Publié le 17 Mar 2025 - 19:26
GRAND PRIX DE L'ÉDITION AFRICAINE 2024

Les éditions Jimsaan doublement consacrées à Paris

 

La maison d'édition Jimsaan remporte le Grand Prix de l'édition africaine 2024. Felwine Sarr, son co-fondateur, le Grand Prix Afrique de la Nouvelle. 

 

La littérature sénégalaise vient d'être honorée au Salon du livre africain de Paris 2025, un rendez-vous incontournable pour les éditeurs et les curieux. Il s'est déroulé du 14 au 16 mars 2025 à la Hall des Blancs Manteaux, 48 rue Vieille du Temple, dans le 4e arrondissement de Paris. Plus 180 auteurs et des dizaines de maisons d'éditions africaines ou diasporiques ont été représentés, avec comme pays hôtes le Brésil et Cameroun. Un salon dont l'apport est crucial, dans la mesure où il permet aux auteurs, notamment francophones, d'être mis en exergue. Une véritable migration littéraire pour dénicher ces talents africains parfois en sourdine. 

Cette rencontre de haute facture, qui avait pour thème “Voyage(s) en diaspora(s)”, vient d'être bouclée ce dimanche dans le quartier du Marais parisien, avec une satisfaction notée dans le monde littéraire au Sénégal.

En effet, la maison d'édition Jimsaan, fondée depuis 2013 par les auteurs Nafissatou Dia, Félwine Sarr et Boubacar Boris Diop, vient d'être distinguée par le salon, en lui décernant le Grand Prix de l'édition africaine 2024. 

Face au journaliste sénégalais Abdoulaye Cissé qui a recueilli à chaud sa réaction, Nafissatou Dia montre toute sa joie et sa reconnaissance aux organisateurs et à ses partenaires, au premier chef la maison d'édition Philippe Rey et à l'ensemble de leurs lecteurs. “Ce Grand Prix de l'édition africaine imprime sa marque, car demeurant, soutient-elle, une ancienne et prestigieuse distinction qui magnifie le travail des maisons d'éditions africaines qui manquent de moyens, comparées à celles occidentales". A noter que la maison d'édition Jimsaan s'est positionnée comme actrice de premier plan aux éditions africaines, notamment sénégalaises. Et, en apothéose, son co-fondateur, l'écrivain sénégalais Félwine Sarr, s'est également illustré, en terminant sur une note plus que satisfaisante en remportant à son tour le Grand Prix Afrique de la Nouvelle 2024 avec son recueil de nouvelles “Le bouddhisme est né à Colobane”, publié en 2024 aux éditions Jimsaan/Philippe Rey. Une consécration pour ce recueil époustouflant mêlant une réflexion sur l'amour entre la fiction et le récit autobiographique. Une lecture quasi alambiquée pour un néophyte qui se cherche, cependant traitant des questions existentielles comme à l'accoutumée de l'auteur, une invite à la méditation sur des aspects cruciaux qui gouvernent nos vies tels que l'amour, la vie, la mort... Un recueil de 112 pages mettant en scène des personnages atypiques comme Fodé, Aby, Teibashin...

Pour l'auteur, "le bouddhisme est un clin d'œil, parce que dans l'idée du bouddhisme, il y a l'idée de voir les choses en toute lucidité, accepter le mouvement des choses, ce qu'on appelle l'impermanence que les phénomènes de la vie passent, se transforment et avancent avec sagesse".

En marge de ce salon, le récipiendaire s'est confié toujours à Abdoulaye Cissé, exhibant toute sa fierté par rapport à la reconnaissance de ce recueil. Il daigne une compréhensibilité certes délicate, mais "très heureux qu'il ait eu ce prix".

Pour rappel, Félwine Sarr est philosophe, économiste, enseignant la philosophie africaine contemporaine et diasporique à l'université de Duke aux USA, après avoir longtemps servi à l'université Gaston Berger de Saint-Louis.

En outre, il faut rappeler que le Grand Prix Afrique 2025 a été remporté par la Camerounaise Hemley Boum, pour son roman "Le rêve du pêcheur" publié aux éditions Gallimard 2024. Une sélection difficile, car âprement discutée avec de grands noms comme Djaïli Amadou Amal, Christian Eboule, Éric Mukendi, Felwine Sarr et Véronique Tadjo.

Par Ablaye Touré (stagiaire)

Section: 
MÉDINA SOUS TENSION : Docta remercie les autorités et appelle à la vigilance collective
EXPOSITION « IL ÉTAIT UNE FOIS GAZA » : Gaza, l'exposition qui veut réveiller les consciences
MOUSTAPHA NAHAM, ARTISTE : “Le Dialawaly Festival doit devenir le grand rendez-vous culturel du Waalo”
OSCARS DES TALENTS 2026 : DEM COM mise sur la culture pour retenir les jeunes
MOSAÏQUE D'HUMANITÉ Quand une psychiatre raconte les blessures invisibles
MASSAMBA GUEYE PARLE DE BABACAR MBAYE NDAAK : L’adieu d’un compagnon de mémoire
FDCUIC : Nitdoff démissionne, Red Black se positionne
HEMLEY BOUM À DAKAR : Quand la mémoire devient une terre d’exil
SAINT-LOUIS : 1ère ÉDITION DU FESTI GAAL : Les acteurs se dressent pour la sauvegarde de la pêche artisanale
MOSAÏQUE D’HUMANITÉ : Katy Sène Mbaye invite à une pause intérieure
POSITIVE BLACK SOUL : PBS promet un show inédit le 8 août
Sodav- plus de 53 millions à verser aux artistes
RESTITUTION, RECHERCHE ET NUMÉRIQUE : Les chantiers d’Abdou Simbandy Diatta
CULTURE : UNE PRÉCARITÉ QUI S’INSTALLE : Les animateurs culturels haussent le ton pour exiger leur intégration
WORK IN PROGRESS : À Dakar, l’art ralentit la ville
DIALAWALY FESTIVAL Dagana célèbre Ady Aïdara, gardien de la mémoire du Waalo
LE 14 JUILLET SOUS LE SIGNE D'UNE PAGE QUI SE TOURNE Christine Fages fait ses adieux au Sénégal
INFLUENCEURS CULTURELS : Les nouveaux critiques musicaux ?
DANS LA PEAU DU RECRUTEUR : Et si le secret d'un emploi se trouvait dans la tête du recruteur ?
LA GRANDE NUIT DU CONTE : Quand les contes rallument la mémoire collective