Publié le 14 Jul 2026 - 11:15
MATAM

Les agents de la Senelec se mettent au rouge

 

Répondant au mot d’ordre de la Convergence syndicale des travailleurs de la Senelec (CSTS), les agents de la région de Matam ont arboré, ce lundi, des brassards rouges pour dénoncer le gel de leurs primes annuelles. Une décision qu’ils jugent « injuste », alors que l’entreprise a enregistré des bénéfices.

 

À Ourossogui, principale ville économique de la région de Matam, le mouvement d’humeur décrété par la Convergence syndicale des travailleurs de la Senelec a été largement suivi. Sans perturber la continuité du service, les travailleurs ont affiché leur mécontentement en portant un brassard rouge, symbole d’une contestation qui pourrait prendre de l’ampleur dans les prochains jours.

À l’agence Senelec de Ourossogui, Idrissa Badji, agent de l’entreprise, ne cache pas sa frustration. « Nous avons mis des brassards rouges pour exprimer notre mécontentement face à la décision de l’État du Sénégal de ne pas payer nos primes annuelles, qui constituent pourtant un acquis. Le nouveau régime les a versées en 2024 et en 2025, mais cette année, il décide de les geler, alors que l’entreprise a réalisé des bénéfices. C’est inacceptable », lance-t-il avec fermeté.

Pour les travailleurs, ces primes, représentant 10 % des bénéfices de l’entreprise, ne relèvent pas d’une faveur, mais d’un droit acquis au fil des années. Idrissa Badji rappelle d’ailleurs que leur paiement a toujours été subordonné à la réalisation d’un résultat bénéficiaire, certifié par les commissaires aux comptes et validé par le Conseil d’administration de la Senelec.

Si l’État justifie sa décision par la mauvaise santé financière de l’entreprise, le syndicat rejette cet argument. Selon lui, ces difficultés ne doivent, en aucun cas, être supportées par les travailleurs. D’après Idrissa Badji, cette situation est causée par les importantes créances que l’État tarde à honorer : 182 milliards de francs CFA dus au titre des consommations de l’administration, 391 milliards de compensations tarifaires impayées, 60 milliards liés aux exportations d’électricité et 9 milliards dus par les concessionnaires ruraux. À cela s’ajoute un manque à gagner estimé à 18 milliards de francs CFA, conséquence de la baisse des tarifs de l’électricité décidée par le gouvernement en 2025.

La journée de ce lundi ne serait qu’un premier avertissement, si l’on se fie aux propos de l’agent Idrissa Badji, car ses camarades pourraient passer à la vitesse supérieure en perturbant la distribution de l’électricité. Ainsi, les syndicalistes donnent rendez-vous à l’ensemble des travailleurs ce mardi au siège national de la Senelec, où une assemblée générale est prévue. À l’issue de cette rencontre, de nouvelles formes de mobilisation pourraient être décidées si leurs revendications restent sans réponse. À la Senelec, le bras de fer entre les travailleurs et les autorités semble désormais engagé. Les prochaines heures seront déterminantes pour savoir si le dialogue l’emportera sur l’escalade sociale.

Djibril Bâ (Matam)

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