Les contrôleurs aériens tirent la sonnette d'alarme
Le Bureau exécutif de l'Union des syndicats des contrôleurs aériens de l'Asecna (Usycaa) attire à nouveau l’attention de l’opinion publique sur la reconstitution de conditions délétères, dans leurs lieux de travail. Il dénonce, entre autres, le caractère purement punitif des affectations aux allures d'expulsions qui ignorent toutes les dispositions en la matière.
La réunion extraordinaire du Comité des ministres, organe suprême de l'Asecna, tenue le 17 octobre 2022, a donné des orientations claires en vue de la restauration des contrôleurs aériens dans leurs droits légitimes, à travers de pertinentes résolutions. Depuis lors, l'Union des syndicats des contrôleurs aériens de l'Asecna (Usycaa) dit assister à une déferlante vague de sanctions administratives sournoisement teintée contre ses membres. Ces derniers disent noter, entre autres, des ponctions abusives sur les salaires du mois d'octobre 2022, le gel des congés et des ingérences administratives dans la gestion des structures et le choix des représentants des travailleurs.
Selon les syndicalistes, la Direction générale de l'Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna) ne s’arrête plus dans son désir inavoué de vengeance et de représailles contre les aiguilleurs du ciel, épine dorsale de la sécurité de la navigation aérienne.
De plus, indiquent-ils, même à Bamako (Mali) où elle a été déboutée, la direction générale se refuse désormais d'exécuter une décision de justice (ordonnance n°36 suite à l'audience des référés du 24 octobre 2022 du tribunal de travail de Bamako), rétablissant un contrôleur aérien dont le seul péché demeure son appartenance à ce corps de métier, dans tous ses droits de représentant titulaire des travailleurs de l'Asecna du Mali.
D'après l'Usycaa, le comble de cette démarche belliqueuse qui va à l’encontre de l’apaisement voulu par le Comité des ministres, ce sont les affectations abusives en cours et sans motif valable, vers leurs pays d’origine, de nos vaillants camarades expatriés, aggravant ainsi dans les centres de contrôle le sous-effectif qui est déjà criant. "C'est le lieu, pour le Bureau exécutif, de dénoncer le caractère purement punitif de ces affectations aux allures d'expulsions, qui ignorent toutes les dispositions en la matière. En effet, les camarades sont actuellement sommés par le directeur général de rejoindre leurs pays d'origine et pour certains, dans un délai de cinq jours à compter de la date de notification, et ce, sans les membres de leurs familles", lit-on dans le communiqué parvenu à notre rédaction.
Les syndicalistes de poursuivre : "La situation ainsi présentée, il est désormais évident que les agissements de monsieur Mohamed Moussa, en complicité avec certains représentants des travailleurs, mettent un sérieux frein à l'accalmie et à la normalisation impulsées par les autorités des États membres de l’Asecna et dans lesquelles l’Usycaa s'investit à jouer sa pleine partition de manière responsable."
Sabotage institutionnel
Dans un pareil contexte, il est fort regrettable que ce sabotage institutionnel, qui ne sert pas l’intérêt de la sécurité aérienne, devrait se poursuivre lors de la prochaine réunion de l’Organe communautaire de concertation et de négociation (OCCN) prévue du 7 au 19 novembre 2022 à Lomé (Togo) et censée se pencher sur les points restants des revendications légitimes des contrôleurs aériens. Au regard des faits sus-présentés, l’Usycaa demande le rétablissement, sans délai, de tous les contrôleurs aériens expatriés dans leurs droits, en instruisant l'annulation pure et simple des rapatriements en cours.
Il engage aussi l'entière responsabilité de la Direction générale de l'Asecna, si jamais l'intégrité physique ou morale de l'un des membres des familles de ces contrôleurs aériens expatriés venait à être mise en danger dans ces pays étrangers où ils seraient désormais livrés à eux-mêmes. De même, il interpelle les ministres membres du Comité de suivi sur l'existence d'un risque réel d’aggravation des frustrations au sein de la famille des contrôleurs aériens.
Il tient également la Direction générale de l'Asecna pour unique responsable des désagréments qui pourraient advenir, du fait de ses agissements, et invite les camarades contrôleurs aériens à rester mobilisés, tout en gardant un sens élevé de professionnalisme dans l’exercice de leurs fonctions.
FATIMA ZAHRA DIALLO (STAGIAIRE)