Publié le 20 May 2026 - 13:26
 TENSIONS À L’OLAC  

La CSA dénonce un « licenciement arbitraire »…

 

La Confédération des Syndicats autonomes du Sénégal (CSA) hausse le ton contre la Direction générale de l’Office des Lacs et Cours d’Eau (Olac). Dans une déclaration rendue publique le 18 mai 2026, la centrale syndicale dénonce le licenciement qu’elle juge « abusif, arbitraire et injustifié » d’Abdoulaye Oumar Diallo, membre du Syndicat autonome des travailleurs des eaux du Sénégal (SATES) et représentant du personnel au Conseil d’administration de l’Olac. La CSA affirme apporter un « soutien total et sans réserve » au syndicaliste et rejette catégoriquement les accusations portées contre lui par la Directrice générale de l’Olac, qui lui reprocherait d’avoir divulgué des informations compromettantes liées à la gestion de la structure.

Selon la centrale syndicale, aucune preuve tangible ni procédure transparente n’ont, jusque-là, permis d’établir les faits reprochés au représentant des travailleurs. Pour la CSA, cette mesure disciplinaire s’apparente davantage à une « tentative d’intimidation et de musèlement » visant un agent ayant exercé son rôle de veille sur la gouvernance de l’institution. « Un représentant des travailleurs ne saurait être sanctionné pour avoir défendu les intérêts des agents ou relayé des préoccupations légitimes », soutient l’organisation syndicale, qui estime que les droits syndicaux et la liberté d’expression des représentants du personnel sont menacés.

Dans sa déclaration, la CSA critique également la gestion interne de l’Olac, notamment un audit du personnel initié par la Direction générale. La confédération dénonce une procédure menée, selon elle, en violation des règles de passation des marchés et des principes de transparence. Elle évoque notamment l’absence d’échanges contradictoires entre le cabinet chargé de l’audit et les agents concernés, ainsi que le défaut de publication des résultats en interne. Pour la CSA, cet audit serait utilisé comme « un instrument de pression et d’intimidation » contre les travailleurs, alors même que des recrutements et nominations « à caractère clientéliste » se poursuivraient au sein de la structure.

La centrale syndicale rappelle par ailleurs que la protection des représentants des travailleurs et le droit à une procédure équitable sont garantis aussi bien par les conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) ratifiées par le Sénégal que par le Code du travail sénégalais. Face à cette situation, la CSA exige l’annulation immédiate du licenciement d’Abdoulaye Oumar Diallo et sa réintégration sans condition avec le rétablissement de l’ensemble de ses droits. Elle demande également l’annulation de l’audit du personnel et, le cas échéant, la reprise de la procédure dans le strict respect des règles de transparence et de légalité.

La confédération interpelle enfin le ministre de tutelle, Cheikh Tidiane Dièye, afin qu’il fasse toute la lumière sur cette affaire, dans « un esprit de justice, de transparence et de respect du dialogue social ». La CSA appelle enfin les travailleurs et les organisations syndicales à rester mobilisés contre « toute forme de répression et d’atteinte aux droits des représentants du personnel ».

Section: