Plus de 25 milliards FCFA de créances réclamés à l'État

Incarcéré depuis janvier 2025 pour détournement présumé de deniers publics, le directeur général de Lansar Auto, Mahmadane Sarr, conteste rigoureusement les accusations portées contre lui. Face à la presse, son conseiller fiscal et juridique, Gorgui Dia, a apporté des clarifications sur les sommes en jeu et la dette consolidée de l'État envers l'entreprise.
L'affaire qui secoue la société Lansar Auto SUARL franchit un nouveau palier avec la prise de parole de son conseiller fiscal et juridique, Gorgui Dia, lors d'une conférence de presse. Au cœur des débats : des accusations de détournement de deniers publics, d'escroquerie portant sur plus de 13 milliards FCFA, ainsi que de blanchiment de capitaux visant le Directeur Général de la structure, M. Mahmadane Sarr, placé sous mandat de dépôt depuis le 13 janvier 2025.
Selon les éléments présentés par Gorgui Dia, la situation financière de la société découle principalement de prestations exécutées pour le compte des administrations publiques sans règlement intégral. À ce jour, la dette globale exigible de l'État envers Lansar Auto s'élève à 25 970 888 061 FCFA, après déduction d'un acompte d'un milliard de francs encaissé en septembre 2023.
Cette dette nette inclut notamment 24 452 334 725 FCFA dus par le Ministère des Finances et du Budget (MFB) ainsi que 2 518 553 336 FCFA au titre des démembrements de l'État. Face aux impayés, la société s'est retrouvée contrainte d'engager un endettement bancaire lourd estimé à 16,57 milliards FCFA (intérêts compris) auprès d'établissements locaux et internationaux. « C'est pourquoi M. SARR conteste vigoureusement les accusations de blanchiment de capitaux et d'escroquerie sur les deniers publics portant sur un montant provisoire de 13 610 088 725 FCFA eu égard aux différents éléments indiqués », a souligné le conseiller fiscal et juridique de la structure.
Le représentant de la société est également revenu sur l'origine des paiements fractionnés remis en cause par la justice. Un courrier du Trésorier Général avait confirmé que le fractionnement en sept tranches des règlements d'un marché de la DMTA s'expliquait par des « tensions momentanées de trésorerie » de l'État.
Par ailleurs, Gorgui Dia a dénoncé l'impact des saisies opérées par l'ONRAC portant sur plus de 100 véhicules de luxe, empêchant la société d'honorer ses engagements auprès des fournisseurs et banques partenaires. « Il est difficile voire même paradoxal de comprendre la situation actuelle de Lansar Auto et de son Administrateur M. SARR qui s'attendait à entamer des négociations avec l'État qui n'avait pas les moyens de payer mais malheureusement tel n'a pas été le cas ».
S'agissant des soupçons de liens politiques, la défense a tenu à apporter une mise au point catégorique en démentant toute transaction illégale avec l'État ou des personnalités politiques, affirmant n'avoir jamais rencontré l'ancien Président Macky Sall ni son fils Amadou Sall, tout en précisant que les prestations de location de services fournies au parti PASTEF en 2019 et lors des campagnes sont restées impayées à ce jour.
MAMADOU DIOP






