Publié le 13 Jun 2018 - 20:06

Politiques, patrons et spécialistes expriment leurs états d’âme

 

Malgré l’absence des ténors de l’opposition, les concertations ont enregistré des personnalités du monde politique, économique, social et religieux. Ces derniers ont exprimé librement leurs préoccupations devant le chef de l’Etat. Certains n’ont pas manqué de vouer aux gémonies les ‘’boycotteurs’’.

 

Soucieux de la transparence dans la délivrance des permis d’exploitation, Maître Mame Adama Guèye a interpellé le président de la République sur la nécessité de lancer des appels d’offres. Mais à en croire le chef de l’Etat, son vœu est pris en compte dans le projet du nouveau code pétrolier. Certains vont certainement se demander à quoi bon, puisque l’essentiel des gisements a déjà été octroyé. En fait, il ressort de l’exposé du DG de Petrosen que, sur les 17 blocs que compte le Sénégal, 10 ont été octroyés. Il reste donc 7 autres à pourvoir. Et pour ce faire, le gouvernement a promis de lancer des appels d’offres. Pour sa part Maître Ousmane Ngom a fait un vibrant plaidoyer pour la prise en compte des aspects géostratégiques.

Même si le chef de l’Etat semble avoir l’aversion du terme malédiction, lui s’en inquiète et l’illustre à juste mesure. Citant plusieurs conflits ayant pour soubassements la gestion de ressources pétrolières, il recommande la vigilance pour se prémunir contre les menaces. Abordant la question de l’emploi, il recommande de ne pas se limiter à être un pays fournisseur de pétrole et de gaz. ‘’Il faut essayer d’être présent dans toutes les filières. Il faut surtout initier les Sénégalais dans les métiers du pétrole et du gaz. C’est bien de créer l’Institut de pétrole et du gaz, mais il faut aller plus loin. Il faut introduire ces apprentissages même à l’école primaire pour que nos jeunes aient les capacités les plus pointues dans le secteur’’, souligne l’ancien ministre de l’Intérieur.

Le patronat, pour sa part, a défendu l’impératif de prendre en compte les intérêts du secteur privé local en ce qui concerne le contenu local. Cette question est ‘’essentielle’’ pour le président de la République Macky Sall. D’ailleurs, il est largement revenu sur cette notion qui, selon lui, renvoie à la part de dépenses réservées par l’industrie pétrolière à 4 secteurs principaux : la formation de ressources humaines et leur emploi sur toute la chaîne de production, l’approvisionnement en biens et services à travers nos PME et PMI, la réalisation de projets sociaux : santé, éducation, électrification rurale… et enfin, la création d’industries de valorisation des hydrocarbures. C’est dans ce sens qu’il faut inscrire la loi portant sur le contenu local qui va définir les obligations des compagnies et le cadre d’intervention du privé national.

D’autres intervenants ont mis l’accent sur la nécessité d’instaurer un contrôle à tous les niveaux de la production pour que l’Etat puisse avoir une vision claire sur les quantités produites et les revenus générés. Certains intervenants, comme le grand Serigne de Dakar Ibrahima Diagne, ont fustigé le boycott ‘’injustifié’’ de l’opposition significative. Pour le président Sall, la rencontre n’était pas destinée qu’aux politiciens. ‘’C’est un débat national, pas politique’’, a-t-il précisé. Fidèle à lui-même, il n’a pas manqué de railler les absents. ‘’De toute façon, ceux qui ne sont pas là peuvent écrire, mais dans tous les cas, ils vont devoir me soumettre leurs propositions, parce que c’est moi qui suis élu par le peuple.’’

 

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