Plus de 26 000 victimes en douze ans

À l'occasion de la visite du pape Léon XIV à Lampedusa, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a rappelé l'ampleur du drame humain qui se joue en Méditerranée. Depuis 2014, plus de 26 000 migrants y ont perdu la vie ou ont été portés disparus, dont au moins 865 depuis le début de l'année 2026.
La Méditerranée centrale demeure l'une des routes migratoires les plus meurtrières au monde. Selon les données du Projet sur les migrants disparus de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 26 000 migrants sont morts ou ont été portés disparus sur cette route depuis 2014. Pour la seule année 2026, au moins 865 personnes ont déjà péri ou disparu en mer, et ce, malgré une baisse significative des arrivées de migrants en Italie.
Ces chiffres ont été rappelés à l'occasion de la visite du pape Léon XIV à Lampedusa, île italienne devenue, au fil des années, le symbole des drames de l'exil, mais aussi de la solidarité envers les personnes secourues en mer.
« Lampedusa est devenue le symbole à la fois de pertes humaines inimaginables et d'une solidarité exceptionnelle », a déclaré Amy Pope, directrice générale de l'OIM. Pour elle, cette visite rappelle que « derrière chaque donnée migratoire se trouve une vie humaine » et que la communauté internationale a « la responsabilité collective de sauver des vies, de protéger la dignité humaine et de veiller à ce que personne ne soit contraint de risquer sa vie à la recherche de sécurité ou d'un avenir meilleur ».
Présente sur l'île depuis 2006, l'OIM accompagne les migrants dès leur sauvetage en mer, puis lors de leur accueil, de leur prise en charge dans les centres d'hébergement et de leur transfert vers le continent italien.
Au cours de sa visite, le souverain pontife s'est recueilli au Molo Favaloro, principal point de débarquement des migrants arrivant par voie maritime.Il y a béni une plaque commémorative dédiée au pape François, dont le déplacement à Lampedusa, en 2013, avait marqué les esprits en attirant l'attention de la communauté internationale sur le sort des migrants traversant la Méditerranée et en dénonçant la « mondialisation de l'indifférence ». Plus de dix ans après, estime l'OIM, ce message conserve toute son actualité. Si les routes migratoires évoluent, l'impératif humanitaire reste inchangé : sauver des vies, protéger les personnes les plus vulnérables et placer la dignité humaine au cœur des politiques migratoires.
L'organisation souligne que cette visite s'inscrit dans la continuité des prises de position du pape Léon XIV en faveur des migrants et des réfugiés. Le souverain pontife a récemment rappelé que chaque migrant est une personne dont les droits fondamentaux doivent être respectés et que la lutte contre les réseaux criminels de traite des êtres humains ne saurait justifier une remise en cause de leur dignité.
Dans cette perspective, l'OIM réaffirme son plaidoyer en faveur d'une coopération internationale renforcée, d'une lutte plus efficace contre les trafiquants, du développement de voies de migration régulières, sûres et ordonnées, ainsi que d'un engagement accru pour la protection des personnes en déplacement. À travers ce message lancé depuis Lampedusa, l'organisation appelle les États à maintenir la sauvegarde des vies humaines au premier rang des priorités dans la gestion des migrations.
CHEIKH THIAM






