Pape Malick Ndour retrouve la liberté sous bracelet électronique

Nouveau tournant dans l'affaire dite Prodac. La Chambre d'accusation financière du Pool judiciaire financier (PJF) a accordé, hier, une liberté provisoire à l'ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour. L'ancien coordonnateur du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac) quitte ainsi la maison d'arrêt et de correction de Rebeuss, où il était détenu depuis le 15 mai dernier, mais demeure placé sous surveillance électronique.
Selon la décision rendue par la juridiction, l'ancien ministre devra porter un bracelet électronique, limiter ses déplacements à la région de Dakar et respecter une assignation à résidence quotidienne entre 21 heures et 6 heures du matin.
Cette décision intervient après plusieurs mois de bataille judiciaire. Inculpé en novembre 2025 pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux dans le cadre de l'affaire Prodac, Pape Malick Ndour avait, dans un premier temps, bénéficié d'une liberté provisoire sous bracelet électronique accordée par le juge d'instruction.
Le parquet financier s'était toutefois opposé à cette mesure et avait interjeté appel. Saisie du dossier, la Chambre d'accusation financière avait annulé cette ordonnance et ordonné son placement sous mandat de dépôt.
La défense avait alors saisi la Cour suprême d'un pourvoi en cassation afin de contester cette décision. Mais la haute juridiction avait rejeté le recours, validant le mandat de dépôt et ouvrant ainsi la voie à son incarcération effective le 15 mai dernier.
Après cet échec, les avocats de l'ancien ministre sont revenus devant la Chambre d'accusation financière pour solliciter la levée du mandat de dépôt. La juridiction a finalement fait droit à cette nouvelle requête, estimant que le maintien en détention pouvait être remplacé par une mesure de contrôle judiciaire renforcé.
Pape Malick Ndour retrouve ainsi la liberté, mais sous des contraintes strictes. Le bracelet électronique, déjà envisagé au début de la procédure avant d'être annulé, redevient le principal dispositif de contrôle de l'ancien ministre.
Cette mesure ne met toutefois pas un terme aux poursuites engagées contre lui. L'instruction du dossier se poursuit et les charges retenues contre l'ancien coordonnateur du Prodac demeurent inchangées.
L'affaire porte sur des irrégularités présumées relevées dans la gestion du PRODAC. Les enquêteurs reprochent à Pape Malick Ndour des faits d'association de malfaiteurs, de détournement de deniers publics et de blanchiment de capitaux portant sur un préjudice estimé à environ 2,7 milliards de francs CFA.
L'ancien ministre a toujours contesté ces accusations, dénonçant une procédure qu'il juge infondée. La décision prise hier constitue donc davantage un changement des modalités de sa détention qu'une évolution sur le fond du dossier. Elle n'efface ni les poursuites ni l'instruction en cours.
Par ailleurs, cette décision pourrait ne pas être le dernier épisode procédural. Le parquet financier dispose encore de la possibilité d'exercer un recours contre cette liberté provisoire sous bracelet électronique, ce qui pourrait ouvrir un nouveau chapitre dans cette affaire judiciaire particulièrement suivie.






