Publié le 17 Mar 2021 - 18:49

La pseudo révolution sonkiste

 

Après son inculpation pour viol aggravé et pédophilie assorti d’un contrôle judiciaire par le juge d’instruction près du tribunal hors classe de Dakar en charge du dossier Adji Sarr-Ousmane Sonko, ce dernier crie victoire et proclame la révolution consécutivement à une intifada orchestrée dans le pays.

Cependant, il reste constant que  les mouvements  provoqués de foule, n’ont pas empêché à la justice de suivre son cours normal procédural qui a abouti à une mise en accusation du député Ousmane Sonko, en  dépit des pressions. S’il devrait avoir une victoire, ce serait celle des institutions qui ne se sont pas soustraites à leurs missions régaliennes , en particuliers de la justice qui a instruit une affaire conformément à sa charge, à la suite d’une plainte d’une citoyenne de son état, car, justice doit être rendue au nom du peuple en cas de saisine .

S’il devrait avoir une défaite,  ce serait bien celle du député Ousmane Sonko, car, une gravissime mise en accusation pour actes criminels pèse lourdement sur ses épaules, même s’il est en semi-liberté . Le contrôle judiciaire est une forme de privation de libertés différentes de la détention préventive, lequel peut être pris par le juge dans certaines circonstances, notamment, pour apaiser les tensions. L’attitude qui consiste à se mettre dans la posture de victimisation pour cette affaire de mœurs en supposant un complot d’état imaginaire pour éliminer un adversaire politique et d’appeler les populations à un ‘’mortal combat ‘’   était la meilleure manière pour lui de se tirer d’affaire d’une aussi grande faute, s’il en est, pour un homme politique de premier rang politique dans un Sénégal où la question des bonnes mœurs est centrale dans l’imagerie populaire.  

Cette méthode qui consiste à convoquer des questions politiques sans aucun lien  avec une affaire de mœurs  dont on est impliqué  lorsque celle-ci éclate, est la meilleure façon de troubler les esprits et semer le doute dans l’opinion ; A ce titre, la théorie  machiavélique  de Goebbels trouve ici toute sa substance. En effet,’’ plus le mensonge est gros, mieux il passe’’ et le peuple ne comprendra que plus tard, alors que les dégâts sont considérables. nous saisissons bien le national populisme comme stratégie  politique chez le leader du pastef pour apparaitre aux yeux de l’opinion comme un messie et pour faire croire aux populations l’illusion en agissant sur l’émotion des populations .

Ce courant de pensée qui touche aussi bien des sensibilités politiques extrémistes de droite , de gauche ou religieuses qui veulent arriver au pouvoir par des moyens non vertueux ,  prend surtout des aspect démagogiques en soutenant ou en préconisant des solutions simplistes à divers problèmes sociaux .Or, dans ce contexte de mondialisation effective et son corollaire de déplacement des populations , le national populisme est devenu une propagande pour des politiciens peu vertueux pour accrocher des populations qui croient que les étrangers sont à l’origine de leurs difficultés économiques.

A ce propos, Grezel Christian disait ‘’que l’homme politique est devenu un si habile manipulateur qu’il se rapproche de l’illusionniste’’,  ce à quoi Emile de Girardin ajoutait, ‘’que la politique d’illusions est une politique fatale, elle conduit à la décadence’’.  Mais, le plus cocasse  dans cette  histoire  de mœurs est quand le leader du pasteef décrète à partir de là une révolution au Sénégal, balayant ainsi de la main désormais la voie démocratique comme unique moyen d’accéder au pouvoir par l’expression libre du suffrage des populations.  La révolution est définie comme un renversement  brusque d’un régime politique par la force contre un ordre établi, un changement  violent dans la structure politique et social d’un état.

Or, la plus part des membres de pastef sont de petits bourgeois  loin  des masses paysannes et de la classe ouvrière. En raison de ce grand écart avec les masses laborieuses pour conduire une vraie révolution, Pastef utilise la jeunesse surtout estudiantine fortement modelée par les réseaux sociaux et autres supports multimédia en exploitant leurs difficultés d’intégration économique et social, mais, ces derniers ont surtout un désir d’incorporation et perdront toute spontanéité dès qu’ils participeront à la gestion de la société. Cette jeunesse désœuvrée est la cible de propagandistes populistes pour simplement entretenir des révoltes, précisément parce qu’elle n’est pas équipée  pour résister, pour endurer, bref, pour faire une révolution. C’est dire que la révolution sonkiste  proclamée est simplement une fuite en avant pour se soustraire du temple de Thémis qu’il redoute tant.

Au demeurant, pour cette histoire de mœurs transformée par la volonté d’Ousmane Sonko en une affaire politico judiciaire afin d’échapper au glaive de Thémis ou au mieux à une réprobation morale des populations, nous avons relevé des appels du pied aux sécessionnistes et autres conspirateurs djihadistes ou lobbyistes du pétrole ou du gaz pour lui servir de bouclier. A ce titre, Ousmane Sonko foule au pied  manifestement la cohésion nationale et nos institutions en refusant de répondre à la convocation de la   gendarmerie nationale, à celle de ses collègues de l’assemblée nationale et à dame justice au point de se voir signifier un mandat d’amener, mais surtout,  en décrétant une pseudo  révolution pour sortir sans frais de l’ornière dans laquelle il s’est volontairement empêtré.

Kadialy Gassama, Economiste

Rue Faidherbe X Pierre  Verger

Rufisque

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