Publié le 6 Apr 2013 - 10:05
NON RESPECT DE LA DÉCISION DE LA CEDEAO

 Pour Amnesty, Macky doit «se rattraper»

 

En faisant fi de la décision de la Cour de justice de la CEDEAO sur la gestion des biens mal acquis, le Président Macky Sall est en train de «descendre plus bas» que le président Jammeh.

 

 

Aussi lointain dans l’histoire, il émerge, selon le président d’Amnesty Seydi Gassama, un seul chef d’Etat qui a récusé une décision de la Cour de justice de la CEDEAO. Il s’agit du président gambien Yaya Jammeh. Et d’ailleurs très vite, Jammeh s’était rattrapé en demandant aux Nations-unies de venir enquêter sur le journaliste qui avait disparu et pour lequel il avait été condamné. Dans la démarche, le président sénégalais a été comparé au dictateur gambien.

 

Pire, de l’avis de la section sénégalaise d’Amnesty international, Macky Sall est en train de ‘’descendre plus bas’’ que Jammeh en transgressant l’arrêté de la Cedeao. Un arrêté qui a pourtant été clair : l’Etat du Sénégal est dans l’illégalité en empêchant les dignitaires du Pds d’aller et de venir. Le président d’Amnesty de demander à Macky Sall de prendre ses responsabilités parce que c’est lui qui a été élu et que ce sont les chefs d’Etat qui engagent leur pays en matière de traités internationaux.

 

Il a averti que le Sénégal risquait de devenir un Etat paria, «un Etat avec lequel on ne doit pas s’engager parce qu’il ne respecte pas ses engagements». Il faut que Macky Sall se «rattrape et que la décision de la Cedeao soit respectée immédiatement, que l’interdiction soit levée et que les procédures continuent». Tout cela doit se faire dans le strict respect des droits humains comme l'a souligné l’arrêté, a déclaré Seydi Gassama. Selon qui en l’état actuel de la procédure, les dignitaires du PDS ne sont encore ni poursuivis ni inculpés, c’est juste des enquêtes, ils ont donc la présomption d’innocence avec eux.

 

Pour le président d’Amnesty Sénégal, si l'Etat poursuit ces personnes pour ramener aux Sénégalais les biens qui leur ont été volés, qu’il le fasse dans le strict respect du droit et des droits humains. Mais s’il le fait pour «persécuter les gens du Pds, pour tuer des ennemis politiques, qu’il continue dans cette forfaiture où il est malheureusement poussé par des collaborateurs extrêmement zélés». Lesquels risquent de le mettre dans une situation similaire à celle qu’à connu Wade, dixit Seydi Gassama.

 

Macky Sall traîne aussi ses «martyrs»…

 

Passé cela, Amnesty Sénégal est revenu sur les «martyrs» du régime de Wade» mais aussi sur «ceux» du court règne de Macky Sall, pour regretter l’impunité qui continue de caractériser de tels actes au Sénégal. Pour faire en sorte que les Sénégalais n’oublient pas ces martyrs, une campagne nationale de sensibilisation a été lancée par Amnesty en compagnie d’artistes engagés du mouvement Y en a marre. Elle a démarré à Bakel par une marche le mois dernier. Avec des centaines de personnes, la procession a fini à la préfecture où une pétition a été remise au préfet, rapporte Seydi Gassama.

 

L’opération sera étendue aux autres capitales régionales et départementales, l'objectif étant de pousser les Sénégalais à exiger la justice pour les cas de violations de droits humains survenus sous Abdoulaye Wade et sous Macky Sall. Pour ce dernier, rappelle Amnesty, Kékouta Sidibé a été ‘’tué’’ par des gendarmes, et Cheikh Yérim Seck a été ‘’sauvagement torturé’’ dans sa cellule du camp pénal au mois de janvier. Or, s'insurge-t-elle, à ce jour, aucune enquête n’a été menée pour que les «criminels» soient arrêtés et traduits en justice. «En 2000, nous avions commis la grosse erreur d’accorder à Wade une période de grâce. Cela ne se fera plus car le travail de veille est là et restera une réalité», a souligné avec fermeté le président d’Amnesty.

 

Amadou NDIAYE

 

 

AVERTISSEMENT!

Il est strictement interdit aux sites d'information établis ou non au Sénégal de copier-coller les articles d' EnQuête+ sans autorisation express. Les contrevenants à cette interdiction feront l'objet de poursuites judiciaires immédiates.

 

 

 

 

Section: 
CRISE INSTITUTIONNELLE AU SÉNÉGAL : La Coalition Diomaye Président fait bloc contre le “détournement” de la révision constitutionnelle
PROJET DE REVISION CONSTITUTIONNELLE DU GROUPE PARLEMENTAIRE PASTEF : L’APR dénonce un "rafistolage constitutionnel"
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : Le Conseil national du Laïcat interpelle le Président Faye
GUERRE DES POUVOIRS : Le hold-up constitutionnel
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE – CONFÉRENCE DE PRESSE DE PASTEF Pastef défend sa réforme et assume le bras de fer institutionnel
REVISION CONSTITUTIONNELLE : Le PDS exige un référendum et appelle à un sursaut républicain
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE-AMANDEMENTS DE LA MAJORITÉ PARLEMENTAIRE : Le gouvernement pour une concertation avec les acteurs politiques et de la société civile
RENVOI CODES DU TRAVAIL, CONDITIONS POUR LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION : L’Assemblée déclenche la guerre
RÉVISION DE LA CONSTITUTION : Pastef dans un engrenage
THIES - REFORMES INSTITUTIONNELLES L’APR dénonce une « dérive »
POLITIQUE : Juan Branco, l’allié encombrant du Pastef
RECONFIGURATION POLITIQUE : Une drôle d'opposition
APRÈS LA DÉCISION DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL SUR OUSMANE SONKO Le FDR appelle à la constitution d’un large front contre le pouvoir
RÉINTÉGRATION OUSMANE SONKO Le Conseil Constitutionnel clôt le débat
CANDIDATURE À L'ONU : Macky Sall poursuit sa campagne diplomatique en Europe
POUVOIRS DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE Entre fantasmes et réalité
TENSIONS EXPLOSIVES AU PARTI SOCIALISTES : Une motion de confiance sur fond de violents affrontements
CRISE AU PARTI SOCIALISTE Des lendemains incertains dans la maison de Senghor
NOMINATION DE SUPERVISEURS ADJOINTS : Diomaye Faye muscle son appareil politique
POLITIQUE : Suspicions généralisées au sommet de l’État