative vers l'Ipres avant la fin du mois de juin.

Or, au 13 juillet, cette opération n'avait toujours pas été effectuée. Face à cette situation, le collectif annonce un nouveau plan d'action. Si aucune évolution n'est constatée dans les prochains jours, une nouvelle mobilisation est envisagée, cette fois à la gare ferroviaire de Thiès. Le président du collectif estime désormais que le principal blocage se situe au niveau du Trésor public. Il appelle le ministre des Finances à procéder sans délai au décaissement des fonds afin de permettre à l'Ipres de liquider les pensions attendues par les bénéficiaires. Il interpelle également le président de la République pour qu'une solution définitive soit apportée à ce dossier.

Deux milliards votés, mais toujours pas décaissés

Le secrétaire général du syndicat majoritaire des cheminots et coordonnateur de l'intersyndicale, El Hadji Babacar Gaye, partage le même constat. Selon lui, les autorités avaient été sensibilisées dès leur arrivée au pouvoir sur la dimension sociale de ce dossier et s'étaient engagées à y mettre un terme. Une réunion tenue en septembre 2025 avait débouché sur l'inscription d'une enveloppe de deux milliards de francs CFA dans la loi de finances 2026. « L'engagement budgétaire a été respecté. Ce qui manque aujourd'hui, c'est le transfert effectif des ressources vers l'IPRES », souligne-t-il.

D'après le responsable syndical, l'Agent judiciaire de l'État leur a confirmé que toutes les diligences relevant de ses services avaient été accomplies. Le dossier serait désormais entre les mains du Trésor public, chargé de mettre les ressources à la disposition de l'institution de retraite. Il rappelle que cette situation affecte non seulement les retraités, mais également plusieurs travailleurs ayant exercé sous Transrail SA et Dakar-Bamako Ferroviaire, dont les carrières restent à régulariser. « Parmi eux figurent des personnes âgées, des malades et des familles en grande difficulté. Cette injustice dure depuis plus de dix ans. Il est temps d'y mettre fin », plaide-t-il.

Recevant la délégation, l'adjoint au gouverneur de Thiès, Ababacar Sadikh Niang, a salué le caractère pacifique de la manifestation avant de se vouloir rassurant. Il a assuré que le mémorandum remis par le collectif, ainsi que l'ensemble des documents qui l'accompagnent, seront transmis au président de la République et aux ministres concernés.

« En tant que représentant du gouvernement, nous prendrons toutes les dispositions nécessaires pour acheminer votre mémorandum et l'ensemble des pièces aux autorités compétentes », a-t-il déclaré. Le représentant du gouverneur a également indiqué que les ministères concernés seront saisis afin d'examiner les revendications des ex-cheminots et d'identifier les réponses susceptibles de permettre un règlement durable de ce dossier.

Ndeye Diallo (Thiès)

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