Publié le 18 Aug 2026 - 09:17
NÉCROLOGIE

Mamadou Kassé, une vie au service du journalisme et de la transmission

 

Ancien rédacteur en chef du quotidien national Le Soleil et formateur de plusieurs générations de journalistes au Cesti, Mamadou Kassé, décédé dimanche à Dakar, a été conduit hier à sa dernière demeure. La presse sénégalaise perd un professionnel respecté, reconnu pour sa rigueur, sa polyvalence et son attachement aux règles du métier.

 

La presse sénégalaise vient de perdre l’une de ses figures respectées. Mamadou Kassé, affectueusement appelé « Badou », est décédé dimanche 16 août 2026 à Dakar. Journaliste à la retraite, ancien rédacteur en chef du quotidien national Le Soleil et formateur au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti), il laisse le souvenir d’un professionnel exigeant et d’un pédagogue généreux. L’annonce de sa disparition a été faite par son confrère et proche Mamadou Koumé. La levée du corps s’est déroulée hier matin à la mosquée des HLM Grand Médine. La dépouille a ensuite été acheminée à Touba pour l’inhumation, conformément aux informations communiquées par la famille à l’Agence de presse sénégalaise.

Formé au Cesti de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Mamadou Kassé appartenait à la sixième promotion de l’établissement. Il y avait notamment pour camarades Babacar Touré, Daouda Ndiaye et Mamadou Koumé. À sa sortie de l’école, en 1978, il avait intégré le desk Sports du quotidien Le Soleil, alors dirigé par Sétigui Aly Cissé. Il y avait fait ses premières armes au sein d’une équipe comprenant plusieurs grandes signatures de la presse sportive sénégalaise. Au fil des années, il avait gravi les différents échelons de la rédaction, occupé plusieurs fonctions de chef de service, avant de devenir rédacteur en chef du quotidien national. Journaliste polyvalent, Mamadou Kassé était apprécié pour sa maîtrise de l’écriture, sa rigueur et son respect des principes professionnels. Des qualités qui lui valaient d’être considéré par ses confrères comme l’un des « gardiens de l’orthodoxie » du journalisme sénégalais.

Du Soleil aux institutions publiques

Après sa carrière au Soleil, Mamadou Kassé avait rejoint le ministère de la Communication. Sous le magistère du ministre Bocar Dia, il avait participé au pilotage du projet de la Maison de la Presse, aujourd’hui dénommée Maison de la Presse Babacar Touré. Il avait poursuivi cette mission sous l’autorité de Moustapha Guirassy, avant de faire valoir ses droits à la retraite. Son expérience avait également été mise à contribution par l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption. Nafi Ngom Keïta, première présidente de l’Ofnac, lui avait confié la communication de l’institution. Il avait, par ailleurs, exercé comme consultant auprès de plusieurs structures. Son parcours professionnel a ainsi été marqué par la presse, la communication institutionnelle et la formation, selon la biographie publiée par Le Soleil.

Mamadou Kassé laisse surtout une empreinte durable dans la formation des journalistes. Pendant plusieurs années, il avait enseigné le module de presse écrite au Cesti, son ancienne école. Plusieurs générations d’étudiants avaient bénéficié de sa connaissance du métier, de sa disponibilité et de son exigence. Sa vocation de formateur ne se limitait pas aux salles de cours. Il intervenait régulièrement dans des ateliers de renforcement de capacités et plaidait pour un meilleur encadrement des jeunes journalistes. Face aux dérives observées dans la profession, il défendait une pratique fondée sur la vérification des faits, la précision de l’écriture et le respect des règles déontologiques. À travers ses enseignements et ses échanges avec les jeunes confrères, Mamadou Kassé aura contribué à transmettre une certaine idée du journalisme : un métier exigeant, qui repose autant sur la technique que sur la responsabilité.

Le football occupait également une place importante dans la vie du défunt. Avant d’en devenir un observateur averti, il l’avait pratiqué dans sa jeunesse. Ancien attaquant du Modèle de Mbao, il avait disputé avec son équipe une finale de la Coupe du Sénégal juniors face à la Jeanne d’Arc.

Cette passion avait naturellement orienté ses débuts professionnels vers le desk Sports du Soleil. Elle ne l’avait jamais quitté. Quelques heures avant sa disparition, Mamadou Kassé avait encore partagé une contribution consacrée à l’équipe nationale de football et au profil de son futur sélectionneur. Malgré la maladie, il avait continué à produire des analyses et à participer aux débats sur l’avenir du football sénégalais, rappelle son ancien confrère Cheikh Tidiane Fall dans un témoignage publié par Dsports.

Jusqu’au bout, Mamadou Kassé sera ainsi resté fidèle à ses deux grandes passions : le journalisme et le football. Avec sa disparition, la presse sénégalaise perd une mémoire, un professionnel accompli et un formateur qui aura consacré une grande partie de sa vie à transmettre les exigences du métier.

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