Mouhamadou Moustapha Sarr condamné à un an de prison ferme

Poursuivi pour apologie publique au crime, menaces de mort et injures par le biais d’un système informatique, Mouhamadou Moustapha Sarr a été reconnu coupable et condamné à un an de prison ferme. Il a fait face, avant-hier, aux juges du tribunal des flagrants délits de Dakar.
L’affaire remonte à une vidéo largement partagée sur Internet, dans laquelle Mouhamadou Moustapha Sarr s’en prenait violemment à l’opposant Ousmane Sonko et à l’ethnie diola. Il avait notamment déclaré qu’’’un Diola ne serait jamais président, si ce pays n’était pas une démocratie’’, allant jusqu’à proférer des menaces d’assassinat contre Sonko : ‘’Il faut le tuer pour que le pays ait la paix’’, lançait-il.
Le tribunal a également diffusé un audio accablant dans lequel Sarr évoquait des attaques contre les forces de l’ordre et appelait à l’intervention étrangère pour ‘’éliminer’’ Sonko, usant d’insultes d’une violence extrême à son encontre.
Interrogé par le juge sur la portée de ses propos, Sarr a tenté de se justifier en plaidant la colère : ’’J’étais en colère et je me sentais trahi. Je demande pardon. J’ai 48 ans et je n’ai jamais eu maille à partir avec la justice’’, a-t-il déclaré, visiblement abattu par la tournure de son affaire.
Mais ses explications n’ont pas convaincu le parquet, qui a dénoncé un discours dangereux, menaçant la stabilité du pays : ‘’Vous êtes trop petit pour menacer la paix du Sénégal. Ces discours incendiaires ont plongé d’autres pays dans des guerres ethniques sanglantes. Le Sénégal est un pays de paix et nous ne laisserons pas de tels propos prospérer’’, a martelé le procureur.
Du même avis que le représentant du ministère public, le juge a rappelé la nécessité, pour la justice, de jouer son rôle afin d’éviter que le Sénégal ne sombre dans les divisions ethniques et les violences politiques : ‘’Nous n’accepterons plus que ce pays soit mis à feu et à sang. La paix du Sénégal est une conquête précieuse et elle le restera’’, a-t-il averti.
Le ministère public, soulignant la recrudescence des affaires similaires, a requis deux ans de prison ferme pour dissuader toute récidive et préserver la cohésion nationale.
En dernier recours, Sarr a tenté un ultime plaidoyer, implorant l’indulgence du tribunal : ‘’Je demande pardon. C’était une erreur. Ne me suivez pas dans ma colère. Je ne pensais pas que cette affaire prendrait une telle ampleur’’, a-t-il regretté.
Mais le tribunal a tranché. Il a infligé un an de prison ferme à Mouhamadou Moustapha Sarr.
MAGUETTE NDAO