Publié le 20 Oct 2015 - 20:33
FINANCEMENT DE LA CEDEAO

Ces menaces que fait planer le Nigeria

 

Les tensions de trésorerie qui frappent la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) pourraient s’accentuer si le Nigeria met à exécution sa décision de geler sa contribution financière au sein de l’organisation communautaire sous régionale. Le géant de la CEDEAO entend en effet mettre en berne sa participation financière jusqu’à nouvel ordre, le temps que d’autres pays membres respectent leurs engagements financiers.

Avec le Ghana et la Côte d’ivoire, le Nigeria est l’un des principaux contributeurs à la santé de la trésorerie de la CEDEAO dont certains des 15 pays membres traînent de grosses ardoises sur leurs engagements financiers. C’est pourquoi l'organisation sous régionale, qui a récemment célébré ses 40 ans d'existence, vit des moments difficiles à cause des pressions budgétaires qui frappent ses principaux contributeurs. Le Nigeria et le Ghana pâtissent de la chute générale des prix du pétrole alors que la Côte d'Ivoire tente à peine de soigner les séquelles persistantes de la guerre civile qui a compressé ses capacités à secouer davantage son portefeuille.

Des sources très haut placées à la Commission de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest  nous confirment que non seulement beaucoup de pays membres sont en défaut de paiement de leurs cotisations, mais ils peinent à respecter leurs obligations. "L’organe qui souffre le plus de cette situation de crise de liquidités est la cour de justice de la CEDEAO qui a du mal à faire face au paiement des salaires de ses travailleurs. Et cette situation pourrait bientôt s'étendre aux autres démembrements, si rien n’est fait", explique notre source.

En coulisses, les diplomates de la CEDEAO admettent que certains des problèmes de trésorerie étaient déjà prévisibles de longue date car, déclare une de nos sources à Abuja : "La CEDEAO s’est infligée ce désordre profond. Il y a une duplication inacceptable des fonctions et une création inutile de bureaux à la pertinence douteuse pour le fonctionnement de la Commission. La conséquence est un effectif pléthorique et une bureaucratie qui pèsent lourd sur les finances de la commission", explique notre source.

Il faut dire que le Nigeria a bien choisi son moment pour mettre la pression sur les autres pays membres de la CEDEAO car de grosses échéances sont sur la table de sa Commission, notamment les prochaines élections en Côte-d'Ivoire après celles qui viennent de se terminer en Guinée, et les élections repoussées au Burkina Faso dont le Nigeria a grandement contribué au financement.

Nos sources sont d’ailleurs formelles, après le coup de gueule du Nigeria : une réunion d'urgence de la commission est en élaboration pour pousser les pays défaillants à payer leurs cotisations.

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