Publié le 13 Jan 2012 - 17:51
CÉLÉBRATION 17e ANNIVERSAIRE

''Les fans découvriront un nouveau Bideew Bu Bess''

Bidew Bu Bess, de gauche à droit Makhtar, Baydy et Ibrahima

 

EnQuête : Vous avez sorti un album, il y a plus d’un an, quel est le bilan de sa promotion ?

 

Makhtar Sall : Il est positif. En sortant un album on s’attend à ce qu’il soit reçu de manière chaleureuse par les populations. On était resté sept (7) ans sans sortir d’album. Encore qu’avant la sortie de l’album, certains titres avaient été piratés et cartonnaient même.

 

N’empêche, l’album a cartonné à sa sortie. Le titre ''My feeling'' fait le buzz sur la bande Fm et revient souvent en tête dans les playlists. Il est très apprécié partout à travers le pays.

 

Comme tout artiste, nous sommes fiers. Mais il reste à faire un travail important, une promotion ne suffit jamais, il en faut toujours. Surtout pour les populations du fin fond du Sénégal. Nous, nous faisons des concerts dans des villages reculés. Et nous n'avons pas encore exploré certaines régions comme nous le voulons.

 

 

''Ndoumbélane'' signe-t-il le retour en force de Bideew Bu Bess ?

 

Makhtar Sall : Oui, on peut le dire. D’autant plus que c’était notre objectif en sortant cet album, après une absence de sept ans du marché du disque. Et quand on reste si longtemps dans l’ombre, on doit montrer par la qualité du travail que cette absence n’était pas vaine, avec des textes profonds et des sonorités recherchées.

 

Nous sommes un groupe ambitieux. Un groupe qui veut proposer le must du must. Nous ne lésinons pas sur les moyens pour le faire. Nous prenons aussi le temps nécessaire pour cela, car ce n’est pas le temps qui est important. Le temps n’existe que dans l’esprit.

 

 

Qu'est-ce qui vous inspiré sur le titre ''My feeling'' ?

 

Makhtar Sall : Nous voulons que notre patrimoine culturel soit promu. Nous l’allions au hip-hop pour en faire quelque chose d’original et d'agréable à consommer. Ainsi, exporter notre musique et notre culture devient facile. ''My feeling'' nous a ouvert plein d’opportunités. Nous pensons pouvoir faire plus que ''My feeling''.

 

Nous avons enregistré ce titre il y a sept ou huit ans. Mais pour nous, il y manquait des choses, nous n'avons pas voulu le sortir sans l’élément manquant. Nous avons cherché et trouvé ; avec la calebasse nous l’avons réussi. Nous avons cherché des sonorités pouvant aller avec, que nous avons harmonisées sur un beat hip-hop. C’est cette symbiose-là que nous cherchions. Et c’est Baïdy qui a joué les partitions avec la calebasse. Cette chanson est une fierté.

 

 

Pourquoi cette envie de vous démarquer ?

 

Baïdy Sall : Comme je le dis souvent, Bideew bu bess est né pour innover. Nous sommes là pour rompre avec ce que l’on entend chaque jour. C’est notre sacerdoce, il est lourd mais c’est nous-même qui nous sommes assignés cette mission-là. Quand on dit ''Bideew Bu Bess'', le ''bess'' veut dire apporter toujours du nouveau. C’est une auto-condamnation. Il y a aussi que quand nous étions petits, nous écoutions différentes musiques. Nous vivions en ces moments-là à Saint-Louis. Notre papa était instituteur. Il écoutait différentes musiques allant de celle hindoue aux frères Touré Kunda, en passant par Baaba Maal et Youssou Ndour.

 

Nous avons formé notre groupe en 1994. Et dès nos débuts, ces influences se sont fait sentir dans nos compositions, même si le hip-hop est notre base. Nous restons quand-même traditionalistes. Et c’est moi qui joue de la calebasse. Ce n’est pas que je l’ai vu quelque part, je l’ai senti et je l’ai fait. Tout comme Ibrahim, c’est quand Makhtar était malade et que nous lui tenions compagnie qu’il a appris à jouer de la guitare. Nous faisons tout naturellement et en toute sincérité.

