Le gouverneur de Dakar prêt à mener la croisade contre la violence

Le gouverneur de Dakar a rencontré, hier, les acteurs de la lutte sénégalaise pour trouver une solution à la recrudescence de la violence lors des combats. Lors de cette réunion, à laquelle ont pris part les forces de l’ordre et de défense, Ousmane Kane a exprimé toute sa détermination à mettre fin à ces agissements.
Le gouverneur de Dakar est décidé à enrayer la violence notée lors des combats de lutte. Lors d’une réunion, hier, avec les acteurs de l’arène nationale, Ousmane Kane a laissé entendre toute sa détermination à mettre fin aux actes de violence qui hantent la quiétude des populations, notamment à la fin des grandes affiches. ‘’On n’aura aucune difficulté à réprimer. Si on déclare que cela doit prendre fin, ce sera ainsi par la force’’, a martelé le gouverneur.
Ce dernier, visiblement exaspéré par les actes d’agression, comme le Simol (agression en meutes) sur la voie publique, veut remettre de l’ordre dans la capitale sénégalaise. ‘’Ce qui ne peut pas continuer, il faut l’arrêter. Ils ne prendront jamais le dessus sur nous, ce n’est pas possible. Le Sénégal a vécu des situations pires que ça et quand l’administration s’en est occupée, les choses sont rentrées dans l’ordre. La violence va cesser, quels que soient les moyens. En tout cas dans la région de Dakar que je gouverne. La sécurité des populations est prioritaire et elle est non négociable. La vocation de l’administration est de préserver l’intérêt général. Et cela, on ne va jamais le perdre de vue.’’
Mettre en place des stratégies inclusives
Toutefois, M. Kane privilégie la concertation, afin de trouver des stratégies inclusives. ‘’Mais on préfère que cela se fasse par la prévention en privilégiant le dialogue. On doit en discuter et trouver des solutions. Nous sommes tous responsables. La solution ne peut venir que de nous’’, a-t-il indiqué.
Le président de la Fédération sénégalaise de lutte (FSL) a remercié et salué la démarche du gouverneur. Car, a-t-il renseigné, celui-ci avait pris la décision d’‘’arrêter définitivement la lutte’’, avant de sursoir à sa mise en pratique sur sa demande. ‘’Je lui ai demandé de nous accorder du temps et de nous accompagner‘’, a-t-il ajouté.
Au-delà du dialogue avec les autorités, le président de la FSL encourage les échanges entre acteurs. ‘’Il faut qu’on revienne aux fondamentaux. On doit éviter qu’on nous accuse. On doit s’arrêter et voir qu’elle est la meilleure solution. On doit se réunir entre nous et trouver des solutions concrètes et durables’’, a déclaré Bira Sène.
En tant qu’homme du sérail, pour avoir dirigé le CNG pendant deux ans, le président de la Fédération de lutte a souligné les faiblesses des structures de l’arène, notamment les écuries. ‘’On a un ventre mou, une faiblesse, ce sont les écuries, qui ne fonctionnent pas. Ce sont nos associations de base, mais elles ne fonctionnent pas normalement’’, a-t-il noté.
Selon lui, ces écoles de lutte pourraient jouer un rôle crucial dans le combat pour l’éradication de la violence dans la discipline. ‘’Dans les années 1970, 1980, il y avait des phénomènes. Mais on les réglait à travers des thés débats. Les écuries doivent organiser des thé débats et inviter les acteurs au dialogue, sensibiliser sur la sportivité, le fair-play, le civisme.’’
La FSL intransigeante
Lors de la passation de services avec le président du CNG, le 22 janvier 2026 dernier, le président de la Fédération sénégalaise de lutte avait pris l’engagement de ‘’redorer l’image de la lutte et lui donner la personnalité qu’elle mérite’’. Il semble que cette déclaration n’a pas été bien comprise par les acteurs, notamment les lutteurs. Puisque quelques jours après cette cérémonie, des incidents sont survenus lors du face-à-face entre les lutteurs Mamour Diop, dit Talfa et Amanekh Seck dit Amanekh, au CICES, le 25 janvier 2026.
La FSL, à travers sa Commission des règlements et discipline (CRD), a sévi contre les deux adversaires. Ainsi, une suspension d’un an, dont six mois ferme, a été infligée à Talfa, de l’écurie Door Doraat, alors que son vis-à-vis, Amanekh de l’écurie Lébougui a écopé d’un avertissement.
Quelques jours plus tard, le 30 janvier, un autre incident s’est produit encore dans un face-à-face où le lutteur Ibrahima Badiane, dit Petit Baye Fall, a asséné deux coups de poing à son adversaire, Babacar Diallo, dit Boy Dakar. Cette fois-ci la commission a eu la main très lourde en suspendant Petit Baye Fall de toute activité relevant de la Fédération sénégalaise de lutte pour une durée de trois ans ferme. Il lui a été enjoint le remboursement intégral de l’avance financière perçue auprès du promoteur dans le cadre de ce combat.
En plus de ces mesures individuelles, le Fédération de lutte a pris des décisions fortes face à cette montée de violence. Dans un communiqué rendu publique ce mercredi, la FSL a annoncé la suspension, à titre conservatoire, de tous les face-à-face et open presse jusqu’à nouvel ordre. ‘’J’assume la décision que j’ai prise, car je l’ai pris en toute responsabilité’’, a indiqué le président de la Fédération de lutte, hier, face à la réprobation des promoteurs de lutte.
Ces derniers ne sont pas d’accord avec la suspension des face-à-face et open presse. Le président de l’instance dirigeante de la lutte sénégalaise a salué le travail des forces de l’ordre et de la défense, qui ont pris part à la rencontre avec le gouverneur. Le commissaire central de Dakar, Mamadou Tendeng, commissaire de police divisionnaire, a affirmé sa ferme volonté de combattre les fauteurs de troubles. Dans ce sens, il a annoncé le renforcement des moyens dédiés à la sécurisation des populations, lors de ces manifestations de l’arène sénégalaise.
LOUIS GEORGES DIATTA






