Publié le 15 May 2024 - 17:08
CONSEIL INTERMINISTÉRIEL SUR LA PRÉPARATION DE LA TABASKI 2024

Sonko veut mettre fin à la dépendance en moutons

 

Le Conseil interministériel dédié à la préparation de la Tabaski, qui s'est réuni autour du Premier ministre Ousmane Sonko, a validé une quinzaine de mesures visant à garantir la sécurité, le financement et l'aménagement de points de vente des moutons au profit des consommateurs sénégalais. Pour Ousmane Sonko, ces mesures doivent, à terme, mettre fin aux déficits structurels que rencontre notre pays dans l'approvisionnement en moutons, obligeant ainsi l'État à recourir aux pays étrangers pour approvisionner le marché sénégalais.

 

La fête de la Tabaski pose chaque année la problématique de l'approvisionnement en moutons du marché local. À l'occasion du Conseil interministériel sur la préparation de la Tabaski qui s'est tenu hier à Diamniadio sous la direction du Premier ministre Ousmane Sonko, les différents acteurs du secteur de l'élevage, autorités administratives, associations d'éleveurs, responsables sécuritaires et des services vétérinaires et de secours ainsi qu'une dizaine de ministres, dont des Forces armées, de l'Intérieur, de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage, des Finances et du Budget, du Commerce, entre autres, ont échangé sur le dispositif de la Tabaski 2024.

À l'issue de cette rencontre, le chef du gouvernement a réclamé le respect d'une quinzaine de mesures visant à assurer la sécurité, le financement et l'aménagement des points de vente ainsi qu'un certain nombre de dispositifs visant à faciliter l'acheminement des moutons depuis les pays frontaliers comme le Mali, la Mauritanie et la Gambie.

Pour Ousmane Sonko, la Tabaski, qui est un moment de forte consommation d'aliments pour bétail et de produits maraîchers souvent très chers, est marquée par un manque criant d'infrastructures de stockage et de conservation. D'après l'ancien maire de Ziguinchor, l'opération Tabaski 2024 doit servir de cadre à une plus grande réflexion pour résoudre les défis structurels qui empêchent d'atteindre les objectifs d'autosuffisance en moutons.

"Il faut des solutions structurelles pour approvisionner le marché sénégalais lors des fêtes et événements religieux. L'année dernière, les besoins d'approvisionnement en moutons s'élevaient à 800 000 têtes. Notre objectif avec le ministère de l'Agriculture doit être d'augmenter le cheptel jusqu'à atteindre 1,5 million ou 2 millions de têtes pour que notre pays soit autosuffisant en moutons", affirme le chef du gouvernement dans son discours de clôture de la réunion.

Acheminement des moutons

Dans l'optique d'une bonne préparation de la fête de la Tabaski, il est demandé au ministre de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage, en relation avec celui de l'Intégration africaine et des Affaires étrangères, d'échanger avec les autorités mauritaniennes et maliennes pour faciliter l'importation de moutons ainsi qu'avec les autorités gambiennes pour le transit du bétail vers les régions sud du pays, peut-on lire dans le communiqué final sanctionnant les résolutions du Conseil interministériel.

Pour faciliter cet acheminement du bétail depuis l’extérieur, le ministre des Finances et du Budget, en relation avec le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique et le ministre de l'Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l'Aménagement des territoires sont invités à veiller à l'application stricte des mesures d'exonération des droits et taxes sur les moutons de Tabaski à l'entrée du Sénégal, le long des axes routiers, au niveau des zones d'attente et des points de vente.

Toujours dans le document, les forces de défense et de sécurité sont appelées à assurer l'assouplissement du contrôle des camions et véhicules transportant des moutons à destination du Sénégal, sans préjudice des règles de sécurité routière, a fait savoir le texte lu par le secrétaire général du gouvernement.

Spéculation sur le prix des bêtes

Par ailleurs, les nouveaux responsables sénégalais entendent aussi lutter contre la spéculation concernant le prix des bêtes qui marquent souvent cette période. Dans ce sens, le Premier ministre a exhorté le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, en relation avec le ministre de l'Industrie et du Commerce et le ministre de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage, à veiller au respect de la tarification consensuelle pour le convoyage des animaux issue des concertations entre les transporteurs et les opérateurs de moutons de Tabaski, et à assurer la disponibilité de mécanismes de financement d'opérations Tabaski sur des durées supérieures à un an, a fait savoir le texte qui invite aussi les services du ministère du Commerce à veiller à l'approvisionnement correct du marché en denrées de grande consommation (oignons, huile, pomme de terre notamment).

Ses collègues du ministère de l'Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l'Aménagement des territoires, de l'Hydraulique et de l'Assainissement et de l'Énergie, du Pétrole et des Mines ainsi que les maires sont, de leur côté, invités à mettre sur pied l'aménagement de points de vente autorisés, la fourniture d'électricité au niveau des points de vente, la mise à disposition d'un certain nombre d'équipements pour faciliter la vie des éleveurs et des vendeurs de moutons.

Le ministre de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage est, lui, invité à finaliser dans les plus brefs délais les textes d'application de la loi n°2023-19 du 18 décembre 2023 portant Code pastoral relatif à la répression du vol de bétail pour assurer la sécurité des vendeurs et de leurs bêtes.

 

POLITIQUE DE SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE

Le Pm engage la relance de la filière viande

Le programme de souveraineté alimentaire que prône le nouveau gouvernement doit aussi s'établir sur un renforcement du cheptel national et garantir l'autosuffisance dans le domaine de l'élevage, a indiqué Ousmane Sonko qui s'empresse d'indiquer que la hausse exponentielle du prix de la viande de mouton est passée de 2 782 à 4 338 F CFA, soit une hausse de 1 556 F CFA, alors que le prix de la viande de bœuf est lui passé de 2 319 à 3 780 F CFA, soit une hausse de 1 461 F CFA en valeur absolue, entre 2014 et 2023, selon l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD).

Cette hausse, ajoute-t-il, a rendu difficile la consommation de viande pour la plupart des ménages sénégalais. Dans cette optique, le Premier ministre compte accentuer la chaîne de valeur de l'élevage et répondre aux besoins domestiques des Sénégalais en matière de consommation de viande. Ainsi, le ministre de l'Agriculture et de l'Élevage est appelé à assurer le recensement du cheptel pastoral et à renforcer les échanges avec les acteurs de la filière afin de mettre en œuvre des solutions structurelles pour moderniser l'élevage au Sénégal.

Mamadou Makhfouse NGOM

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