 

Maintenant, ce que nous faisons, c’est de la world music ou du hip-hop ; nous ne voulons pas nous attarder sur ce débat. Nous voulons participer au développement de notre pays, que cela soit du hip-hop ou autre chose. Nous y allons avec les risques, car c’est cela la musique.

 

 

 

Comment préparez-vous l'anniversaire de votre groupe ?

 

Makhtar Sall : C’est notre 17e anniversaire. Nous tenons à en faire quelque chose de grand. Plus grand que les années passées. Et nous pensons que c’est possible. L’anniversaire sera fêté sur quatre jours, les 28, 29 et 30 décembre et nous bouclons le 1er janvier. Nous avons tenu aussi à donner un cachet social à l’anniversaire.

 

Le 28 décembre, nous procédons à un don de sang avec Bideew Family ; nous y invitons toute la population sénégalaise ainsi que tous les musiciens, car la plupart des banques de sang du Sénégal sont en manque. Nous allons essayer de sensibiliser le maximum de gens sur cela. Si Dieu nous donne les moyens, il est aussi prévu un don à une pouponnière. Nous ne voulons pas trop parler de ces actions, car nous ne le faisons pas pour que cela se sache. Nous le faisons pour aider des gens.

 

 

 

Et vous prévoyez de faire quoi le 29 décembre ?

 

Makhtar Sall : Nous avons commencé à fêter notre anniversaire dans une maison, puis dans les boîtes de nuit. Aujourd’hui, nous voulons essayer Sorano. Les hip-hoppeurs n’y vont plus sous prétexte que le rap ne marche plus. Nous, nous y prévoyons une grande soirée le 29 décembre. Il y a 2000 places dans cette salle, et nous voulons relever le défi de la remplir. Nous allons y arriver. La musique que nous faisons est assez large pour toucher le maximum de public et faire déplacer le maximum de mélomanes à Sorano.

 

Baïdy : Il paraît qu’il n’y a que Djiby Dramé et certains gars qui arrivent à remplir la grande salle de Sorano. Nous avons eu à relever beaucoup de défis, remplir Sorano entre dans ce cadre, et nous prévoyons un riche plateau le soir. Il y aura de la musique traditionnelle et de la musique moderne. Les gens découvriront plein de choses le jour-j. Juste pour dire aussi que le 29 décembre, les mélomanes découvriront Bideew Bu Bess sous toute son originalité.

 

 

Quels sont vos invités ?

 

Makhtar Sall : Il y a Baaba Maal, notre oncle, qui est notre invité d’honneur. Les autres, c’est d’office : il y a Simon et le Jolof For Life, Gelongal, Carlou D et tous les hip-hoppeurs. C’est la fête du hip-hop, pas seulement celle de Bidew Bu Bess.

 

Baïdy Sall : Nous attendons également des chanteurs de mbalax. Pape Diouf est invité : s’il est là (à Dakar) il sera de la partie. Nous avons aussi convié Waly Seck et Ndèye Diouf Mou Serigne Fallou. D'ailleurs, nous écoutons Ndèye Diouf et prévoyons de faire des choses avec elle. Ce sera donc un rendez-vous de grands très classe, avec un grand concert spectacle sons et lumières.

 

 

Quelle est la suite du programme ?

 

Le 30 décembre et le 1er janvier, nous prévoyons un grand concert ''Deloo njukël'' à Keur Massar. Nous avions déménagé à Keur Massar pour y passer quatre mois, pour juste le temps d’aller en tournée. Je suis tombé finalement malade et nous y sommes restés pendant quatre ans. Les gens qui habitent là-bas nous ont beaucoup soutenus.

 

Ils se sont réunis en fan club et ont organisé des soirées pour nous aider à sortir notre album. Nous leur avons demandé de ne pas se cotiser cette année, nous leur offrons un concert live gratuit. Et le 1er janvier, nous irons à Gorée avec nos invités, dont Tony Varcker, un artiste multi-instrumentiste américain qui vient avec son école et Gokh Bii Système.

Bigué BOB

 

 

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