Plus de 70% des bêtes invendues

Après la fête de Tabaski, les éleveurs tirent un bilan catastrophique de leurs opérations de vente de moutons. Kalidou Ba, président de la maison des éleveurs de Kaolack, informe que le nombre de bêtes invendues est évalué à plus de 70%.
Après les festivités de la Tabaski, c’est le désenchantement chez les éleveurs et vendeurs occasionnels de moutons. Puisque leurs bêtes n’ont pas trouvé preneurs. Face à la rigueur de la vie, ce fut la croix et la bannière pour les ménages sénégalais qui ont dû faire des arbitrages, pour passer au mieux les festivités de la Tabaski.
Nombreux d’entre eux ont dû faire une croix sur la perspective de s'offrir un mouton, faute d'argent. Selon le président de la maison des éleveurs de Kaolack, Kalidou Ba, qui confirme ce constat, "au-delà du fait que la majeure partie des familles ont peiné à passer dignement les fêtes, la plupart d'entre elles se sont finalement rabattues sur les chèvres ou des boucs plus accessibles à leur bourse. Cette année, j'ai constaté que les ménages ont préféré les caprins qui sont plus abordables, car on les achète entre 45 et 70 mille CFA, là où les moutons sont vendus à 200 mille", indique M. Ba.
A ses yeux, la précarité notée dans les ménages sénégalais s'est répercutée sur leur pouvoir d'achat. Ce qui fait dire au président de la maison des éleveurs de Kaolack que la Tabaski 2026 a été catastrophique aussi bien chez les acheteurs que chez les éleveurs vendeurs de bétail. "Les chèvres achetées sont bien au-delà du nombre de moutons achetés. Plus de la moitié des bêtes vendues sont des caprins", renseigne-t-il.
Ce constat est d’autant plus désespérant que, souligne Kalidou Ba, les moutons étaient peu nombreux du fait du conflit au Mali. Malgré cela 70% des bêtes sont restées invendues. "Nous avons vécu une opération Tabaski pire que celles des années précédentes", se lamente-t-il. "Allez voir de vous-même au foirail de Mbirkilane, par exemple, on dirait que la Tabaski n'a toujours pas été passée, tellement les moutons sont encore en très grand nombre", poursuit-il.
Le difficile retour vers les terroirs d’origine
Maintenant que le mal est fait, le plus dur reste à venir pour les éleveurs qui vont devoir ramener les moutons dans leurs terroirs respectifs, avec tout ce que ce déplacement comporte comme difficultés. Le transport, dit-il, coûte très cher, surtout après la fête, en ce sens que les camionneurs augmentent les tarifs, car ces derniers ont compris la situation et en profitent. Mais surtout sachant que les éleveurs n'ont pas le choix, et que, pendant cette période, beaucoup de camionneurs sont au repos.
De plus, Kalidou Ba souligne que l'aliment de bétail coûte excessivement cher, c'est pourquoi, le choix de ramener le bétail au bercail est vite fait, si l'on sait que personne ne va les acheter. Il invite les autorités à venir en aide aux éleveurs en les dotant d'aliments de bétail et en créant les conditions d'assouplissement des tarifs de transport.
Une autre difficulté est la menace qui pèse sur les bêtes, qui ne s'adaptent pas aux conditions climatiques du pays, mais surtout à la nature de l'eau, puisque, révèle-t-il, le bétail mauritanien et malien n'a pas la même capacité d'adaptation que les bêtes élevées au Sénégal.
Donc, si les éleveurs sont obligés de ramener plus de 70% du bétail, le risque est plus gros pour les bêtes qui risquent de s'affaiblir sous le coup des maladies et de mourir.
BACHIR KANE






