Publié le 20 May 2026 - 17:29
FORMATION PROFESSIONNELLE

Comment gagner le pari de l’utilisation de l’IA

 

La 17e assemblée générale ordinaire du Réseau Africain des Institutions et Fonds de Formation Professionnelle (RAFPRO) a servi de cadre pour discuter des bouleversements socio-professionnels engendrés par la montée en puissance de l’intelligence artificielle.

 

Le Sénégal a accueilli les travaux de la 17e assemblée générale ordinaire du Réseau Africain des Institutions et Fonds de Formation Professionnelle (RAFPRO), à travers le Fonds de Financement de la Formation professionnelle et technique (3FPT) et l’Office National de Formation Professionnelle (ONFP). Venu présider la cérémonie d'ouverture, le Ministre de l’emploi et de la formation professionnelle et technique a rappelé que les actions des organisateurs contribuent fortement à l’atteinte des objectifs visés dans leurs différentes politiques nationales de développement, notamment ceux relatifs au relèvement des défis communs, à savoir l’amélioration de l’employabilité des jeunes, la compétitivité et la productivité de leurs entreprises et la formation des acteurs du secteur informel.

D'après Amadou Moustapha Ndieck Sarre, l'avènement et le développement des technologies numériques ont profondément transformé le monde du travail, et cette dynamique entraîne la disparition de certains métiers et l'émergence de nouveaux. L’IA, selon lui, va transformer le monde, redéfinir l’avenir et le domaine de la formation professionnelle ne peut rester en marge de cette évolution.

« L’IA constitue un puissant outil pour améliorer les pratiques pédagogiques, les parcours de formation et optimiser la gestion des organismes de formation. La coordination de nos interventions permettra sans aucun doute d’avoir plus de cohérence, d’efficacité et d’efficience nécessaires à l’atteinte des objectifs que nous nous assignons dans le domaine de la formation professionnelle et technique. J’encourage donc la tenue régulière de concertations de ce genre, en insistant toutefois sur la nécessité de formuler des recommandations pertinentes et de veiller à mettre en place des plans d’actions, mais aussi un dispositif de suivi et d’évaluation des mesures retenues", a souhaité le ministre.

« L’IA est un danger pour ceux qui ne sauraient s’en servir »

De son côté, Dr Babo Amadou Ba, Directeur général 3FPT et Secrétaire général Adjoint du RAFPRO a souligné que cette 17ᵉ Assemblée générale ordinaire a revêtu un caractère particulièrement stratégique. A ses yeux, l’un des temps forts de cette rencontre a été la poursuite de leur réflexion autour de l’Intelligence artificielle, une thématique devenue incontournable dans le monde d’aujourd’hui. "Nos institutions doivent s’en accommoder pour réussir le pari de son utilisation à bon escient. Car, comme j’ai l’habitude de le dire, « l’IA est un danger pour ceux qui ne sauraient s’en servir ».

En effet, selon lui, l’IA ne représente pas seulement une révolution technologique ; elle constitue une opportunité historique pour repenser nos modèles pédagogiques, améliorer nos dispositifs de financement, optimiser nos mécanismes de suivi-évaluation et développer des solutions plus inclusives, plus agiles et davantage alignées sur les besoins du marché du travail. « En tant qu’institutions africaines de financement et de promotion de la formation professionnelle, nous avons la responsabilité collective de faire de cette révolution technologique un levier d’inclusion, de performance et de souveraineté pour notre continent. Cette rencontre statutaire, organisée autour de la réunion du Comité des Experts, de l’atelier thématique sur l’IA et de l’Assemblée générale ordinaire proprement dite, constitue bien plus qu’un simple rendez-vous institutionnel. Elle est l’expression vivante d’une Afrique qui coopère, qui innove et qui co-construit les compétences de demain", a déclaré Dr Ba.

Ainsi, à l’instar des sessions précédentes, s’est réjoui Dr Babo Amadou Ba, cette 17e assemblée générale leur a offert l’opportunité de porter un regard lucide sur les actions menées au cours de l’année 2025, d’en mesurer les acquis, d’en tirer les enseignements nécessaires, mais surtout de définir ensemble les orientations qui guideront leur action collective pour l’année 2026 et au-delà. Ces actions, a-t-il déclaré, traduisent leur volonté commune de consolider la gouvernance du réseau, de renforcer son efficacité opérationnelle, de s’ouvrir davantage aux partenaires techniques et financiers et surtout d’anticiper les mutations profondes qui redessinent aujourd’hui les métiers, les compétences et les systèmes de formation.

CHEIKH THIAM

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