L’ADHA appelle à remonter jusqu’aux réseaux

L’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (Adha) salue la réaction des autorités compétentes à la suite de son communiqué d’alerte publié le 16 août. Dans une nouvelle déclaration, l’organisation de défense des droits humains estime que l’intervention de la Police nationale constitue « une première réponse de l’État » face à une situation qui nécessite désormais une prise en charge coordonnée sur les plans judiciaire, social et migratoire. Pour l’Adha, l’enjeu est désormais d’aller au-delà de l’intervention initiale.
L’organisation appelle les autorités à poursuivre les investigations afin d’identifier les victimes potentielles, d’établir les responsabilités et surtout de remonter jusqu’aux éventuels organisateurs et bénéficiaires de l’exploitation. Elle rappelle, à cet égard, les dispositions de la loi n° 2005-06 du 10 mai 2005 relative à la lutte contre la traite des personnes et aux pratiques assimilées et à la protection des victimes.
Dans sa déclaration, l’Adha insiste également sur la nécessité de distinguer les personnes victimes d’exploitation de celles qui en tirent profit. « Les victimes ne doivent pas être confondues avec les exploiteurs », souligne l’organisation. La réponse des pouvoirs publics doit ainsi, selon elle, reposer sur un double impératif : protéger les personnes vulnérables et poursuivre les responsables présumés. Une approche qui doit tenir compte de la dignité humaine, de l’intérêt supérieur de l’enfant et des garanties prévues pour les personnes vulnérables.
...Sur le volet migratoire, l’Adha invite également l’État à renforcer sa coopération avec les pays d’origine des personnes concernées. Elle préconise, lorsque les conditions juridiques et humanitaires sont réunies, d’envisager des retours volontaires ou des rapatriements organisés. L’organisation cite comme précédent le rapatriement, en mars 2022, de 1 053 ressortissants nigériens, dont 478 enfants. Pour l’Adha, cette opération démontre qu’une réponse concertée entre le Sénégal et les pays d’origine est possible. Mais l’organisation met en garde contre une approche qui ferait du retour l’unique réponse.
« Le retour ne saurait clore le dossier », estime-t-elle. Il doit, selon elle, être accompagné de mesures d’identification et de protection des victimes, mais aussi d’enquêtes destinées à remonter jusqu’aux éventuels réseaux d’exploitation. L’Adha appelle ainsi les autorités à poursuivre le processus engagé et à agir sur l’ensemble de la chaîne : protéger les victimes, enquêter, poursuivre les responsables et démanteler les réseaux, tout en organisant, lorsque le cadre légal le permet, un retour dans la dignité. Pour l’organisation, la lutte contre la traite et l’exploitation ne peut en effet se limiter à une intervention sur le terrain. Elle doit également permettre d’identifier ceux qui organisent ces pratiques et ceux qui en tirent profit.






