Publié le 27 Jul 2026 - 14:48
SAINT-LOUIS : 1ère ÉDITION DU FESTI GAAL  

Les acteurs se dressent pour la sauvegarde de la pêche artisanale

 

Entre débats citoyens, plaidoyer en faveur des pêcheurs et célébration du patrimoine de la pirogue, la première édition du Festi Gaal a transformé les berges du petit bras du fleuve Sénégal en un espace de réflexion et de festivités.

 

La première édition du Festival de la Pirogue (Festi Gaal) a tenu toutes ses promesses. Organisée le week-end dernier sur les berges du petit bras du fleuve Sénégal à Santhiaba, la manifestation a réuni pêcheurs, leaders communautaires, jeunes et partenaires autour d'un objectif commun : défendre l'avenir de la pêche artisanale tout en valorisant le riche patrimoine culturel de la Langue de Barbarie.

Au-delà de son caractère festif, l'événement s'est voulu un véritable cadre de concertation. Selon Mamadou Sarr, coordonnateur du Festi Gaal, le festival est avant tout « une manifestation communautaire organisée autour de la thématique de la pêche pour débattre des problèmes qui affectent le secteur ».

Profitant de la saison morte, période durant laquelle les pêcheurs restent à quai, les organisateurs ont multiplié les forums et rencontres afin d'engager une réflexion collective sur les défis auxquels la profession est confrontée. Avec l'appui de l'organisation Citoyens actifs pour la justice sociale (Cajust), plusieurs préoccupations majeures ont été passées au crible.

Les participants ont notamment dénoncé la perte de la zone de Diattara, désormais occupée par des multinationales dans le cadre de l'exploitation gazière. À cela s'ajoutent les inquiétudes suscitées par le projet de gazoduc ainsi que les conséquences persistantes de la brèche de Saint-Louis, responsable de nombreuses pertes en vies humaines depuis son ouverture.

Pour les initiateurs du festival, il ne s'agit pas seulement de dresser un état des lieux alarmant. « Nous ne sommes pas là pour soulever des problèmes, mais pour proposer des solutions », a insisté Mamadou Sarr, rappelant que les leaders communautaires entendent accompagner les pouvoirs publics dans la recherche de réponses durables aux difficultés que traverse le secteur halieutique.

Le Festi Gaal a également mis l'accent sur la sensibilisation des jeunes, notamment autour de la sécurité en mer.

Le patrimoine de la pirogue célébré avec ferveur

Mais au cœur de cette célébration figurait la pirogue, symbole fort de l'identité des communautés de la Langue de Barbarie. « La pirogue n'est pas un simple moyen. Elle est notre identité, notre patrimoine et notre principale source de revenus », a souligné le coordonnateur du festival. Des habitants de Goxu Mbacc, Hydrobase, Keur Ibra Dièye, Boppu Thiore, Gandiole et d'autres localités se sont ainsi retrouvés à Saint-Louis pour rendre hommage à cet héritage transmis de génération en génération.

Le patrimoine culinaire n'a pas été oublié. Un concours de « Thiéboudiène » a permis de mettre à l'honneur le plat emblématique dont l'origine est traditionnellement attribuée à Penda Mbaye, à Guet Ndar. Une manière de rappeler que la culture halieutique saint-louisienne s'exprime autant dans les embarcations que dans les traditions gastronomiques.

La manifestation a enfin rassemblé sportifs, maîtres-nageurs et pratiquants de canoës-kayaks et d'aviron, des disciplines qui figureront au programme des prochains Jeux olympiques de la jeunesse. Des jeunes de la Langue de Barbarie sont d'ailleurs attendus pour représenter le Sénégal lors de cette compétition.

Clôturée par des régates disputées dans un esprit de fair-play, cette première édition du Festi Gaal laisse entrevoir une nouvelle dynamique. Pour les organisateurs, le festival entend désormais s'imposer comme un rendez-vous annuel alliant plaidoyer, sauvegarde du patrimoine et mobilisation citoyenne en faveur de la pêche artisanale à Saint-Louis.

IBRAHIMA BOCAR SENE SAINT-LOUIS

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